COMAIEM L AMERICAIN PLACE SON ARGENT
côté de l'Ailantique, sauf dans les compagnies de chemins de fer, et encore y a-t-il là des risques à courir, comme je l'ai dit plus haut.
La seule institution qui rappelle nos manières de faire européennes est celle des compagnies de Trusts, sortes de banques de dépôt qui débarrassent les porteurs de titres et les propriétaires d'immeubles ur )ains du souci de certains actes d'administration , touchent les coupons ou les loyers, renouvellent les baux, etc. C'est là une création récente et elle s'explique : beaucoup d'Américains de l'Est voyagent en Europe, y séjournent ou s'y installent; des femmes se trouvent jouir de douaires importants; certains établissements d'utilité publique possèdent de très grosses dotations. Ainsi se forme une catégorie de rentiers ou de propriétaires tout à fait spéciale, qui va se développant avec l'augmentation de la richesse générale. Les compagnies de Irusts répondent aux besoins de cette catégorie et tendent à devenir une puissance financière collective comparable à celle des compagnies d'assurances. Dans les quartiers commerçants des grandes villes de l'Est, on voit leurs somptueuses installations rivaliser de hauteur, d'éclat et de mauvais goût avec les business buildings \es plus étonnants. A New- York, je remarque près du Stock- Exchange un bâtiment surchargé de sculpturos ; la compagnie de Trust à laquelle il appartient, fondée il y a dix ans seulement, a émis des actions qui se négocient aujourd'hui & un prix treize fois supérieur à celui de l'émission.
Toutefois les Trusts ne sont qu'un élément parasite (1). Ce qui fait la force du crédit américain et la
(1) Je n'ai pas besoin de faire remarquer à mes lecteurs que 1rs
fécondité des entreprises américaines, c'est l'union dans les mêmes mains du capital et du travail, le fait qu'un homme riche n'est pas , aux États-Unis , un oisif inutile , mais un esprit entreprenant et actif. Là où le rentier se contente de jouir, le capitaliste américain produit.
Banques de Trusts n'ont aucun rapport avec les Trusts monopolisateurs dont il a été plusieurs fois question.