I.n moralité «le la obosc
— Tu as qiiiKé Antonia, lui dis-jo, commcnl cela s'est-il fait? — Oli! iikhi olier, j'ai houle à le l'avouer. Au Havre elle m'avait lellenienl nionli; contre toi, car elle avait deviné le sujet de la visiie, que je t'ai bien déleste pendant quinze jours, d'autant plus que je ;en!ais dans !e fond de mon âme que la raison clail de ton côté et, comme c'est le propre de noire pauvre nature humaine, je t'en voulais de ce que tu avais raison. Nous revinmes à Paris. Je me battis dans la rue avec des créanciers. Tous les jours je suppliais madame d'Oriniont de me faire prêter la somme qu'elle m'avait promise, car je comptais bien pouvoir payer avec celle somme une partie de mes dettes particulières. Les gens à qui l'on doit ne savent vraiment pas combien on a le besoin de les payer et de se débarrassier d'eux; avec (|uelle impatience on attend l'argent que l'on doit recevoir pour le leur donner, risque à rester sans le sou, et combien le hasard vous met presque toujours dans l'impossibililé de faire face aux engagements et de rester dans les calculs qu'on avait faits à l'avance. C'est ce qui arriva pour moi. Je reçus trente mille francs contre une lettre de clianire de qiiaranie mille. Te dire à quoi cet argent passa, cela me sérail impossible. Je rendis à madame d'Oriniont ce que je lui devais, car comme lu le pen.-i's bien, je ne voulais rien lui devoir; je fis un cadeau à Anionia, je payai ce que je devais pour elle, domestiques, fouruisseuis, tapissiers, et moi je me trouvai exaclenienl dans la mèuie jîosition visà-vis de mes dettes, aussi gèni' cl aussi loiirmenlf' qu'auparavant. Il y a une chose que le public ne s'explique pas bien, renlèlemeni que l'on met à se ruiner pour une fille
dont on n'est pas aimé. Cela est pourtant bien facile à comprendre. Outre les impossibilités matérielles que je l'ai détaillées la première fois que lu es venu me voir chez Anlonia, et (|ui sont les meilleures raisons de cet entêtement, riiommc qui est dans ec cas-là, obéit à un étrange senlimenl déconomie pour ainsi dire; il court perpétuelliMiient après la première somme importante qu'il a donni'e à sa maîtresse! Plus il lui a donm'" d'argent, moins il veut la (|uiller, parce qu'il se dit : le jour où je ne serai i)lus avec elle, tout cet argent sera déllnilivement perdu pour moi. II linil parle considérer connue un capital dont ramour de celle fenmicest le revenu. Il compte toujours donner moins à mesure qu'il vivra avec elle et de celle façon réparlir sur plusieurs mois ou sur plusieurs années, selon l'importance des dépenses faites, la somme sacrifiée, de façon à jwuvoir faire ce calcul : j'ai donné cent mille francs, c'est vrai, mais j'ai été (jualre ans l'amant d'une jolie femme , cela ne fait que vingt-cinq mille francs par an.
Ce calcul ne réussit jamais en pratique, mais il réussit toujours en lliéorie.
