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pouvaient s'orienter ensemble vers la paix, la liberté, le droit des peuples, le désarmement, et travailler ensemble à l’organisation du droit ouvrier.
Faute de quoi, au lendemain de Ja guerre, la vieille civilisation guerrière continuait.
Ïl faut un avenir, un but, une promesse de bonheur pour attirer les hommes.
Croyez-vous qu’un peuple puisse s’en passer ?
Quel avenir allions-nous proposer à l'Allemagne, à l’Europe et à nousmêmes ? Tout est là !
Or, à l’Allemagne, nos chauvins montraient comme avenir, en expiation de la guerre qu'elle avait déchaiînée — et surtout en châtiment d’y avoir été vaincue — la fin de son unité, la misère, la sujétion, la ruine à tout jamais !
I} aurait fallu montrer aux Allemands un avenir de prospérité par la paix, pour détourner leur cœur de Ia guerre.
Sinon, on les rejetait à la Revanche, aux impériaux, aux pangermanistes, à tous ceux qui murmurajent :
« Oui ! nous sommes aujourd’hui les vaincus. Pour combien de temps ? Rappelez-vous Napoléon ! et cette fois-ci, nous n’avons pas subi d’Iéna ! les jours de triomphe nous reviendront ! »
Aussi les Allemands n’ont pas désarmé dans leurs cœurs, et ce désarmementlà est la condition de tout autre.