‹ La victoire en dérouteChapitre 108 sur 169 · TEL · texte numérisé non relu

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Malgré cela, malgré l’artificiel de l’opinion publique, trompée, mal renseignée, il ne faut pas oublier que cette opinion-là est tout de même l’élément indispensable au succès d’une révolution. Sans elle, rien à faire !

Nous verrons, maintenant, comment on peut combattre les courants d’opinion contraires à notre idéal Nous verrons comment on peut déterminer, même malgré les journaux, les courants favorables.

Quand, par exemple, une baisse générale des salaires se produit, aussitôt naît dans le monde ouvrier un vif et violent mouvement de mécontentement.

Si la presse était aux mains des Socialistes, elle fouetterait ce mouvement.

Les journaux capitalistes ont beau n’en pas parler, ils ne le suppriment pas.

L’ouvrier lésé s’irrite et murmure. Il est vrai que la presse peut détourner sa colère contre des auteurs supposés du mal, et notamment contre un peuple étranger, ou bien contre les socialistes eux-mêmes.

Mais cela finit par s’user. Peu à peu les organisations ouvrières ont grandi.

L’ouvrier prend l'habitude d’y former son opinion, et voici une source d’opi-

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nion nouvelle concurremment à celle des jouTrDaux.

Voilà donc un élément que nous pouvions utiliser pour former une opinion favorable. Il ne fallait pas le briser en deux par une scission |!

Parfois aussi les événements survenus à l'étranger font passer dans le peuple comme un frisson électrique. Les journaüx ont beau les cacher ou les fausser, ïl semble qu’une sympathie secrète oriente d’instinct la curiosité populaire de ce côté-là.

Par contre, une autre source encore d’opinion est représentée chez nous par la religion et la chaire catholique où chaque dimanche, dans l’église, les fidèles recoivent l’opinion de leur curé.

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Le bolchevisme, le communisme bolcheviste est le sauveur de la bourgeoisie.

Plus le communisme multipliera les échauffourées, les tentatives émeutières, les attentats à la grenade, plus il perdra prise sur la masse de l’opinion.

Les violences de langage dégoûteront

la masse électorale. Si, par malheur, les

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violences de fait que nous avons commises jadis pendant la période des attentats anarchistes revenaient en pratique, l’effet contraire en serait immédiat. Une répulsion furieuse se manifesterait dans l’opinion contre le socialisme tout entier, et contre les organisations syndicales. Notre pays serait livré, pour un temps, à la domination exclusive du grand patronat.

L’enthousiasme

Une révolution sociale ne s’accomplit que dans l’enthousiasme.

Les Russes ont fait leur révolution dans un élan d’enthousiasme qui aurait suffi s’il s'était agi d’accomplir une révolution politique.

Mais leur but était plus élevé ; ils se proposaient de réaliser une révolution sociale.

Celle-ci exige un genre d’enthousiasme tout différent. Elle ne consiste pas à remplacer des rouages politiques par d’autres. Elle consiste à organiser la production sur des bases nouvelles.

Un pays ne peut être préparé à une œuvre de.ce genre, il ne peut être trans-

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