Je faisais ce calcul malgré moi. Je me disais : maintenant que je suis entré dans ce genre de vie, je ne pourrai plus m'en désliabiliier. Si je quille Anlonia, je prendrai une aulre maîlresse avec latiuelle il me faudra refaire les mêmes dépenses (lu'avcc celle-ci. C'est une économie de garder Anlonia. Je ne voulais pas croire mes amis qui me disaient ((u'avec la dixième partie de ce (pie je dépensais pour celte fille , je pourrais faire le bonheur et être aimé même de quehpie aulre femme jeune, jolie et qui n'aurait pas appartenu à tout le monde. Mais que veux-tu, on se ruine soiueiil pour une (iile perdue, laide ([iielquefois, sans charmes, sans espril, et cela |)arce (|u'elie a été la maîlresse d'hommes à la mode el qu'on est fier de leur succéder. A quel degré d'avilissement le cceiir arrive quand il en est venu à metire son amour-propre dons ces sortes de renommées! Ell'onne voudrait pas être l'amant
(lune fille de seize ans, bien jeune, bien fraielio, bien jolie, bien sage, (jui vous alteiulrail tons les jours en travaillanl dans le iiiodesle apparlenient que vous lui auriez donné et dont les goùls simples lui auraient fait un paradis. Trouvez une lille eoninie celle-là sur voire passage, vous ne donnerez pas ciiK] cents francs pour être son anianl; qu'un autre lioninie par hasard ail Tidée de la prendre, qu'il la laisse, qu'elle devienne une femme entretenue, connue pour avoir été la maîtresse de M. tel ou tel, qu'elle ait ou cinquante amants, vous ferez des folies pour elle et vous voudrez payer les restes cent fois plus (|ue vous n'eussiez payé les primeurs. Que ces femmes ont raison de nous ruiner, quand elles en trouvent l'occasion! car nous ne sommes que corruption et vanité, et il faut que nous soyons leur amant pour être (luelque chose. Et à la porte di; ces maisons où nous venons perdre notre esprit, jeter notre ar.!:;ent, il y a de iiauvres créatures qui meurent de faim et qui nous tendent laniaiu simsque nous les voyions, et il y a des gens qui disent que le monde est bien fait. Pourquoi, nous oisifs, gens inutiles, qui sacrifions à de si ridicules théories, n'avons-nous plus à quarante ans la fortune que nous avions à vingtcinq, ou pourquoi n'avons-nous |)as à viniil-cinq ans rexpéricnoe que nous aurons à quarante , nous serions encore comme les autres, capables du bien!
Je regardais Emmanuel pendant qu'il parlait ainsi, la tète dans ses mains, et j'étais de plus en plus convaincu que tout ce qu'on m'avait raconté sur lui était une horrible calomnie.
— Enfin, reprit-il avec un soupir, on dira ces choses- Ici, on les écrira même et on n'y croira pas, et l'imbécillité humaine sera des siècles encore sans faire un pas en avant. — Cependant, lui dis-je, toutes les réflexions que tu fais en ce moment je te les ai déjà entendu faire il y a six mois. Qui me dit que cette fois lu ne vas pas encore les oublier et retourner avec Antonia? — Oh! non, c'est bien fini. Il y a pour relond)er dans ce passé des
barrières infraiicliissiibles. Tti \ois (|uel apparloîiiciil j'Iiabitc. Je n'ai pas le «ou, je suis loiil h fail brouillé avec ma iHère, je suis Iraipié par mes créanciers, eii bien, je me trouve lieureux en comparaison decequej'étaisavcc Anlonia. — 3fais conimenl cette rupture s'est-elle faite? — Du moment que j'ai eu payé les dettes ilAntonia, il n'y a plus eu de sa part ni de la |)art de sa mère i,'rands niéiiaitemenls ù n)on égard. Chaque jour on me mettait le marché ù la main. Il me revenait perpétuellement des propos infâmes qu'Aiitonia tenait sur mor\ compte, et je ne sais par quel sentiment bâtard je tenais encore ù cette lille. Il devint évident pour moi qu'elle me trompait, et que madame d"Orimont lui servait d'entremetteuse. J'en acquis les preuves bien certaines. J'en (is des reproches ù Antonia qui me répondit d'abord que ce n'était pas vrai et qui Unit par me dire : si cela ne vous convient pas, allez-vous-en.
Je compris alors de quelle combinaison j'avais été la dupe, et je voulus me venger en ne m'en allant pas. Je me donnai du moins celle raison pour rester, la véritable était que malgré moi j'avais tellement pris Thabitudc d'Antonia que je n'aurais |)lus su où aller promener ma vie si je lavais (|uitlée, cl cependant je ne l'aimais pas! cela dura ainsi deux mois environ.
