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-. La Prusse, formation artificielle et mi-
Jlitariste, créée contre nous, allait voir des républiques autonomes reprendre leur existence normale et s’isoler d’elle,
Bien entendu, ces républiques seraient des républiques allemandes, ardemment décidées à maintenir, à tout prix, l’unité allemande !
Mais L’Action Française, mais Léon Daudet, Charles Maurras commencèrent leur véhémente campagne contre l’unité . allemande, et pour le dépècement des Allemagnes : beaucoup de nos chauvins leur emboîtèrent le pas. L'effet en Allemagne
était infaillible.
Il fut rapide et profond. Les pangermanistes et les revanchards n’eurent qu'à traduire et à mettre ces textes sous le nez des pacifistes.
« Voilà ce qu’on prépare ! c’est la fin de l’Allemagne ! On veut nous faire battre entre nous pour rassurer les Français ! Tout Allemand qui parle de découper la Prusse se fait le complice des Français qui, eux, veulent découper l’Allemagne ! » Fini ! personne en Allemagne n’y songea plus.
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D'ailleurs, Maurice Barrès, pour gagner les esprits, il faut être attirant !
Nous étions, sous la Révolution, un peuple attirant, un centre, vers lequel .se 4 tournaient les regards, les espoirs, les 4 cœurs, parce que nous apportions aux à hommes, à l’Europe, quelque chose de neuf, un monde nouveau, une promesse de bonheur. Nous disions les paroles d'avenir. On nous écoutait. Aujourd’hui ?
nous répétons des phrases du passé. Nous avons l’air arriéré. Nous sommes réactionnaires. Nous ne séduisons plus.
Voyez l’Alsace ! Elle s’est jetée vers nous d’enthousiasme, n’est-ce pas ? Comme on ge jette vers le mieux, vers le pro- : 4 grès. Elle s’échappait, joyeuse, de l’Alle- 4 magne impérialiste et militaire d’hier. Re- 4 tournons-y maintenant ! 2
La réaction française indigne les mas- i ses ouvrières. Elles sont plus intéressées 2 par les batailles des socialistes allemands À que par notre Bloc National qui vend A
. nos chemins de fer aux compagnies pri- 110 vées. Partout, nous sommes derrière le : riche, le patron, le grand industriel. C’est À tout le contraire de la Révolution. Natu- 1 rellement, nous plaisons aux riches et nous |
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rassurons les patrons, mais le peuple !
Pendant la guerre, je me suis demandé souvent lequel des deux adversaires promettait au monde le plus bel avenir.
Je ne m'occupe pas, bien entendu, des déclarations gouvernementales. Cette promesse d’avenir ne se fait pas par des déclarations officielles. Chacun des adversaires la porte en lui-même, sans le savoir, par ses qualités, par ses désirs, ignorant qu’il la porte et ne songeant guère à la formuler.
Au début de la guerre, très nettement,
e’était nous qui offrions au monde la
perspective la plus entraïnante.
‘L'Allemagne proposait quoi ?
Certes, elle pouvait alléguer des qualités énormes et garantir un avenir de 80lidarité, de production organisée, centuplée. Elle garantissait à l’Europe, pour demain, par l'exemple de son hier, l’utilisation savante et systématique de toutes ses ressources, et l’afflux le plus formidable de toutes les richesses économiques. Seulement, pour cela, il fallait qu’elle eût la haute main, la direction !
Son hégémonie s’imposait.
Au lieu que nous, les Alliés, nous pro-
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posions au monde la liberté et le Droit, le libre développement des tendances de chaque peuple ; et un effort commun vers la fondation des Droits du travailleur. Vraiment, je crois que la perspective était plus belle avec nous qu'avec les autres.
Mais nous avons trahi l’avenir et changé d’idéal. Provisoirement ? Je l’espère
bien ! Mais une trahison provisoire, une
abdication provisoire, c’est déjà grave !
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