‹ La Vie antiqueChapitre 40 sur 46 · FIN DE LA PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

LA GRECE

ADDITIONS

Fig. 550. — L'Autel de Pergame. — (Restitution).

ADDITIONS

Chap. I'. — Les Temples primitifs. — Les temples quadrangulaireSj comme celui du mont Ocha (fig. 5 et 6), ne sont pas les seuls qui aient précédé la construction du temple à ordonnance régulière^ tel qu'on le voit apparaître à la fin du septième siècle. Avant la formation des ordres il s'est écoulé une longue période de tâtonnements où les Grecs mêlaient leurs conceptions encore naïves aux principes architectoniques importés de l'Orient. Il est hors de doute^ par exemple^ qu'ils avaient emprunté aux peuples orientaux le temple métallique, dont Pausanias cite quelques exemples; toutefois il est plus probable que ces édifices, dont il ne reste d'ailleurs aucune trace sérieuse, étaient en bois revêtu de métal, commeles trésors et autres constructions préhistoriques de la Grèce et de l'Asie Mineure. Cette question de l'existence d'une architecture métallique chez les anciens a tenté la curiosité

1 L'auteur a suivi, dans le classement de ces Additions originales de l'édition française, l'ordre adopté pour la division de la traduction.

de quelques savants architectes français. M. Ch. Normand notamment* y a consacré une série d'études ingénieuses où l'imagination joue un grand rôle, mais qui n'en méritent pas moins une sérieuse attention.

Quoi qu'il en soit^ tout porte à croire que les temples en bois étaient antérieurs à tous les autres; ils étaient contemporains des xoanaj les plus anciennes statues des divinités greccj,ues. N'est-il pas naturel, d'ailleurs, qu'on ait employé le bois pour la construction des édifices, à une époque où les instruments nécessaires pour travailler des matériaux plus durs faisaient presque entièrement défaut ? Le bois a fait place à la pierre, laquelle a été ellemême remplacée, dans bien des cas, par le marbre, vers la moitié du cinquième siècle. Plusieurs archéologues pensent, non sans raison, que la plupart des éléments constitutifs des ordres grecs ont été copiés en quelque sorte sur ces constructions primitives en bois. Telle est l'opinion de Beulé, et, dans une certaine mesure, celle de M. Chipiez-.

Chap. II. — Les trois Ordres d'Architecture. — Parmi les temples les plus anciens, mais d'une ordonnance déjà régulière, dont les ruines subsistent encore sur le sol de la Grèce, il convient de mentionner, outre celui de Rhamnonte (fig. 18, p. 17), VHeraion d'Olympie. Il date très probablement du huitième siècle. Situé au pied du Kronion, tout près d'une colline où se trouve aujourd'hui le village de Druva, ce sanctuaire consacré à Hèra, qui était sans doute la divinité locale de Pisa, se présente sous la forme d'un rectangle mesurant 5o™,oi de longueur sur i8™,75 de largeur. C'est un temple inantis, divisé en trois parties distinctes : la cella au milieu, le pronaos ouvert à l'est, Xopisthodomos fermé par une grille à l'ouest. Élevé sur un stylobate à degrés, il avait six colonnes sur chaque façade et seize sur les côtés longs. Chose curieuse, l'entrée ne semble pas avoir été

^ Voir Encyclopédie d'architecture i883. — V. aussi la Rev. archéologique i885, p. 327.

2 Voy. Ch. Ciiipiez, Histoire critique des Origines et de la Formation des Ordres grecs.

ménagée, comme d'habitude^ sur la façade, mais bien entre la colonne d'angle sud-est et la colonne voisine; là un petit escalier d'une époque postérieure conduisait sous le portique. Cette disposition a dû être motivée par la place de l'autel d'Hèra^ situé au sud du temple. Une particularité bien plus intéressante à notefj c'est que VHeraion d'Olympie était presque entièrement construit en bois : en effet, si l'on a découvert les bases en pierre de la plupart des colonnes^ on n'a trouvé aucune trace ni de l'entablementj ni de l'architrave, ni des triglyphes^ ni des métopeSj ni de la corniche. Tout cela a dû être détruit par les flammes ou anéanti par le temps. Pausanias, du reste, constate que, de son temps, l'une des deux colonnes de Vopisthodomos était en chêne. Toutes les autres étaient probablement, à l'origine, faites de la même matière; seulement les Eléens, qui avaient un culte profond pour leur antique sanctuaire, conservaient ces colonnes primitives le plus longtemps possible et ne les remplaçaient, l'une après l'autre, par des colonnes en pierre que lorsqu'elles tombaient en poussière. Ce qui le prouve, ce sont des différences frappantes dans le diamètre, dans le nombre de cannelures des fragments conservés. Parmi les neuf chapiteaux retrouvés il n'y en a pas deux qui se ressemblent: on y remarque toutes les variétés, depuis la forme lourde et comprimée du dorique des septième et sixième siècles jusqu'au style bâtard de l'époque romaine, en passant par les spécimens de la période florissante de l'art grec. Ces substitutions sont donc l'œuvre de plusieurs siècles.

Chap. III. — Les Types les plus parfaits du Temple grec. — L'honneur d'avoir découvert les ruines du temple de Zeus à Olympie revient à la France et en particulier à Abel Blouet, l'éminent architecte, chef de l'expédition artistique de Morée en 1829, qui en a consigné les résultats dans une magnifique publication ^ M. Laloux, ancien pensionnaire de l'Académie de France à Rome, a brillamment continué le savant travail de Blouet, et nous espérons que les résultats de ses

* Architecture, Sculpture, Inscriptions et Vues du Péloponèse. Paris iSSi-Sg.

