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rant plus fort et de direction contraire.
Si, à l’armistice et dans les mois qui ont suivi, le courant socialiste eût dominé, il nous aurait entraînés vers la paix et la vraie Société des Nations.
Aujourd’hui encore, c’est cette direction-là qu’il faut suivre pour s’éloigner de l’autre, pour tourner le dos au triomphe impérialiste.
Une fausse honte vous arrête au moment d'écrire ces phrases-là !
Quoi ! proposer à l’opinion européen ne de suivre le socialisme ? Si divisé contre lui-même ! Si occupé à se détruire?
Un grand courant, dites-vous ? Mais :il s’éparpille en vingt bras, en mille filets d’eau ! il se perd, il disparaît dans les sables !
J'en conviens ! Et j'avoue que, sans un réveil populaire, nous sommes perdus. :
Ce réveil-là peut-on le prévoir ? Oset-on le souhaiter sincèrement ? Essayons de compter quelles chances nous restent!
D'abord, il nous reste l'Angleterre.
Puis, il nous reste la Russie.
L’Angleterre passe par de dures épreuves économiques : et peut-être ce dur
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chômage retire-t-il des forces au Labour Party. Car les caisses s’épuisent. L’organisation paraît impuissante.
Ces crises de misère sont plutôt faites pour soulever de stériles émeutes que pour augmenter la puissance d’un grand mouvement ouvrier.
Cependant, le peuple anglais, et la masse des travailleurs, sont si vigoureusement attirés par l’admirable et sûre direction du Labour Party !
Sans doute, aux succès électoraux peuvent succéder les revers ! Les élections municipales de Londres nous l’ont bien montré.
Mais la prise sur l’opinion demeure très puissante, et, nous l’avons constaté à plusieurs reprises, la volonté ouvrière anglaise exerce, sur l’orientation générale de la politique extérieure, une 1influence profonde.
Par malheur, le Labour Party est, à présent, tout à fait hostile à la France.
Dès 1920, Sidney Webb et Béatrice Webb, ces deux observateurs dont la vue est pénétrante et sûre, nous en avertissaient.
Mais, depuis, l’animosité contre nous
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s'est accrue, menaçante. L'illusion s’y mêle à la clairvoyance.
Déception irritée : on avait confiance en nous pendant la guerre. Les ouvriers anglais croyaient que la victoire serait juste et fonderait la paix. Notre armée, notre militarisme entêté les exaspèrent contre nous.
& Il y avait, nous disait Ben Tillett, un prussianisme en Allemagne. Il est abattu. Reste le prussianisme de la France. » |
Et voici la part d’illusion : « La France arrête le trafic. Elle empêche le commerce de renaître. Par son acharnement contre l’Allemagne, elle est cause de nos chômages, »
I y a du vrai encore là-dedans, et il est inconstestable que nous n’aidons pas l’Europe à se mettre au travail ! Mais il est naïf de croire que les difficultés terribles où se débat l’Angleterre n’aient pas d’autres causes. |
Chaque peuple de la terre s’efforce, aujourd’hui, de produire ce qu’il consomme.
Avant la guerre, l’Angleterre produisait la majeure partie des objets de ferblanc vendus aux Etats-Unis. Pensez sen-
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