‹ La victoire en dérouteChapitre 152 sur 169 · RENÉ 2 CON TRÈS · texte numérisé non relu

RENÉ 2 CON TRÈS

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lement à la multitude des boîtes de conserves ! Les Etats-Unis ont maintenant leurs fabriques de fer-blanc et n'’achètent plus leurs boîtes de conserves en Angleterre.

Quand on signale aux socialistes de chez nous cette violente animosité du Labour Party contre la France, ils s’en consolent très facilement.

— Oh ! s’écrient-ils, les Anglais sont furieux contre nos militaristes et nos gouvernants. Ils ont rudement raison.

Mais ils savent que le peuple francais est avec eux.

Non ! ils ne le savent pas. Ils n’y pen-

sent pas, d’ailleurs, et ne s’arrêtent point à distinguer, en France, les diplomates, le Bloc National et les socialistes. C’est le résultat qui les frappe et les indigne.

Le reste ne compte pas pour eux.

Si on leur parle de nos efforts, ils écoutent poliment, maïs concluent que ces efforts-là sont peu efficaces, et que nous ne jouons pas un grand rôle dans la politique de notre pays.

Pourtant, il faut arriver à un accord intime entre eux et nous. Il faut que les travailleurs de France et d’Angleterre

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agissent ensemble et la main dans la main, pour fonder, en Europe, la paix socialiste.

Comment y arriver ?

Je suis persuadé que si les Anglais, si le Labour Party sentait en France, à côté de lui, étroitement unis à In, le

Parti socialiste et la Confédération Géné-

rale du Travail, en train de travailler à l’entente avec le peuple allemand, il ac-

cuerllerait avec joie notre collaboration

fraternelle.

Mais, pour cela, il faut que le Parti

socialiste et la C. G. T. aient une politi-

que extérieure.

Naturellement, les questions extérieures nous préoccupent. Nous en parlons, nous y pensons, et chaque fois qu’il faut agir, nous agissons dans le bon sens.

Mais cela ne suffit pas. Nous ne devons pas attendre, pour agir, que les événements nous y provoquent. Car il est alors trop tard et l’on se trouve en face de problèmes devenus insolubles. II faut avoir une politique extérieure arrêtée, une initiative, une ligne de conduite précisée

| dans le détail.

Nos préoccupations d’aujourd’hui, très

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légitimes, sont de rapprocher les Trois Internationales. Cette œuvre exige du

temps, de la prudence, des protocoles, de

la diplomatie.

En attendant, il faut, pour notre compte, en accord étroit .avec les travailleurs anglais, entrer en contact avec les organisations ouvrières allemandes. Il faut échanger de fréquentes visites, organiser des rapports continuels, et nous concerter avec eux pour fixer notre ligne de conduite commune. |

En quelques semaines, nous aurions, j'en suis sûr, associé nos amis anglais à une grande politique internationale.

Il nous reste la Russie. Quoi ? La Russie des Soviets ? La Russie des bolcheviks ? Maïs c’est eux qui nous ont cas-

sés en deux ! C’est eux qui ont réduit à

rien l’action positive du socialisme sur la politique extérieure de la France !

Sans aucun doute ! Eh bien ! il faut que cela change. Eénine, n’est-ce pas, a commencé à comprendre. Il a vu que les

bavards auxquels il se fiait étaient imca-

pables de déchaîner la révolution dans les

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