‹ La victoire en dérouteChapitre 112 sur 169 · EM ‘M · texte numérisé non relu

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la force et la puissance de ce mouvement.

Dans ces conditions, la révolution économique en Angleterre pourra s’accomplir.

Et chez nous ?

L'incroyable absurdité des bolcheviks français a justement consisté à nous modeler sur la Russie, dont nous sommes si éloignés, plutôt que sur l'Angleterre.

N’en concluons pas, cependant, que les ouvriers français et anglais ne soient séparés par des différences très profondes.

Le caractère si différent de nos deux peuples ne permet pas d’attendre des Français le même enthousiasme révolutionnaire que des Anglais Nous ne sommes pas Si pratiques ni si précis.

L’enthousiasme dont nous sommes ceapables n’est pas non plus l’enthousiasme mystique des Russes. C’est un enthousiasme plus politique qu ‘économique. On enlève plus facilement nos foules: onvrières en leur parlant d’une affaire Dreyfus qu’en proposant à leurs réflexions les injustices dont elles sont victimes Le capitaine juif relégué à l’île du Diable par les conseils de guerre soulevait les masses

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parisiennes d’une indignation plus véhémente que leur propre misère.

Vous demanderez-vous à quoi sert de tant insister sur les enthousiasmes et leurs qualités ?

Ah ! c’est que tout est là ! Comme nous le disions au début, on ne peut pas fuire une révolution sociale sans enthousiasme.

I1 faut, pour qu’elle réussisse, que l’ensemble de la population s’attende à son succès et le souhaite avec ferveur.

À qui douterait de cette nécessité, attirez simplement ses réflexions sur le rôle du Crédit. Cette force essentielle s’effondrera ou persistera selon l’étaf enthousiaste ou défiant de l’opinion. Mais les Francais sont très capables de leur enthousiasme, du genre d’enthousiasme qui nous est traditionnel et particulier.

Nous disons les Français et non pas les ouvriers seuls. C’est étrange, puisqu'il s’agit d’une révolution économique. Oui,

.mais les ouvriers industriels ne forment

pas, en France, la majorité.

Il en résulte donc cette conséquence directe que, si un mouvement révolutionnaire n’avait qu’un caractère purement

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ouvrier, il risquerait de laisser en dehors de lui, et peut-être contre lui, d’énormes portions du pays.

Ainsi, il faut qu’à l’enthousiasme ouvrier s’ajoute l’enthousiasme démocratique. À cette condition seule, nous pourrons espérer Joindre aux ouvriers industriels les éléments paysans, artisans, petits retraités, médecins, professeurs, artistes, dont le concours fervent est indispensable.

Jaurès incarnait splendidement ce mélange heureux des raisons ouvrières et des raisons démocratiques.

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Par démocratie, il faut entendre, chez nous, tout ce courant profond et fort qui nous vient de la première Révolution.

Il serait très sot de concevoir notre prochaine révolution économique à l’image de la Révolution de 89 et de 983.

Mais il est, pour nous, très instructif d'étudier notre première Révolution parce que l’explosion d’enthousiasme qui l’a réalisée nous révèle Ia qualité propre d’enthousiasme qui nous est particulière.

En gros et sans entrer dans le détail, on peut en retenir cette leçon : ce fut un

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