Fig. 551. — Gargoaille des Chéneaux du Temple de Zeus à Olympie.

recherches feront bientôt l'objet d'un ouvrage spécial. Ce sont les fouilles exécutées dans ces dernières années (1873 -1881) aux frais du gouvernement allemand qui, en rectifiant certaines

idées émises sur la foi de la description de Pausanias, ont permis de reconstituer le célèbre sanctuaire dans ses moindres détails avec une précision mathématique. Ajoutons à ce qui a été dit pages 46-50 que les chéneaux se terminent par des gargouilles de marbre en forme de

têtes de lion, très artistement travaillées (fig. 55ij 552). A chaque extrémité du fronton se dressait, en guise d'acrotère, un immense vase de bronze^ et au milieu la Victoire d'or offerte par les Lacédémoniens après la bataille de Tanagra. Les métopes de la frise extérieure ne portaient point de décoration plastique, mais elles étaient très probablement couvertes de peintures. Quant aux douze métopes intérieures, on en a trouvé de nombreux et précieux vestiges; il en est de même des bas-reliefs des deux frontons, de sorte qu'il est assez facile de se représenter^ dans son ensemble, toute cette superbe ornementation sculpturale (fig. 553 et 554).

Pausanias nous donne l'explication de ces bas-reliefs :

"Devant, dit-il, en parlant d'abord du fronton est, on voit Pelops se préparant à la lutte dans une course de chevaux contre Oinomaos (roi de Pisa, ville d'Élide); de chaque côté, les préparatifs d'une course à pied. La statue de Zeus est juste au milieu du fronton, à droite est Oinomaos, la tête couverte d'un casque, à sa droite sa femme Sterope, une des filles d'Atlas. Myrtilos, le conducteur du char d'Oinomaos, est assis

Fig. 552. — Gargouille des Chéneaux du Temple de Zeus à Olympie.

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devant les chevaux, qui sont au nombre de quatre. Derrière lui sont deux hommes; ils n'ont pas de nom, mais Oinomaos leur avait également confié la garde des chevaux. Du même côté est couché le Kladeos^ dieu fluvial^ que les Éléens vénéraient le plus après l'Alphée. A la gauche de Zeus est placé Pelops, puis Hippodameia, l'automédon de Pelops (Sphairos ou Killas) et les chevaux ; plus loin deux hommes^ éga- ^■ lement gardiens des chevaux g de Pelops; puis le fronton | se resserre et dans le coin | est représenté l'Alphée... Ce o fronton est l'œuvre de Paio- g

nios, originaire de Mendé ^ en Thrace. >• Le fronton op- g

posé est décrit par Pausa- g

nias de la manière suivante : ç

" C'est l'œuvre d'Alkame- |

nés, qui était contemporain

de Phidias et occupait la

seconde place dans l'art de

faire des sculptures. Dans

ce fronton est représenté le

combat des Lapithes contre

les Centaures aux noces de

Peirithoos. Au milieu est

Peirithoos; d'un côté Eu-

rytion qui enlève la femme

de Peirithoos et Kaineusqui

vole au secours de celui-ci; de l'autre côté Thésée repoussant les Centaures avec une massue.

Un Centaure enlève une jeune fille, un autre un jeune garçon...» Cette description a été reconnue inexacte sur quelques points : c'est ainsi, par exemple, que la figure du milieu n'est pas Pei-

rithoos, mais A-

pollon lui-même,

le père des deux

races qui luttent

entre elles : on le

reconnaît à son

visage, respirant

une robuste jeunesse, à ses grands ^^s- ssg. — Tête d'ApoUo

du Fronton ouest ses narmeS du Temple d'Olymple.

Fig. 555.

Tête de Femme Lapithe.

yeux,

dilatées, sa chevelure bouclée (fig. 556). C'est le dieu de la frise du temple de Phigalie. La fig. 555 représente une tête de Lapithe du même fronton. Les douze métopes intérieures, dont le champ mesure i",6o de hauteur, ont été énumérées par Pausanias; son témoignage joint

Fig. 557 et 558. — Métopes intérieures du Temple d'Olympie,

aux fragments, parfois très importants qu'on a retrouvés, a permis à MM. Treu et Griittner de reconstituer toute cette majestueuse composition dans laquelle sont racontés les douze travaux d'Héraklès, le fondateur des jeux olympiques. Nous reproduisons ici trois de ces métopes dont une est conservée au musée du Louvre.

LA GRECE

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Fig. 559. — Métope intérieure.

L'une (fig. 558) représente le demi-dieu allant au-devant d'une femme assise (sans doute Athèna) et rapportant le butin de sa chasse périlleuse contre ces monstres ailés d'Arcadie qu'on appelait les stymphalides. L'autre (fig, 55y), peutêtre le morceau capital^ nous montre le taureau de Crète dompté par le héros. Dans les dernières fouilles allemandes on a trouvé la tête de l'animal, qui manquait auparavant.

La métope de la fig. 559 représente le nettoyage des écuries d'Augias.

Il ne sera pas hors de propos de

rappeler à cette place que ces fouilles ont permis de mettre au jour i3o statues et bas-reliefs en marbre plus ou moins bien conservés, parmi lesquelles le magnifique Hermès de Praxitèle

(fig. 56o), sans compter environ i5oo fragments, presque i3,o'oo objets de bronze, 1000 terres cuites, 6000 monnaies et plus de 400 inscriptions de toutes sortes'.

Toutes ces richesses sont déposées dans un musée spécial édifié à Olympie même aux frais de M.

Syngros.

Chap. IV. — Dépendances des Temples grecs. — Parmi les autels d'aspect monumental dont il a été question page 67, il en est

Fig. 500. — L'Hermès de Praxitèle.

1 Voir Ausgrabungen ^u Olympia. — Die Funde von Olympia. — Bœtticher, Olympia, das Fest und seine Stâtte.

un qui mérite une attention particulière: c'est celui qui s'élevait sur l'Acropole de Pergame en Asie Mineure. Un seul écrivain ancien, Ampelius, lui consacre une courte notice. La superbe citadelle des Attalides avec tous ses sanctuaires a subi les outrages

Fig. 561. — Bas-relief de l'Autel de Pergame.

du temps et des hommes, comme tous les autres édifices de Pergame.