l'n soir ,\nlonia jouait, je sortis. ,\ ininuit je rentrai. Je montai chez elle. Je sonnai. On ne me répondit pas, je sonnai diu\ fois, trois fois, dix fois, toujours de plus fort en plus fort. Même silence. Je collai mon oreille contre Iaporte,jen'enlendisrieu. Je redescendis. Le portier était couché. .le n'osai pa^^llli demander si Antonia était chez elle, c'était déjà bien assez d'èln; ridicule à mes yeux sans lèlre encon; aux \eux de cet homme. Je me dis (|ue i)eul-èlre .\nîonia ii'éiait pas encore rentrée et j'attendis dans la rue. Je ne voyais pas de lumière à ses feiièlres. Hfon amour-propre me soufflait une foule de mauvaises raisons, dont je sentais bien (pie je ne pouvais plus me contenter. J'attendis ainsi jus(|u'à deux lieunvs du matin sans voir rentrer .\nlonij. Je remontai chez elle. Je soim;!i. je ca-
l'illonnai au i i-i|iio de icvoiller toute la maiï^oii, pcrsomi lie vint iiroiivrir. Je ne doutai plus ((u'Aiitonia n'eùl ui» hoiiiiiie dit'z elle.
Ce qu'il y avait d'alTreux c'est que je ne pouvais i)as ou plutôt que je n'osais pas rentrer chez moi, tant j'étais sûr de lrou\er ma maison sens dessus dessous, et qu'il était tro|! tard pour n:e présenter dans uu hôtel. J'errai toute la nuit.
A neuf lieuies du nialiii je remontai chez Antonia.
Il me sendilnil que tous les gens que je rencontrais se MiO(|uaienl de moi.
Cette fois la femme de chambre vint m'ouvrir.
L'idée qu'il était peut-être arrivé uu accident à ma maîtresse ne m'était pas venue un instant.
— Autonia y est-elle? demandai-je. — .Non, monsieur, nie répondii la l'emiue de chambre avec un certain embarras, madame est sortie. — Je vais l'alleudre. — C'est impossible, monsieur. — Pourquoi? — Madame a emporté toutes les clefs.
Tout cela était bien clair.
En ce moment le cocher qui avait reconnu ma voix, se montra.
— Ail! c'est vous, monsieur, me dit-il, j'ai une lettre pour vous. — De (|ui? — De madame.
Il me sembla (|ue le cocher cl la femme de chambre se regardaicul en riant.
Le cocher alla chercher la lettre et me la rap|)orta.
J'allais probablement avoir le dernier mot de celle histoire.
J'ouvris la lettre et je la lus.
Elle ne contenail que ces mots.
« Mon cher Emmanuel, nous sommes malheureux ensemble, il faut (pie l'un denousdeux soil plus raisonnable que l'autre, V(»us ne l'êtes jias, je le suis. Venez me voir comme ami, si \ous voulez, mais toute autre relation doit cesser entre nous; je ne m'appartiens plus.
» Antonia. »
— C'est bien, balbutiai-je, cJir on ne rcniitpas un pareil coni-'é sans èlre au moins tHonnt', c'est bien. Vous (lirez à voire maîtresse que je la prie de me renvoyer eo qui nrapparlienl encore ici, ù moins qu'elle ne \euille encore me voler cela. Le mot ii'élait pas de bien bon !,'oùl, mais j'étais si irrité do la façon dont j'avais clé j(nié que je ne pus le retenir.
Je vins m'inslaller ici. Ce jour je ronis mes malles accompagnées d'une lettre fort imperlinenle d".\ntonia qui me disait qu'après avoir spéculé sur elle, je me perlueKais de l'insulter et que si elle ne nu- mé|iri>ait p;is tant, elle m'enverrait (luelcpi'un pour meniellre à la raison.
Celle lellre me coulait (jualre-vingt-dix mille francs, pour le nièiue prix j'aurais eu un aulograj)!»' de Cliarleniagne, deux tableaux de ^■an-l)yck. ou quali'C mille livres de renie.
— Kl depuis, demandai-je à Kmmanuel, lu n'as pas entendu parler d'Anlonia? — Au contraire; tous les jours j'apprends qu'elle fait circuler une nouvelle infamie sur mon com|)te. Quand j'ai payé madame crOrimonl, je n'ai pas songé à lui redemander les reçus que je lui avais faits, et elle les montre à cpii veut les v(»ir, en disant (|ue je lui dois de l'argent et que je ne le lui rends pas. Quand je pa\ ais quelque cliose pour Aiilonia, je faisais faire la facture en son nom, si bien qu'aujourd'hui elle fait voir ces faclures eldil ; M. Kmmanuel de... cette canaille avec ([ui j'ai eu le mallieur de vivre, me laissait payer coninu' je l'enlendais les choses (]u'il disait acheter pour moi. Klle a été jusiiu'i"! me faire menacer des Iribunaux. Klle a dit à Ions nu'S créanciers que je suis un gredin, que je ne les payerai jamais el j'ai, à l'heure qu'il est, une des plus mauvaises ré|iulalions de l'aris. — Mais ce n'est pas lout, dis-je, el je racontai à Fmmanuel ma conversalion avec Octave.
