‹ La victoire en dérouteChapitre 78 sur 169 · TR · texte numérisé non relu

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votre faveur. Nous serions du coup annulés, anéantis.

Vous connaissez parfaitement la Russie, et nous vous épargnons nos conseils dans les affaires russes. Vous ne connaissez pas la France. Vous y avez vécu longtemps, mais vous n'êtes jamais sorti de Russie. Nous connaissons notre pays comme vous connaissez le vôtre. Laisseznous y agir comme il faut. Assurez-vous, c’est trop naturel, que notre but est le vôtre : le socialisme marxiste total et intégral. Une fois tranquille de ce côté, tenez-nous pour meilleurs juges que vous des moyens à employer ici. C’est le mieux pour vous et pour nous.

Nous voyons dans l’article de Pressemane l’état d’esprit d’un militant plein de sang-froid et dont la conscience est

en paix. Pressemane a tenu, pendant la

: guerre, la conduite qu’il faut et il sait

que demain il agira encore de la meilleure façon possible. |

Quelle différence avec Lénine ! Comme Lénine n’a visiblement qu’une pensée :

qu’on vienne à son secours le plus tôt possible ! | À son secours ? Cette aide doit s’enten-

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dre de deux facons très différentes. La première, c’est que les ouvriers de France cessent de fabriquer des munitions pour les armées contre-révolutionnaires et empêchent le gouvernement français de faire la guerre à la Russie des Soviets.

L’adhésion à la II[, loin de préparer cette aide, retire au prolétariat français, par la division qu’elle apporte, la force nécessaire pour cette difficile action.

La deuxième forme d’aide désirée par Lénine est très différente. Elle consiste tout bonnement à faire chez nous la révolution sociale.

Lénine est trop marxiste pour n’avoir pas compris, dès le début, que la Russie n’est pas économiquement mûre pour la révolution communiste. Si le socialisme est, comme l’a dit Guesde, le fils de la machine à vapeur, il n’y a pas assez de

machines à vapeur en Russie pour que ce

fils-là puisse y naître.

Mais Lénine s’est dit : J’ai devant moi cinq ou six ans. Il faut que pendant ce délai je soulève le prolétariat occidental. Alors, c’est la révolution mondiale.

L'Europe sauvée, émancipée par la ré-

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