‹ La victoire en dérouteChapitre 77 sur 169 · À / - ER · texte numérisé non relu

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Lénine et ses amis étaient depuis trois ans au cœur d’une lutte mortelle. Je ne dis pas seulement qu'ils risquaient leur peau et que la défaite pour eux équivalait à la mort. Ceci n’est rien. J'entends qu'ils luttaient pour la vie ou la mort de toute une phalange d’amis dévoués à la même cause, et pour la vie ou la mort de toute la Russie ouvrière. À certaines heures, cette lutte furieuse a été poussée au paroxysme. Ils ont dû verser à flots le sang humain. Demain, peut-être pris entre la France, la Pologne, la famine, ils recommenceront.

Est-ce que vous allez demander à ces gens-là d’écrire et de penser avec le même sang-froid que Pressemane ? Relisez toutes leurs clauses en vous plaçant à ce point de vue. Vous verrez qu’elles s’expliquaient à merveille. |

La liberté de la presse ? C’est une nécessité vitale dans un état de paix, mais concevez-vous la liberté de la presse en temps de révolution ?

Assurer le libre accès de tous les postes dans les organisations du parti, dans ses journaux, dans les syndicats, dans les coopératives, aux hommes les plus

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compétents, sans distinction de nuances, c’est là une méthode excellente et notre idéal du temps de paix. Mais, en révolution, place aux enragés, aux exaltés, à eux seuls ! C’est eux qui entraïîneront les autres que la seule rencontre d’un sceptique ou d’un esprit critique glacerait.

Ainsi de suite, à chacune des critiques de Pressemane, vous voyez la réfutation qui s'impose.

Que conclure donc ? Mais la conclusion se présente d'’elle-même. Lénine est en pleine bataille. I1 ne faut done pas exiser de lui le sang-froid ni la liberté d’esprit. Il faut nous attendre à ce qu’il ne nous comprenne pas.

Eh bien ! nous avons tout bonnement à nous faire comprendre de lui. Pour y arriver, prouvons-lui d’abord notre Sympathie agissante dans sa bataille. Un combattant veut d’abord qu’on l’aide. Expliquons-lui ensuite que nous l’aiderons bien plus efficacement à notre manière qu’à la sienne. Si nous commettions, lui dironsnous, la faute de devenir vos singes, nous cesserions par là même et tout aussitôt d’être des hommes et de pouvoir agir en

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