Il l'écoula avec un ahallemf ni profotul.
— J'ai bien mérité lout cela, di'-il, on ne sait pas tout le mal qu'une femme si nH''|)ri.sable qu'elle soit i>eul faire à un lionin)e lionorable, quand elle est jeune, jolie et
(|ii'e!le esl enlouréc de gens qui lui font la cwur el qui sont prèls à croire loiit ce qu'elle dit. llends-nioi le service (['aller chez M. de Magny, que tout cela finisse par un bon duel, c'est tout ce que je demande.
J'Mlhii clierclier Octave e! nous nous rendîmes chei M. (le ^la,i;ny, csp.'ce de sol frisé que nous trouvâmes occup('' à se faire onder les cheveux.
Le r('sullal de noire visite fui que M. de Magny n'avait fuit que de répéter ce(|iie niadenioiselle Antonia lui avait dit et ([u'il ne le rétraclerail (jue si elle le rétractait cllenièine.
IVous allâmes chez Antonia que nous trouvâmes flanquée de madame sa ni('re.
L'n volume ne sulliraitpas si je voulais transcrire toutes les infamies (jue ces deux drôlesscs débitèrent sur Eniinanuol. Elles en arrivèrent à nous dire qu'Emmanuel avait |)rèlc les mains aux marchés qu'Antonia sendilail faire en cachette de lui, el qu'il l'aidail à mani-'er l'argent qui en résullnil. Elles ne respectaient rien, ni délicatesse, ni famille, ni honrieur. Moi qui savais (|u'il n'y avait pas dans le monde dhomme plus loyal (ju'Emmanuel, je fus viniil fois sur le point de prendre une chaise et d'assommer ces créatures.
Pendant deux heures elles nous racontèrent leurs griefs, chacune à son tour el quelquefois toutes les deux ensemble, el ce qu'il y avait d'anVeiix, c'est que tout ce qu'elles di>aicnt ac(|Ui'rail un air (le vérité par la gène même où se trou\ait Emmanuel.
— Depuis qu'il ne m'a plus il n'a pas un sou, disait Antonia.
Emmanuel se bntlit avec M. de Magny. Il lui donna un cou|> dépée, il paja toutes ses deltes, il sacrifia la moitié de sa fortune, il s'en alla demeurer en Touraine avec sa mère, ^ il rompit complélenienl avec un monde pour lequel il n'élail pas fail, ce (|ui n'empêche pas que lorsqu'on parle de lui, on trouve encore des gens qui vous disent :
— Eniinnnuel do... qui a Ole ramnnl dWnlonia, ce n'esl pas un Irt-s-honnêlc garçon à ce qu'il parait. On raconle fie bien vilaines eiioses sur son compte.
Il y a six mois environ je rencontrai Emmanuel que je n'avais pas vu depuis un an. Je lui parlai naturellemenl d'An Ion ia.
— Tiens, me dil-il, il faut que tu me rondos un service.
— Lequel? — Tu vas aller chez Anlonia lui porter ces cinq cents francs.
El en môme temps il tirait un billet de cinq cents francs de son portefeuille.
— Tu es fou, lui dis-je, lu envoies encore de l'argent à Antonia! — Oui, la pauvre lille m'a écrit qu'elle était Irès-nialbeureuse, qu'on allait lui vendre ses meubles et qu'elle avait absolument besoin do cette somme. Je la lui portais, mais puisque te voilà, j'aime autant que ce soit toi qui t'en chariies. — As-tu la lettre d'.Vntonia sur toi?
— Oui, la voici.
