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chasserait d’abord la bourgeoisie ; ensuite on organiserait la production selon le programme.
Millerand et Brousse, au contraire, prévoient la transformation de la société par l’action légale et la conquête du suffrage universel.
La démocratie, éclairée par une propagande active, se tournera vers le socialisme. Une masse croissante de citoyens pèsera sur le Parlement.
Les mouvements de la foule, la rue enthousiaste, l’opinion soulevée imposeront aux Chambres le vote des grandes réformes économiques défendues par un gTroupe nombreux de députés socialistes. Le programme de Saint-Mandé résuma ces conceptions.
Jaurès, lui, est ‘déjà possédé par ce
« besoin d’action totale qui va grandir en lui, et devenir, dans la bataille, plus net ! et plus clair chaque jour.
T1 veut réserver à la classe ouvrière — et là-dessus il n’a jamais toléré la moindre équivoque — le droit au soulèvement révolutionnaire. Mais il a confiance dans la démocratie. Plutôt, il avait confiance
en lui-même, en cette force prodigieuse,
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en l'énergie débordante qui le soulevait. 44 Il se sentait capable de secouer de ses : à bras et de sa voix les foules, et de les :
élever au niveau supérieur. Rien ne résis- | tait à ses élans, à ses paroles, à ses ap- 2 pels. ' 4 C’est cela qu’il faut voir sous sa mé- >. À thode ! la certitude d’être irrésistible !
la certitude d’entraîner avec lui tout le peuple.
Des violences ? hé oui ! l’histoire nous les permet ! mais quoi ? elles seront inutiles ! nous avons tant raison ! le peuple est avec nous. Tout pliera, sans violences ni sang, et la démocratie s’accomplit, et | la République et le suffrage universel | s’achèvent par le socialisme triomphant.
L’Affaire Dreyfus développa chez lui | les qualités batailleuses. Par nature, 1l n’aimait pas donner des coups : 1l était profondément bon. Il aimait mieux con- . vaincre et entraîner, Mais blessé dans : son instinct de justice, il devenait terrible. Il se battit en furieux contre toutes Le - les forces de mensonge, et il vainquit. a.
Pendant cette dure lutte, il eut ses heu- + 16 res d’action révolutionnaire, où il pen- 4 chait, si l’injustice l’emportait, vers la
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révolte ouverte. Maïs vint le triomphe avec ses périls.
Ses cris ardents avaient enflammé les éléments les plus avancés de la classe ouvrière, en même temps que ses démonstrations éclairaient tous les honnêtes gens. La puissance du mouvement avait lié tous ceux qui s’y étaient livrés. Impossible de se séparer dès le lendemain !
Waldeck-Rousseau voulut, dans son cabinet, un socialiste. Jaurès ne détourna pas Millerand d’accepter : et ce fut la rupture entre socialistes.
Maïs Amsterdam nous réunit, grâce au sacrifice de Jaurès acceptant sa défaite
. pour refaire l’unité, et grâce aussi —
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