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de la science. On a peur que cela ne coûte trop cher.
Mais sitôt que le travailleur sera maitre du pouvoir, un effort inoui commencera pour la suppression des besognes trop horribles. On les remplacera par des procédés mécaniques plus doux, plus sains, plus propres.
D'une facon générale, tout le progrès de l’industrie contemporaine tend déjà vers la mécanique.
Donc le socialisme ici n’a pas à lutter contre une tendance ennemie. Mais à travailler dans le sens d’un mouvement qui préexiste, et à l’accentuer, à le développer.
Dans le travail tel qu’il est aujourd’hui — et qu’il sera, sans nul “doute, longtemps encore — il faut que l’ouvrier s’impose un effort. Souvent cet effort est rude et pénible.
T1 est donc tout naturel que l’ouvrier s’y dérobe. Les riches et les oisifs sont seuls à s’en indigner sincèrement.
L’ouvrier ne travaille que parce qu’il lui faut travailler ; et non parce qu’il a plaisir à travailler, Il travaille parce qu’il y est forcé.
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Comment concevoir une pareille contrainte en régime communiste Î
Autrefois, quand les disciples de Jules Guesde s’intitulaient collectivistes et ceux d’Edouard Vaillant communistes, il arrivait parfois qu’on cherchait là un argument en faveur du collectivisme.
C'était rare, car d’ordinaire on préférait établir une synonymie qui est devenue de règle après l’unité. En ce cas, c’est pour tout régime socialiste que se pose cette question de la contrainte.
Reconnaissons-le ! Traitez l’ouvrier qui ne travaille pas comme vous traitez l’ouvrier qui travaille bien, le travail de tout l'atelier diminue, le travail s’arrête.
Pourquoi voulez-vous que Je continue à m’acharner si, à côté de moiï, mon camarade en prend à son aise et ne fait rien ? Il rit, n’est-ce pas, il me regarde avec des yeux blagueurs ? Je ne veux pas être dupe, ni grotesque. Je ferai comme lui
Le travail s’arrête.
Bien entendu, cette règle que nous posons là, avec cette rigueur brutale, elle comporte des exceptions. Elle a des limites.
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Par exemple, supposez une période d'enthousiasme.
Une joyeuse flamme révolutionnaire échauffe les ouvriers. Tout le monde est ravi parce que les vieilles chaînes sont tombées, et qu’une vie nouvelle com:
mence.
On se met chaque matin an travail avec ardeur, car on veut que ça dure et que Ja Révolution réussisse. Alors dans l’atelier c’est l’émulation qui règne. Un élan de zèle, fraternel et laborieux, entraîne tout le personnel. Nous sommes à cent lieues de la contrainte ! A l’autre pôle !
Le type admirable, celui qu’on envie, qui mène et donne le ton, c’est le bon ouvrier. L'exemple, l’ardeur générale suffsent à soulever les plus faibles. Même pas besoin, pour qui mollit, d’autre chose que du blâme blagueur des camarades.
Parfait, cela ! c’est une hypothèse à prévoir. Au fond, si la Révolution était comprise comme il faut, voilà l’état d’esprit qu’elle amènerait.
Quoi, après tout? Figurons-nous la Joie, l’extase délirante où nous jetterait
tout à coup du cabinet d’un inventeur :
« Vous savez: la mort est vaincue !
Oui! On vient de nous trouver la jeunesse éternelle ! des rayons nouveaux qui remettent notre corps au même état qu’à vingt-cinq ans ! »
Ou bien : « Plus de guerre ! la guerre impossible ! On a inventé le moyen de faire exploser tous les explosifs à longue distance ! »
Ou bien la nouvelle que la chimie désormais va nous assurer par un procédé tout simple et facile des aliments en quantité prodigieuse.
Hé bien ! cet enthousiasme, cette ivresse confiante, cette allégresse débordante, n’est-ce pas exactement ce que Îa Révolution sociale devrait inspirer à tout le peuple ?
Si tel est l’état d’esprit de la masse ouvrière, tout va bien. Seulement, cette période d’enthousiasme, quelle sera sa durée ? La supposerons-nous éternelle ?
Pour éviter l’utopie, nous sommes obligés de prévoir le cas où nous ne sommes pas ainsi aidés par cette vague puissante : le cas où nous devons nous tirer
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