Celte lotire était ainsi conçue :
« Mon cher Emmanuel, je suis extrèniemenl gênée, il me faut absolument cinq cents francs aujourd'hui ou l'on vendra mes meubles demain. Je n)'adrosso à vous, parce que de tous les gens que je connais, c'osi vous qui avez le plus de cœur et qui serez lo plus prompt à nu; rendre ce service, en souvenir de l'heuroux temps que nous avons passé ensemble. »
C'était d'un bel aplomb!
Je pris le billet de cinq cents francs et je me rendis chez Anlonia.
— Je viens de la part d'Emuianuol, lui dis-je. — Il a reçu ma lettre? fit-elle. — Oui. — Kl il m'envoie? — Cinq conis francs que voici. — Oh! (|u'il est aimable, vous le remercierez bien pour moi. Poiuquoi n'est-il pas venu lui-même, j'aurais eu lanl de j'iaisir à le voir. — Ce n'est i)oin'lanl pas ce que vous m'avez dit la dernière fois que je vous ai vue, fis-je observer à .\nloiiia. Vous traitiez bien mal Euinianuel. — .\h! vous savez! fit-elle né-
— ir>i —
gligenimcnl, on dil de es clioses-là quand on est on colère, el le lendenuiin ou regrette de les avoir dites.
Voilà comment se font el se défonljcs réputations do jeiines gens.
Tout ce que m'avait dit Emmanuel le jour de noire première entrevue chez Aiilonia s'était réalisé.
Décidément l'expiTience est un fi'uit ([ue Ton ne cueillo jamais que lors(iiril est pourri.
Les trois aventures arrivées à Emmanuel me représentaient Tamour dans sa triple unilé. En dehors de ces trois positions je ne voyais plus rien. E'amour de passion, l'amour de cai)rice, l'amour de commerce me semblaient résumer toutes les exigences du cœur, de l'esprit cl des sens.
Je racontais donc partout l'histoire d'IIenrietle, d'Augustine et d'Antonia.
l'n jour j'allais de Lyon à .Vvignon, et je me trouvais dans le coupé avec un homme de trente-cinq ans environ dont la figure loyale et douce attirail aisément la sympa thie.
Nous fîmes vite connaissance.
En voyage que peut-on faire de mieux que de se raconter des histoires!
Je racontai h mon voisin les amours d'Emmanuel.
— .\insi, me dit-il, quand j'eus fini, vous croyez avoir dans ces trois anecdotes toutes les phases par lesquelles le c(eur peut passer? — Je le crois, lui dis-je. — Vous vous trompez, jeune homme, fit-il familièrement et avec un doux sourire, tout n'est pas là. Vous rf'avez dans ces trois récits que des passions oîi le cœur n'est jamais complètement satisfait et il vous manque le plus doux, le plus simple et le plus heureux des compléments. — Pouvez-vous me le fournir? — I^arfuilement. C'est l'amour où il n'y a définsce ni du côté de la femme, ni du côté de l'homme, où l'un apporte sa loyauté, l'autre son innocence et dont sortent une estime récipro(|ue et une affeclion sans limites. C'est l'amour qui est dégaijé de toutes
ces petites entraves qui font les piVipélles de ceux que vous connaissez déjà, c'est l'amour qui rend riiotnmc indulgent et courageux, (|ui lui fait voir le monde en beau et qui lui fait bénir l'existence; qui ne laisse dans l'àmo ni préjugés ni remords et (jui fait à la destinée un chemin large et florissant; c'e>;t l'amour que Dieu a permis que j eusse, et dont toute ^'histoire est en vingt lignes. La voici :
«A vingt deux ans. je suis devenu amoureux d'une jeune fillequi en a\ail dix-huit. Kllem'a laisse comprendrequ'elle m'aimait.. If l'ai demandée à sa mère qui me l'a donnée. Nos deux petites fortunes nousont fait une médiocrité dorée. Depuis treize ans (|ue nous sommes mariés nous en sommes encore à nous demander ce (|ue c'est que de ne pas penser l'un comme l'autre. Nous avons deux etifauts, une lille el un garçon qui se portent bien el (|ui nous aiment. Nous avons (ies amis (jui nous res|)ecteni et (|ui nous voient avec plaisir. Nos séparations, séparations d'alVaires, sont sans larmes parce qu'elles sont sans crainte et que nous nous contions à la l'rovidence. Tout notre bonheur est en nous-mêmes, toutes nos espérances sont en nos enfants. Le malheur peut venir, il trouvera deux c<rurs bien unis, prêts à le recevoir comme un liôle nécessaire dans la vie. La mort i»eut frapper l'un de nous, au hasard, notre religion nous a fait voir dans la mort une séparation nionienlani'e et non une séparalion éternelle. •Nous essa\ons de faire de nos enfants des co'urs honnêtes, des esprits lojaux el des âmes chrétiennes, el justpi'à présent, nous avons ré'ussi. Nous sommes, el je crois, elje le dis sans orgueil, aus.si heureux <|u'on peut l'être.
