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LE CULTE. — LES TEMPLES

Fig. 3. — Grotte de l'Oracle d'Héraclès.

même^ tel ou tel culte était attaché à telle ou telle grotte naturelle qui, grâce à l'impression exceptionnelle qu'elle produisait sur l'imagination de l'homme, pouvait être considérée facilement comme le siège d'un pouvoir surnaturel.

Pausanias raconte qu'une grotte située près de Boura, en Achaïe, avait été consacrée à l'Héraclès Bouraïkos ; elle contenait, paraît-il, un oracle qui, en jetant des dés, prédisait l'avenir. Des voyageurs modernes croient avoir retrouvé cette grotte-oracle d'Hèraklès dans le rocher représenté à la figure 3. Ils font remarquer qu'on a donné à dessein une forme déterminée à ce bloc de granit et

qu'il est assez facile de reconnaître, au haut de cette masse rocheuse, une tête d'homme, grossièrement ébauchée.

Voilà comment on logeait les dieux, à l'époque où l'on ne voyait en eux qu'une puissance occulte et inconnue.

Les temples proprement dits n'ont commencé à paraître que du jour où les Grecs, se figurant dans l'esprit une divinité à formes humaines, la présentèrent aux yeux comme telles.,

; — — \ C'est alors seulement qu'on s'occupa

i J de préparer une demeure durable à

cette image humaine et matérielle de la divinité. Ici encore on dut avoir recours tout d'abord aux produits de la nature, que l'on croyait intimement liés au génie de tel ou tel dieu, et ces mêmes arbres, que l'on considérait autrefois comme le foyer d'une puissance divine, servirent alors à recevoir l'image des dieux et furent disposés en conséquence. Nous savons que la plus ancienne

Fig. 4. — Arbre sacré.

Statue de l'Artémis d'Éphèse était placée dans le tronc creux d'un orme. Pausanias a vu, de son temps, une Artémis Kédréatis dans un grand cèdre à Orchomène, et, plus tard, on peut voir assez souvent de petites statues des dieux placées sur le tronc ou sur les branches d'arbres protecteurs (fig. 4).

Les dispositions précédentes ne sont en réalité qu'une introduction aux véritables temples. Plus l'architecture faisait des progrès dans ses essais de constructions domestiques (voy. chap. VI), plus le besoin se fiiisait sentir d'élever à la divinité une demeure solide, imposante, digne de son caractère éternel. La sculpture progressait en même temps que l'architecture, et si, dans les poètes grecs.

Fig. 5. — Vue extérieure du Temple du Mont Ocha.

les dieux ressemblaient de plus en plus à l'homme, les artistes aussi, qui naguère s'étaient contentés de simples esquisses, arrivèrent peu à peu à représenter la divinité dans toute la perfection des formes humaines. A mesure que les dieux se transformaient en hommes, le réceptacle primitif de leurs images devait aussi se transformer en maison. Un heureux hasard nous a conservé, dans l'île d'Eubée, plusieurs spécimens de ces temples de la plus haute antiquité, sous forme de modestes maisons en pierre. Dans cette île, non loin de la ville de Karystos, s'élève à pic le mont Ocha, aujourd'hui Hayos Ilias. A une hauteur assez considérable se trouve une étroite terrasse, où mène un seul sentier et que domine un rocher. Sur cette terrasse, des voyageurs modernes (Hawkins le premier) ont découvert une maison en pierre^ d'où

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