Çà et là on voyait sortir de dessous les décombres qui couvraient le plateau de l'Acropole, des fondations antiques en

blocs énormes^ des fragments de colonnes^ des chapiteaux, des architraves, des bas-reliefs, emmurés pour la plupart dans les for-

tifications de l'époque byzantine. Un architecte plein de talent et de sagacité, M. Cari Humann, a eu le bonheur inespéré de tirer du sein de ces ruines les précieux vestiges d'un immense

monument qui a une haute valeur artistique'. C'est sur cette Acropole, où la légende de Pergame place le berceau de Zeus, que le roi Eumènes II (197-159 av. J.-C.) fit élever, en souvenir de la victoire remportée sur les Galates, un autel triomphal décoré tout autour de bas-reliefs représentant la lutte des dieux avec les géants. La découverte d'un grand nombre de fragments de ces sculptures, de colonnes, de divers autres éléments architectoniques et des fondations a permis à M. Bohn de tenter une restitution de cet autel magnifique; nous la reproduisons à la figure 55o. Qu'on se figure un soubassement carré de 3i mètres de côté et d'environ 5™,20 de hauteur, et du côté sud un vaste escalier conduisant à la plate-forme. Au-dessus d'un socle de 2™j5o de hauteur se déroulaient, le long de ce soubassement, les différents épisodes de la gigantomachie. Ces bas-reliefs, mesurant i 35 mètres de longueur sur 2^,30 de hauteur, étaient couronnés d'une corniche proéminente. La plate -forme était bordée d'une stoa ionique ouverte en dehors, dont les colonnes avaient environ 2",35 de hauteur. Le mur plein encadrant la place où était situé l'autel était probablement décoré de bas-reliefs. L'autel lui-même dominait sans doute de beaucoup tout le portique. 94 plaques sculptées et de nombreux fragments ont été transportés à Berlin, où ils sont exposés au Musée des antiques. Notre École des Beaux- Arts possède un beau moulage d'un de ces bas-reliefs. Nous en donnons ci-contre quelques spécimens (fig. 56 1 et 562). L'Acropole d'Athènes continue d'être une mine inépuisable pour la curiosité des archéologues et des architectes. Le gouvernement hellénique y a fait pratiquer, dans ces quatre dernières années, sous la direction de M. Stamatakis, l'éphore général des antiquités, et de son successeur, M. Cavvadias, des fouilles qui ont amené des découvertes très intéressantes. C'est d'abord toute une série de statues archaïques d'une extrême importance pour l'histoire de la sculpture attique avant les guerres médiques. Ces statues, dont quelques-unes offrent des traces de polychromie, représentent des femmes, peut-être des prêtresses d'Athèna PoHas;

^ yo'ir Die Ergebnisse der Âusgrabungen ^u Pergamon. — Jahrbuch der k.-preuss. Kunstsammlungen, 1880.

LA GRÈCE. — ADDITIONS. ^3b

elles portent une longue robe^ une chemisette de fine étoffe^ et un himation. On y retrouve tous les caractères du type féminin tel que le concevait l'ancien art grec, et tel que nous le font connaître les statues d'Artémis trouvées à Délos par M. HomoUe*. Antérieures à l'invasion persique, ces statues datent du premier quart du V"^ siècle. Les fouilles de la société archéologique d'Athènes ont permis, en outre, de reconnaître quel pouvait être, avant l'invasion des Perses, l'état de l'Acropole d'Athènes. Il paraît prouvé que toute la partie du plateau de l'Acropole où s'élève l'Erechthéion a été nivelée par des remblais. Les constructions qu'on observe près de l'Erechthéion appartenaient à l'ancien temple d'Athèna Polias, construit en pierres calcaires, et détruit par les Perses. Cimon en fit niveler l'emplacement, et projeta la construction du Parthénon qui ne fut édifié que sous Périclès. Nous mentionnerons encore le fait suivant, qui fera peut-être revivre la question des propylées d'Athènes qu'on croyait définitivement résolue : après avoir détruit un mur de basse époque au sud-ouest des propylées, près du temple de la Victoire Aptère, on a constaté que le mur occidental de l'aile sud des propylées s'étendait beaucoup plus loin qu'on ne l'avait pensé jusqu'à présent.

Pendant les fouilles de 1882-83, on a trouvé dans l'Acropole un fragment d'un très vieux bas-relief avec des traces de peinture et ayant appartenu à un temple qui a dû être détruit pendant l'invasion des Perses. Il est en calcaire dur et figure d'une part la lutte d'Hercule avec l'hydre de Lerne, de l'autre Hercule et le Triton.

Ce sont les plus anciennes sculptures que l'on connaisse avant l'introduction du marbre dans la plastique grecque, c'est-àdire avant le milieu du sixième siècle. Le relief est faible et sec; mais l'insuffisance du modelé est compensée par la couleur. Ces bas-reliefs prouvent (et c'est là le point intéressant) que l'usage de décorer ainsi les frontons des temples était beaucoup plus répandu dans la haute antiquité qu'on ne le supposait généralement.

'■ Homolle, De antiqiiissimis Dianœ simulacris Deliacis, Paris, 1S87.

Ajoutons que la muraille turque voisine des propylées qui nuisait tant à l'effet extérieur de l'Acropole a été démolie^ ainsi qu'une grande citerne de l'époque romaine qui occupait l'angle nord-est des propylées.