Comparez maintenant cet amour aux trois autres ( i voyez lequel votre conscience doit préférer.
je regardai lliomme (|ui venait de me parler ain>i. Son oeil rayonnai!, limpide et fier.
— Oui, vous èk\s le bonheur, lui dis-je avec émotion. — Parce que je suis le bien, me répondit-il avec confiance.
€âfâl§ii|,= ||st
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ALBi ( E. ). La Captivité du trompette Escomer, 2 vol ARNAUD. Georges, 1 vol.
— vLéna, 4 vol.
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M0NTH0L0N. Histoire de la Captivité de Sainte- Hélène, 3 v.
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SAiNT-AGUET (m.). Lucicnno, 1 vol.
SAINT-FÉLIX. Les OfTicicrs du Roi, 2 vol.
— Sylvanie, 2 vol.
— Les Soupers du Directoire, 2 vol.
SAiNT-iiiLAiRE ( ÉMiLE-MARCo). Napoléon au Conseil
d'Etat, 2 vol.
— La Veuve de la grande Armée, 2 \ol. SAiiVTiNE. Histoire de la belle Cordiére, 1 vol.
— L'Esclave du Pacha, 1 vol.
— Métamorphoses do la Femme, 1 vol.
CATALOtltE.
— Antoine, 1 vol.
SA^D (g.). Le Péclie de monsieur Antoine, 3 vol.
— Jeanne, 2 vol.
— Le Meunier d'Angibault, 3 vol.
— François le Chanipi, 2 vol.
— Petite Fadette, 'I vol.
SANDEAU. Les Revenants, 1 vol.
— Un Héritage, 1 vol.
— Sacs et Parchemins, 2 vol.
SCRIBE (e".). Carlo Broschi, 1 vol.
?orr(de). La plus heureuse Femme du monde, 1 vol souBiRAN (a. de). Marguerite et Jeanne, 2 vol. souLiÉ (fréd.). Au Jour le Jour, 2 vol.
— Le Duc de Guise, 2 vol.
— Le Vicomte de Béziers, 2 vol.
— Les Prétendus, 2 vol.
— Eulalie Pontois, 1 vol.
— La Lionne, 2 vol.
— Si Jeunesse savait! etc., 5 vol.
— La Comtesse de Monrion, 3 vol.
— Pierre Landais, 1 vol.
souvESTRE (e.).» Mémoires d'un Sans-Culotte, 3 vol.
— Les Péchés de Jeunesse, 4 vol.
suAU DE VARENNES. Mystèrcs de Bruxelles, 8 vol. SUE (e.). La Salamandre, 2 vol.
10 CATALOGIE.
— L'Aventurier, 3 vol.
— Les Mystères de Paris, 10 vol.
— Gérolstein, \ vol.
— Le Juif-Errant, 13 vol.
— Les Mystères du Teuple, 1 et i.
— Les Mystères de Paris, drame, 1 vol.
— Les sept Péchés capitaux. (L'Orgueil), 5 vol.
— Id. (L'Envie), 3 vol.
— Id. (La Colère), 2 vol.
— Id. (La Luxure), 2 vol.
— Id. (La Paresse), 1 vol.
THiERS. Le Consulat et l'Empire, vol. I à 26. VIGNY (ALFRED de). Cinq-Mars, 2 vol.
CHENU. Les conspirateurs, 1 vol.