‹ La victoire en dérouteChapitre 55 sur 169 · RENE · texte numérisé non relu

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Hé oui ! ces Russes avec lesquels on ne voulait plus de contact, ils se tournèrent naturellement du côté des Allemands!

Les négociations de Brest-Litowsk 1inquiétèrent et irritèrent, chez nous, tout le monde. J’ai pourtant, depuis, entendu des officiers de haut grade, et très bien placés pour juger les choses de Russie, affirmer que la France eût énormément gagné à y prendre part. Laissons cela.

Autre cause d’irritation : la dissolution de l’Assemblée Constituante. ‘Tous les démocrates français furent révoltés.

C'était sur l’Assemblée Constituante qu’ils comptaient pour sauver la Russie et y fonder la liberté.

Mais les révolutionnaires ne pouvaientils se rappeler le principe de la dictature du prolétariat ? et le souvenir de nos Jacobins ?

En tout cas, par-dessus tous les raisonnements, une attraction irrésistible tourna vers Moscou l’attention fervente de notre peuple.

Parbleu ! comment concevoir le contraire ? Une Révolution socialiste qui réussit ! Elle s’installe, si ardemment agrippée que toutes les attaques lancées

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contre elle par l’argent de nos gouvernants échouent et sont vaincues.

Trotsky crée les armées rouges ! Comme sous notre Révolution, parmi les rires de l’étranger, les voici victorieuses. L'un après l’autre, tous les Denikine, tous les Koltchak, tous les Wrangel, tous les Youdenitch s’effondrent.

Massacres, exécutions sommaires, rien ne détourne d’eux les acharnés que cette épopée réchauffe et qu’elle enivre des souvenirs de la Commune de Paris. Ah !

cette Commune-là n’aura pas son Vergailles ! vive Lénine ! vive Trotsky 1

la lumière brille là-bas ! est-ce que nous

continuerons à dormir ?

Pour comprendre tout l’effet que la Révolution bolcheviste devait produire sur le peuple ouvrier de France, il faut se rappeler l’histoire du parti socialiste chez nous.

Un vif coup d'œil suffit pour faire voir que la Révolution russe posait, à nouveau, devant le parti socialiste francais, mais en traits de flamme, le problème vital : comment faire la Révolution ? par coup de force, par insurrec-

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tion ? ou bien par progrès pacifique, réformateur et démocratique ?

C’est pourquoi, elle nous a remués à fond,

& + En 1893, tous les groupements socialistes franeais, le Parti onvrier franoeais de Jules Guesde. le Comité Révolutionnaire Central d’Edonard Vaïllant. la Fé.

dération des Travailleurs socialistes de Bronsse. le Parti ouvrier socialiste révo- Intionnaire, avec Allemane, Groussier, Deeante, sont conviés à l’union par Millerand et ses amis de La Petite Républiane, les socialistes indénendants. comme Ronanet, comme Fournière et Viviani.

Trois de ces organisations socialistes étaient carrément révolntionnaires : celle de Guesde, celle de Vaïllant et celle d’AIl- Jemane. Les militants de ces troïs partis ne comptaient pas du tout sur l’action parlementaire. Les campagnes électorales offraient une occasion magnifique pour prêcher les bonnes doctrines et recruter des adhésions. De même, les discours à la Chambre. Quant à s’emballer sur des réformettes, jamais ! La Révolution sociale

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