Mais l'enceinte sacrée^ qui par l'ensemble de ses constructions comme par ses innombrables trésors artistiques de tout genre (v. p. 43i)j a contribué le plus, dans ces dernières années^ à enrichir le domaine de la science archéologique, c'est à coup sûr celle d'OIvmpie. La fig. 563 représente le plan des divers monuments situés dans l'intérieur et en dehors de l'Altis, tel qu'il était au moment des fouilles de 1879. L'enceinte sacrée, formant un rectangle irrégulier, enclave le temple de Zeus (Z), qui est placé à peu près au milieu. Elle est bornée au nord par le penchant de la colline du Kronion. Un mur de 180 mètres (A) et un autre d'environ i55 mètres [Ab) limitent l'Altis à l'ouest et au sud- la stoa de l'Écho (£"), qui mesure 97^^,80 de longueur, constitue sa limite à l'est. Le mur est coupé par trois portes : deux à l'ouest (.4 c, A d) et une au sud, qui fut remplacée plus tard par un arc de triomphe romain également disparu {Ad). Au nord du temple de Zeus on rencontre d'abord le Pelopion, sanctuaire de Pelops (P), qui est entouré d'un mur; on y accède à l'ouest par un portique, sorte de propylées. A droite se dresse l'autel principal de Zeus {Z d), à la place indiquée par Pausanias; les fondations découvertes à cet endroit constituent peut-être la ^rof/y^^f^ de cet autel gigantesque. Plus au nord encore, tout près de la muraille ouest de l'Altis, on se trouve en présence du temple rond {Ph), dit le Philippeion (p. 58, fig. 47); à l'est de celui-ci, tout contre la terrasse, est situé VHeraion (//), que nous avons décrit plus haut (p. 426), et plus à l'est encore le petit temple dorique de la mère des dieux, le Metrôon (M). Le Prytaneion des Éléens {Pr) forme la limite nord-ouest de l'Altis : c'est là qu'était la grande salle à manger où venaient se restaurer les vainqueurs des jeux olympiques ; en face brûlait le foyer sacré (IffTi'a TtôXeioç), dont la cendre mouillée avec l'eau de l'AIphée servait, suivant l'antique usage, à nettoyer tous les ans l'autel de Zeus. Malheureusement le prytaneion grec a été reconstruit à l'époque romaine; on a cependant mis au jour une grande salle

(peut-être la salle à manger) et plusieurs autres pièces. Cette salle s'ouvre avec une colonnade du côté de la cour où se trouvait sans doute le foyer sacré. — Maintenant^ si nous longeons le Kronion de l'ouest à l'estj nous rencontrons une terrasse garnie de constructions et qui^ adossée contre le flanc de la colline, était protégée par un mur de soutènement contre l'éboulement des terres. Un chemin étroit tracé entre la terrasse et l'Heraion nous conduit d'abord à l'exédra d'Hérode Atticus (Ex), superbe édifice orné de statues des membres de la famille de ce rhéteur et de celles de la famille impériale. L'exédra contenait un bassin très profond ; l'eau, amenée à grands frais de la vallée supérieure de l'Alphée, était en même temps distribuée à la ville d'Olympie, qui en était mal pourvue. Deux petits temples ronds, ouverts, consacrés sans doute à Marc-Aurèle et à Faustine, s'élevaient aux extrémités du mur ceignant le bassin, lequel était orné par devant d'un taureau en marbre dont on a retrouvé le torse; cette œuvre d'art, ainsi que l'indique une inscription, a été commandée par Annia Regilla, la femme d'Hérode Atticus. — A cette construction se rattachent en une série non interrompue, jusqu'à l'angle nord-est de l'Altis, les trésors énumérés par Pausanias. Les fondations et plusieurs fragments architectoniques retrouvés permettent de reconstruire quelques-uns de ces trésors, notamment ceux des Sicyoniens et des Mégariens : ils nous fournissent des documents précieux pour l'histoire de l'ancienne architecture grecque. En dessous du trésor des Mégariens est placée une construction, sorte de propylées {S t a), qui conduisait à une galerie voûtée par laquelle passaient les juges et les concurrents pour se rendre dans le stade. Si nous quittons ici le peribolos, nous rencontrons immédiatement le stade {S t), orienté de l'ouest à l'est et qui n'a été déblayé qu'en partie; au sud est l'hippodrome dont il a été question p. i6o. Plus au sud encore on trouve un édifice octogonal en briques (O), sur la destination duquel on n'est pas encore bien fixé, et au sud de la stoa de l'Écho un autre édifice romain également en briques, composé d'un atrium, d'un lablinum et d'un péristyle avec plusieurs salles contiguës; le tout repose sur le stylobate d'une construction dorique plus ancienne. C'est peut-être là le quartier général mentionné par Pausanias,

OÙ le gouverneur romain de l'Achaïe descendait pendant les jeux olympiques : une inscription qu'on y a trouvée indique que ce monument a été construit au-dessus d'un autre plus ancien^ lequel avait été bâti par l'Éléen Léonidas ; de là son nom de Leonidaion [L). Si, en sortant d'ici, nous longeons la route de la procession, nous arrivons au houleiitèrion des Eléens(5zi), qui sera décrit plus loin (p. 445, fig. 565). Au sud de celui-ci on a découvert un portique à deux nefs [Sa), dont les colonnes sont ioniques à l'extérieur, corinthiennes à l'intérieur. Comme Pausanias ne mentionne point ce bâtiment, on ne peut lui donner un nom, pas plus qu'à une autre construction rectangulaire située au sud-ouest, pourvue d'un portique intérieur et contenant des vestiges de plusieurs bassins. Enfin, dans la plaine qui s'étend entre la muraille ouest de l'Altis et le Kladeos, on rencontre, indépendamment de nombreuses substructions, d'abord : au sud une église byzantine {K), élevée sur les ruines d'une construction antique; on a prétendu que c'était l'atelier de Phidias, mentionné par Pausanias; au nord le gymnase (G) dont il a été question à la page 148 '.

