‹ La victoire en dérouteChapitre 36 sur 169 · ER F2 ME · texte numérisé non relu

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Au moins, elle témoignait, cette Socié- | té des Nations, qu’un jour on avait tous été d’accord pour ébaucher un droit nou- | veau ! un droit international à la place du droit de la force.

Mais, je le répète, voici le travail pré- | cis auquel la Société des Nations pouvait tout de suite être employée : le Désarmement.

Le traité de Versailles, en prescrivant le désarmement de l'Allemagne, portait un coup terrible au désarmement général.

D'une part, il donnait à la France la tentation de rester armée à côté de l’ennemi désarmé : et par là de prolonger sa victoire et de tenir le vaincu à sa merci.

Nous n’y avons pas manqué.

En cela, nous trahissions d’ailleurs, l'esprit du Congrès de la Paix, car il était entendu, dans l'esprit de Wilson, que toutes les nations devaient réduire à presque rien leurs armées. Mais Wilson lui-mêmé avait dû admettre, pour l’Allemagne un traitement particulier ; ce qui était tout normal après la guerre, mais en même temps désastreux.

En quoi %… En ce que, d’autre part,

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À {1 | LA SOCIÉTÉ DES NATIONS 61 : M il n’y a de désarmement sincère et accep- | | | table qu’un désarmement général. : +1 | Le désarmement imposé à un seul peu- L | ple, après la défaite, et surveillé jalouse- r EM | ment par le vainqueur, se présente, aux :

| désarmés par force, comme une humilia- } 5 | tion, une infériorité. 5 C’est exactement le contraire de ce qui 1

devrait se passer. ‘}

Le désarmement devrait être accueilli 4

joyeusement comme un progrès ! comme une délivrance du passé, une marche heureuse vers l’avenir.

Mais pour cela il faut qu’il soit général. Il faut que le vainqueur soit le premier à en réclamer la gloire et le bénéfice.

S'il est contraint, par la survivance chez le vaincu de partis revanchards, à garder une arméé pendant quelques années, il faut qu’on sente chez lui la hâte de secouer ce fardeau.

Est-ce là ce qu’on a senti chez nous ?

Toutes les nations du monde nous voient agiter notre grand sabre, pleins de fierté.

A chaque instant, nous nous écrions :

« Quoi ! ils résistent ! ils refusent 7? ils ne veulent pas payer ? Entrons chez eux !

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