Plan du Tombeau soutenaio de nie de Chalkè
TOMBEAUX, MONUMENTS FUNÈBRES
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cuite, ainsi qu'un miroir de bronze^ une lampe d'argile portait
encore les traces bien visibles d'un long usage.
On observait la même coutume lorsque les morts étaient ensevelis dans des cercueils (uopoî). Plusieurs de ces cercueils, généralement en terre cuite, ont été trouvés à Athènes. La figure 1 17 en représente un, fermé par trois dalles, et la figure 118 nç.us fait voir l'intérieur d'une caisse funéraire, garnie des ustensiles les plus variés.
Fig. 115 et lie. — Objets trouvés dans une Tombe de Chilidromia.
Voici un autre genre de tombeaux rocheux: on taillait la chambre funéraire dans le flanc d'un rocher et l'on donnait à l'entrée un caractère et une ornementation architectoniques. Ces façades de tombeaux sont très fréquentes en Phrygie et en Lycie; elles indiquent bien une civilisation qui, dans les temps primitifs, était étrangère à la Grèce, mais nous n'avons pas voulu
les passer sous silence, parce que pendant la période historique les mœurs et la civilisation grecques florissaient aussi dans ces contrées, et que quelques-uns de ces monuments datent de cette époque.
Les tombeaux de Lycie notamment offrent un exemple remarquable d'une imitation soignée jusque dans les moindres détails de la construction en bois. Généralement la façade est partagée en
Fi;r. 117. — Cercueil trouvé à Athènes.
plusieurs champs assez profonds par des poutres en saillie; le dessin de la figure 119 offre un bel exemple de ces tombeaux.
Il est placé dans le flanc d'une roche escarpée à Xanthos; tous les détails ont été reproduits avec un tel soin et une telle exactitude^ qu'on n'a même pas oublié les clous et les chevilles qui consolidaient chaque poutre. On croit voir la façade d'une maison faite de puissantes solives en bois et dont le plafond est formé de troncs d'arbres non ouvragés; on retrouve cette construction encore de nos jours dans les chaumières des paysans de la Lycie. Une poutre verticale divise la façade en deux champs. Quelquefois les poutres transversales sont en roche naturelle^ de sorte qu'il en résulte une espèce de vestibulCj précédant la façade proprement dite. On remarque cette disposition dans un tombeau de Myra (fig. 120)^ lequel est décoré en outre de belles peintures à côté de la façade et dans lintérieurdu vestibule. Un tombeau à Telmessos (fig. 121) a une façade d'ordonnance entièrement ionique. Deux colonnes ioniques entre deux antes portent un fronton orné d'acrotères et forment un vestibule; la porte d'entrée de la chambre funéraire est ménagée dans le mur du fond.
Ces tombeaux rocheux , remarquables par leurs façades, se
Fis. 118.
Intérieur d'une Caisse funéraire.
Fig. 119. — Tombeau de Lycie.
rencontrent aussi sur le continent grec et plus souvent encore dans les îles, où quelquefois la main de l'architecte vient en aide à la solidité naturelle de la masse rocheuse. C'est ce qui se présente.
TOMBEAUX, MONUMENTS FUNEBRES
par exemplCj dans un tombeau découvert par Ross dans l'ile de Thèra ; la chambre est placée dans la crevasse du rocherj mais ses parois ont été environnées d'un mur de soutènement et le plafond a été formé de poutres de pierre. Un autre tombeau construit dans le versant d'une collinCj que cet infatigable investigateur a découvert dans l'ile de Cos, est précédé d'une petite cour qui donne accès à une porte richement décorée, du meilleur style ionique ; des fragments de celle-ci ont été conservés dans une chapelle située ù
côté.
Le tombeau lui-même^ dont la figure i23 représente le plan et la figure 122 la coupe transversale, consiste en un compartiment voûté au moyen de blocs de travertin équarris et long de 6 mètres a ; de chaque côté il y a six lits bb, ayant une profondeur de 2™j5o et une largeur de 60 centimètres. Des débris d'ordre ionique de la plus belle période artistique, trouvés à proximité, ont sans doute appartenu au portique de la chambre fu-
Fig. 120. — Tombeau de Myra.
Fig. 121. — Tombeau de Telmessos.
néraire qui, suivant une inscription conservée jusqu'à ce jour.
doit être considérée comme le hèroon ' de Charmylos et de sa famille.
En fait de sépultures entièrement taillées dans le roc vif^ citons un tombeau de Lindos^ dans l'île de Rhodes^ qui peut être regardé comme le spécimen le plus parfait du genre; les monuments de la côte de Lycie, située vis-à-vis de cette Wq, ont dû servir de modèle à la construction de cette sépulture. Mais au lieu de l'imitation de la construction en bois, usitée en L}'cie, on a eu
recours à la manière purement grecque pour décorer la façade.
Nous plaçons ici le dessin de ce tombeau (fig. 124), qui malheureusement est en très mauvais état.
La façade est traitée sur le mode d'un portique grec; des colonnes doriques supportent un entablementj composé d'une architrave, d'une frise etd'unecorniche^Parmi ces colonnes, qui étaient primitivement au nombre de douze, quatre seulement paraissent avoir été isolées du mur, tandis que les autres ressortaient de moitié ou d'un peu plus sur la surface de la façade. On a trouvé dans l'Ile de Chypre une disposition analogue sur une plus grande échelle. La sépulture que Ross y a découverte (voy. le plan à la fig. 126 et la vue en perspective à la fig. i25) a la forme d'une cour entourée de colonnes.
Mentionnons enfin les magnifiques tombeaux deCyréne, sur la côte septentrionale de l'Afrique. Ici le sol rocheux, qui s'incline aux environs de la ville, a été découpé en terrasses, où l'on a installé les sépultures. Les tombeaux consistent pour la plupart en petites chambres sépulcrales, taillées dans le rocher, mais elles
* Sur le sens du mot*ipwç, qui finit avec le temps par devenir un sinnple équivalent de notre mot « défunt», cf. Decharme, Mythologie de la Grèce antique, p. 463 — 470. (O, R.)
Fig. 122. — Tombeau de l'Ile de Cos
(Coupe transvers.aleV