L'Altis était remplie d'une quantité incroyable d'autels et d'offrandes. Nous en avons la preuve non seulement dans le témoignage de Pausanias, mais encore dans les nombreux socles qu'on a trouvés sur place ; sur quelques-uns sont encore inscrits les noms des statues qu'ils supportaient {Al, B). Il convient de signaler d'une manière toute particulière seize de ces socles situés au pied de la terrasse des trésors, entre le Metiôon et l'entrée secrète du stade. C'étaient les supports d'autant de statues de Zeus ou, comme disaient les Éléens, de Zanes {Z b). Elles étaient élevées au moyen d'amendes dont on frappait les concurrents qui transgressaient les lois du combat. Citons aussi, dans le voisinage du temple de Zeus, une Victoire montée sur une base triangulaire, œuvre de Paeonios de Mendé et offrande des Messéniens.

1 II est de notre devoir de constater que cette reconstitution partielle de l'enceinte sacrée d'Olympie, reprpduite ici d'après la dernière édition allemande, n'est pas à l'abri de toute critique. Quelques savants architectes (M. Laloue en particulier) prétendent qu'elle renferme bien des inexactitudes et même des impossibilités matérielles.

Chap. V. — Murs de Défense^ etc. — Les fouilles de Mycènes^ de Troie et de Tirynthe, qui ont illustré le nom de M. Schliemann^ nous ont renseignés d'une manière plus précise sur l'architecture défensive des peuplades qui ont habité le sol de la Grèce et de l'Asie Mineure avant l'histoire. Nous savons maintenant que les plans des forteresses qui gardaient ces trois cités estj à peu de chose près, identique. Toutes les trois sont établies sur une éminence rocheuse ; mais, tandis que Tirynthe et Troie s'élèvent dans la plaine, la première à 26 mètres seulement, la seconde à 40 mètres au-dessus du niveau de la mer, Mycènes se dresse, citadelle superbe, à une hauteur de 277 mètres. Tirynthe semble n'avoir eu pour objet que de défendre la résidence d'un prince, comme les castels du moyen âge. Plantée sur une crête de terrain qui va du nord au sud et qui mesure 3oo mètres de longueur sur environ 100 de largeur, cette place forte se compose de trois parties bien distinctes : dans la partie septentrionale, un peu basse, la citadelle inférieure encore inexplorée, dans la partie méridionale la citadelle supérieure ; entre les deux la citadelle moyenne. On suppose que la citadelle supérieure, ceinte d'une double muraille, contenait le palais du roi; la moyenne aurait été réservée aux gens de service, et toute la partie inférieure aux écuries et aux magasins de provisions. Dans certains endroits, les murailles conservées ont encore i mètre de hauteur.

Il est difficile d'assigner un âge précis à ces constructions massives que la légende attribuait aux Cyclopes. M. Schliemann croit qu'elles sont l'œuvre de colons phéniciens. Du reste, audessus des ruines qui remontent à un âge préhistorique très reculé, on a trouvé des vestiges d'une architecture plus récente, aussi bien à Tirynthe qu'à Mycènes et à Troie. Faut-il en conclure, avec quelques archéologues, que ces cités ont été anéanties à un moment donné, dans un bouleversement tel que la civilisation primitive disparut complètement pour faire place à une civilisation absolument différente ? Cette dernière, importée avec l'invasion dorienne, se serait implantée sur le sol de la Grèce environ un siècle après la guerre de Troie, c'est-à-dire vers 1 100 av. J.-C. Il est certain toutefois que les plus grossières des

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constructions dont il s'agit sont antérieures à cette guerre et que les plus parfaites sont, tout au plus, ses contemporaines.

Fig. 5(54. — Le Mégaron de Tirynthe.

Chap, VI. — Habitation. Trésors. — La demeure antique des rois ne nous était connue jusque dans ces dernières années

que par la description que nous en a laissée Homère (voy. pp. i o i et 102). Grâce à ses fouilles de Tirynthe, M. Schliemann a jeté un peu plus de lumière sur cette partie importante de l'architecture préhistorique de la Grèce*. On a constaté ici les traces de trois corridors, de onze pièces voûtées et d'un escalier dont plusieurs degrés se sont encore conservés. L'entrée de la citadelle était flanquée de deux tours. Après avoir passé une première cour, on arrive aux grands propylées^ dont les vestibules sont ornés de deux colonnes in antis. Ensuite, après avoir traversé une cour très vaste, on rencontre des propylées plus petits^ au delà desquels est située la grande cour intérieure entourée de portiques; ici s'élevait, sans doute au milieu, l'autel de Zeus Herkeios. Au nord de cette cour est l'habitation des hommes, dont la pièce principale est le megaron (fig. 564). Il occupe le point culminant de la citadelle et ses murs sont plus épais que ceux de toutes les autres salles; sa superficie dépasse 1 15 mètres; elle est donc supérieure à la surface des cellœ de la plupart des temples grecs. Au centre se trouvait le foyer circulaire entouré de quatre colonnes qui supportaient probablement une construction basilicale; celle-ci distribuait la lumière par des ouvertures supérieures et latérales et laissait passer la fumée de l'autel. Tout le pourtour du foyer était recouvert d'un pavement calcaire qui semble avoir été coloré de teintes diverses. Le gynécée^ situé à l'est de l'habitation des hommes, n'est qu'une copie réduite de celle-ci. Tous les murs intérieurs étaient revêtus d'un crépi d'argile sur lequel on avait étendu un enduit de chaux : là-dessus étaient exécutées des peintures aljresco, dont il reste encore des spécimens, assez bien conservés, notamment dans la salle des bains. Ces peintures, où l'on n'a remarqué que cinq couleurs : le blanc, le noir, le bleu, le rouge et le jaune, représentent des dessins d'ornement, des figures d'hommes et d'animaux.

