‹ La victoire en dérouteChapitre 27 sur 169 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La Paix de Versailles

Ayant raté la vraie paix, nous avons la naïveté de croire que la fausse paix, celle du traité de Versailles, peut durer.

Au fait, qui done y croit ?

Pas les Allemands, bien entendu !

Mais chez nous, qui donc ne sent pas que le traité de Versailles est un traité comme tous les autres ? Traité dicté par le vainqueur mais qui ne fonde pas un droit nouveau, n’est-ce pas ? il n’a pas la prétention de fonder un droit nouveau ?

Ceux qui l’ont signé ne croyaient pas à un droit nouveau. Ils n’y songeaient pas, étant trop sérieux pour cela.

Quand Wilson les obligeait à y penser, ils le narguaient, ils riaiont derrière son dos.

Non ! pas de droit nouveau !

C’est le droit ancien qui continue : le traité de Versailles est dicté par le vainqueur, comme d'habitude, et imposé au vaincu qui, comme d’habitude, le subira tant qu’il se croira le plus faible.

Cela étant, personne nulle part, ni chez nous ni ailleurs, ne croit à la durée du traité de Versailles.

Et on a bien raison ! car vous, les auteurs du traité de Versailles, vous qui blaguiez si verveusement les chimériques, vous ne vous êtes donc pas aperçus que vous étiez vous-mêmes les pires chimériques 7?

Je comparais le traité de Versailles aux traités anciens ? Comme j'avais tort!

je vous flattais trop !

Les hommes qui dictaient les traités d’autrefois prévoyaient d’avance les guerres prochaines et rédigeaient leurs clauses en conséquence. Ils prenaient soin, avant tout, de tracer des frontières bien résistantes.

Mais vous ? Vous ne vous apercevez

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