Chap. Vil. — Tombeaux et Monuments funèbres. — L'architecture funéraire de la Grèce a sollicité l'attention de nom-

1 H. Schliemann. Mycènes. — Paris. — Du même auteur, Tirynthe. Paris.

breux archéologues dans ces dernières années; les fouilles de Mycènes, en Argolide^ et celles de Myrina sur la côte de l'Eolide, en Asie Mineure', nous ont apporté des renseignements nouveaux et très précieux pour l'histoire de l'art sur la construction et sur l'aménagement intérieur des tombeaux grecs. A Mycènes on a découvert des tombes dites en puits, surmontées d'une terrasse peu élevée et ornée de stèles. Cette sépulture^ toujours respectée, malgré les agrandissements successifs de l'Acropole, serait, suivant M. Schliemann, la sépulture de la famille des fondateurs de la citadelle, par conséquent des Persides (du nom du héros Persée). Les tombes dites royales de l'intérieur de l'Acropole sont très imposantes; on y a trouvé tant de richesses artistiques % qu'elles ont dû renfermer la dépouille mortelle de plusieurs personnages de distinction. Mais les plus remarquables sont les six tombes en coupole (Jtholoi) qu'on ne trouve nulle part ailleurs que sur le sol de la Grèce, et que l'on avait longtemps considérées comme des trésors, sur la foi de Pausanias, qui les appelle trésors des Atrides. Ce sont des hypogées précédés d'un portail auquel conduit un chemin (dromos) de 3 mètres, resserré entre deux murs de pierre polie. C'est par ce portail seul que la lumière pénètre dans l'intérieur de cette construction ronde dont les parois se rétrécissent de bas en haut par encorbellement. On ne peut guère admettre sans réserve l'opinion de M. Schliemann, d'après laquelle ces tombeaux seraient ceux d'Agamemnon et de ses infortunés compagnons. La chambre sépulcrale creusée dans le roc n'a pas moins de 6™,5o carrés de superficie; la pierre des parois intérieures est très bien polie; on y a remarqué les traces de deux frises en bronze doré. La pierre interne du linteau de la porte pèse 122,000 kilogrammes, six fois plus que le plus gros bloc de Tirynthe, ce qui atteste la puissance des moyens mécaniques dont disposaient déjà les architectes de ce temps. Ce linteau était artistement décoré. Quant à la surface extérieure, elle portait en haut un revêtement de marbre blanc, rouge et vert, dont on

1 E. Pottier et Reinach. La Nécropole de Myrina. — Paris.

2 Beaucoup d'objets en or massif, tels que masques funéraires, coupes, couronnes, plaques travaillées au repoussé, etc.

conserve quelques fragments dans les musées d'Athènes^ de Londres et de Berlin. Parmi les autres tombes récemment étudiées, il ne faut pas oublier celle d'Orchomène, en Béotie, où aurait été inhumé le poète Hésiode. Pausanias l'avait visitée comme les "trésors des Atrides » de Mycènes. De son temps cette tombe était encore bien conservée. Voici comment il la décrit : "Le thesauros de Minyas (fondateur présumé de ce monument), chef-d'œuvre qui n'a son pareil ni en Grèce ni nulle part ailleurs, est tout en pierre; sa forme est ronde, mais son toit ne se termine pas complètement en pointe; la dernière pierre constitue son couronnement. .. M. Schliemann a constaté que ce tombeau avait à sa base inférieure à peu près le même diamètre que ceux de Mycènes (i5 mètres). Les huit assises inférieures, faites de blocs de marbre noir très bien poli, sont seules en bon état; les assises supérieures ont été malheureusement démolies, au neuvième siècle de notre ère, pour servir à la construction d'une église voisine. Ici également on a trouvé des traces d'un revêtement de bronze. La façade de cette sépulture était très ornée; le plafond sculpté en forme de tapis, de fleurs et de rosaces, rappelle les modèles égyptiens importés sans doute par l'intermédiaire des Phéniciens.

Un tholos, tout récemment découvert au village de Menidi, en Attique, ressemble beaucoup aux tombes de Mycènes et d'Orchomène, bien qu'il soit construit en blocs grossièrement équarris. Ici également un dromos de 28 mètres environ mène à une chambre sépulcrale, construite en encorbellement, où l'on a découvert quantité d'offrandes précieuses qui sont analogues aux trouvailles de Mycènes, c'est-à-dire appartiennent à une période où l'art grec n'a pas encore dépouillé le caractère oriental. A la même catégorie de monuments tumulaires appartient un tombeau découvert dernièrement au village de Spata, en Attique, bien qu'il ne soit pas en coupole. II se compose de trois chambres reliées par un dromos. Les objets qu'il renfermait remontent aussi à la plus haute antiquité.

Tous ces monuments datent d'une époque où l'influence de l'Asie occidentale était encore prépondérante sur le sol de la Grèce et qui a précédé de plusieurs siècles la civilisation grecque proprement dite. Les Grecs ont trouvé ces tombes chez eux en

même temps que les murs cyclopéens; il est donc tout naturel qu'ils aient rattaché leurs légendes héroïques à ces constructions, dont l'origine se perdait dans la nuit des temps.

Parmi les monuments funéraires qui ont fait l'objet de recherches récentes, il faut aussi signaler les tombeaux lyciens. Dans l'ouvrage qui contient l'exposé des découvertes faites en Lycie et en Carie par la mission autrichienne que dirigeait M. Benndorf, ce savant a consacré une étude d'ensemble aux tombeaux de la Lycie*. Bien qu'elles appartiennent en propre à l'Asie Mineure, ces formes de tombes n'en ont pas moins subi les influences helléniques; on en peut suivre le développement, depuis les tombeaux à façade de pierre creusés dans le roc, reproduisant les éléments essentiels de la maison lycienne construite en bois, jusqu'à ceux, d'époque plus récente^ qui montrent l'application des formes architecturales de la Grèce. Dans les tombeaux en forme d'hérôon, comme celui de Gjôl-baschi, la décoration sculpturale trahit une influence grecque très accusée, à côté de conceptions qui relèvent encore de l'art oriental.

Chap. VIII. — Les Lieux publics. — Le bouleutèrion (pooXsu- Tïipiov) était un lieu de réunion intermédiaire entre le gymnase réservé aux exercices corporels et l'agora où se traitaient les questions d'État. C'était là que s'assemblaient de préférence les commerçants pour délibérer sur leurs affaires. Pausanias nous a signalé le bouleutèrion d'Olympie placé au sud^ mais en dehors de l'Altis. Lors des dernières fouilles on en a découvert les substructions qui, jointes à des fragments retrouvés dans une muraille byzantine, ont permis d'en reconstituer le plan (fig. 565, voy. fig. 563). Ce sont deux salles oblongues (l'une au nord, B, mesurant ai"", 59 x io"',82, l'autre au sud. A, ayant 22"" x 1 1'",02); chacune est limitée à l'ouest par une abside demi-circulaire que sépare de la salle un mur transversal. Une colonnade médiane, qui était probablement destinée à supporter le toit, divise chaque salle en deux nefs d'égale grandeur. Entre ces

1 Reisen in Lykien und Karien, par O. Benndorf et G. Niemann. — Vienne

deux salles, qui appartenaient probablement à la première moitié du cinquième siècle av. J.-C, est située une construction beaucoup plus récente (C) qui avait 40 pieds olympiques de superficie. Au milieu une colonne soutenait la toiture. Une stoa de 4i'™j36 longeait à l'est ces trois constructions; elle a été complétée à l'époque romaine par un portique (E) en forme de trapèze. Adler pense que la salle sud était au début un local réservé aux délibérations des Éléens; les absides auraient servi de dépôt pour le trésor en argent monnayé du temple de Zeus.

La construction de la salle nord a peut-être été motivée par l'extension des affaires.

On suppose que dans la construction centrale se dressait la statue de Zeus Horkios, devant laquelle les concurrents qui allaient entrer en lice Juraient d'observer les lois du combat. La découverte du bouleutèrion d' Olympie est importante en ce sens que jusque-là on ne connaissait de monuments de ce genre autres que ceux de l'époque romaine ou chrétienne primitive.

Fig. 565. — Plan du Bouleutèrion d'Olympie.

Chap. XI. — Les Ustensiles. — Si l'archéologie a fait dans ces dernières années des conquêtes extrêmement importantes au point de vue de l'architecture préhistorique de la Grèce, elle s'est enrichie bien plus encore par la découverte d'une quantité considérable de vaseSj de coupes, de gemmes j d'intailles^ d'objets de toutes sortes en argile ou en métal. Ces trouvailles éclairent d'un jour nouveau les origines très obscures encore de l'histoire de l'art grec. Il est à peu près établi aujourd'hui, grâce aux fouilles d'Hissarlik (Troie homérique?), de Mycènes et de Ti-

rynthe, de l'ile de Chypre, de Spata^ de Menidi en Attique, etc., que la civilisation grecque n'est pas, comme le croyait ^^'inckelmann, par exemple, une plante poussée dans une terre absolument vierge. Il est certain que ces peuplades disséminées dans tout le bassin de la mer Egée ont été précédées, plusieurs siècles avant la guerre de Troie, par une race autochtone à demi-barbare, si l'on en juge par les vestiges de son industrie, découverts à Santorin (Cyclades), dans la première cité troyenne et à Tirynthe. Plus tard, à une époque qu'on ne saurait rigoureusement préciser, l'influence orientale vient se mêler à ces éléments grossiers

Fig. 566. — Vase de la Colonie primitive de Tirynthe.

d'une industrie rudimentaire *. Ce mélange est très sensible dans les produits du temps d'Homère-, dans ceux de Mycènes et de Spata. Ce n'est qu'après cette longue période de tâtonnements

^ Voy. Milchhœfer, Die Anfœnge der Kiinst in Griechenland. Leipzig, i883. — Cet ouvrage est d'un intérêt considérable pour quiconque veut étudier les origines de l'art grec. Bien que l'auteur semble avoir adopté l'idée très contestable aujourd'hui de Winckeimann et d'Ottfried Mûller sur l'originalité absolue de cet art, même à ses débuts, et d'autres idées non moins discutables, son travail s'est imposé à l'attention du monde savant par l'étendue des connaissances dont il témoigne et par la recherche très sincère de la vérité.

- Voy. Helbig, Das Homerischc Epos. — Leipzig. 18S4.

que l'art grec se dépouille de tout ce qu'il avait emprunté à ses voisins pour revêtir, vers la fin du septième siècle^ une forme toute particulière et se révéler dans tout l'éclat de sa beauté incomparable.

Il est facile de suivre, dans la céramique, les différentes phases de ce développement. Nous savons maintenant que les poteries grecques les plus anciennes sont les vases trouvés à Santorin, sous la pouzzolane. Ils imitent en général et d'une manière très grossière la forme humaine et sont décorés d'ornements empruntés au régne végétal. Nous avons reproduit à la figure 566 le dessin d'un petit vase de la colonie primitive de Tirynthe qui doit

dater à peu près de la même époque que les poteries des Cyclades. De forme conchoïdale, fabriqué à la main, il est en argile rouge jaunâtre.

Il est muni de chaque côté de la panse d'une oreille percée de deux trous perpendiculaires. Excepté à Troie (où l'on en trouve un grand nombre dans les ruines de la première ville), ces vases à saillies latérales verticalement perforées sont partout très rares. Le Musée national d'Athènes n'en possède qu'un; il y en a trois dans la petite collection de l'Ecole française d'Athènes, où ils ont été apportés de l'île de Théra. Un grand nombre de vases et de jattes retirés des ruines du palais de Tirynthe, faits à la main, appartiennent à cette catégorie de la plus haute antiquité : ils sont faits d'une pâte mal épurée d'un gris jaune ou rouge, d'autres sont en argile noire ou bien teints en vert clair et mat. Il faut évidemment attribuer à une époque un peu plus récente les poteries faites au tour, telles que, par exemple, l'assiette reproduite en demi-grandeur à la figure 567. De même la coupe à pied représentée à la figure 568. On en a trouvé des quantités considérables à Tirynthe et à Mycènes. Elles sont en argile tantôt rouge sombre, tantôt jaune clair ou simplement blanche.

Fig. 567. — Vase plus récent de Tirynthe.

Dans les tombes di Mycènes on a découvert cinq coupes de cette forme en or massif.

Les poteries dites du style géométrique constituent une autre catégorie extrémsm^nt importante. Leurs formes sont variées; on y rencontre l'amphore, la cojpe, l'œnochoè^ etc. L'ornementation consiste en zones circulaires, composées de lignes horizontales et verticales^ de triangles, de cercles^ de méandres, quel, quefois de figures d'hommes et d'animaux grossièrement dessinées. On en a trouvé beaucoup dans les couches les plus profondes de l'Acropole d'Athènes, à Mycènes, à Hissarlik, à Spata. D'autreSj existant surtout à Tirynthe, portent sur la panse deux larges bandes horizontales auxquelles correspond une troisième bande sur le bord supérieur.

L'intervalle entre ces bandes est rempli par de grosses lignes verticales entre lesquelles sont placés des motifs arrondis (fig. 56g et 570). On a cru voir dans cette ornementation les triglyphes et les métopes du style dorique. Ces vases du style géométrique sont-ils des produits purement grecs, de fabrication arienne^ exempte de toute influence de la Phénieie, de l'Egypte et de l'Assyrie? Ou bien doit-on y reconnaître les traces de l'industrie orientale? Les avis sont encore partagés sur ce point; cependant la dernière opinion paraît la plus plausible*.

Viennent ensuite les poteries plus perfectionnées, répandues

Fig. 5G8 — Vase plus rc'cent de Tirynthe

^ Voy. la communication de M. Albert Dumont à la se'ance du 16 mars i883 de l'Académie des Inscriptions. — Rev. arch. 3« série, t. I, p. 220.

dans tous les coins de la Grèce et dont l'ornementation, empruntée au règne végétal et animal, est visiblement inspirée de l'Orient.

Peu à peu des représentations des divinités helléniques, puis des personnages mieux dessinés et des inscriptions s'ajoutent à ces motifs de décoration orientale. Enfin arrivent les vases à peintures noires sur fond rouge, produits d'une fabrication essentiellement grecque qui se développera très rapidement (voy. p. 199) *.

Fig. 569.

Fragment de poterie du style géométrique.

Chap. XIII. — La Vie et les Occupations des Femmes.

L'art de la tapisserie dans l'antiquité a été récemment encore l'objet de nombreuses et savantes recherches. Nous ajouterons donc quelques mots ici sur la construction des métiers*. Dans l'ancienne Grèce, le métier vertical (tcTÔç opOio?, tela pendilla) était bien plus répandu que le métier horizontal.

^ Histoire de la Céramique grecque, par MM. O. Rayet et M. CoUignon. — Pour la peinture de vases avant les guerres médiques, voir l'ouvrage de MM. A. Dumont et Chaplain, dont les derniers fascicules ont été publiés par M. Pottier : Les Céramiques de la Grèce propre, Paris.

^ Hugo Blûmner. Technologie und Terminologie der Gewerbe und Kïinste bei Griechen und Rômern. — De Ronchaud. La Tapisserie dans l'Antiquité. Paris. — Eug. Mûntz. La Tapisserie, p. i8-53. Paris.

Fig. 570.

Fragment de poterie du style géométrique.

LA GRECE

ADDITIONS

Homère ne mentionne que celui-là : les Orientaux^ les Égyptiens et les Romains s'en servaient presque exclusivement à l'origine. Une peinture reproduite d'après un skyphos trouvé à Chiusi (fig. 571) nous donne une idée générale de la construction du métier vertical. Ce skyphos est un des rares vases antiques qui représentent des instruments de ce genre. On voit ici Pénélope assise devant un métier où l'ouvrage est commencé; elle est

Fig 571. — Peinture de vase représentant un métier de tapisserie vertical.

plongée dans la douleur et semble écouter un discours de Télémaque qui est debout devant elle.

Le métier qui^ dans son ensemble^ rappelle beaucoup celui des Gobelins de nos jours, se compose de deux montants verticaux (bTOTTooîÇj xe)iovT£ç), terminés en pointe à l'extrémité inférieure. Ces montants sont reliés en haut par une barre transversale. A une autre traverse (cylindrique sans doute), placée un peu plus bas et au second plan^ sont attachés parallèlement les fils de la chaîne ou lisses (oTr^u-cov, stamen); ils sont fortement tendus au moyen de petites pierres perforées ou de poids d'argile coniques

((xyvuOeç, Xsîai, pondéra). L'attache des lisses n'est pas visible sur notre peinture^ car l'artiste a représenté la partie déjà terminée de la tapisserie (ornements linéaires, figures d'hommes et d'animaux ailés), enroulée autour du cylindre. D'autres cylindres placés de distance en distance semblent avoir eu pour but de maintenir le tissu sur un plan parfaitement vertical. On ne saurait dire au juste quelle était la destination des boutons et des vis qu'on aperçoit sur la traverse supérieure; peut-être servaient-ils

Fig. 572. — Leçon de musique.

à maintenir l'ouvrage une fois entièrement achevé et déroulé. Voilà pour la disposition du métier. Voici maintenant quel en était le mécanisme probable. Afin de faire passer la trame, c'està-dire les fils horizontaux (jcpoxr,, subtemen) dans la chaîne, les fils pairs de celle-ci étaient consolidés sur un roseau ou cylindre (bâtons de croisure), les fils impairs sur un autre roseau (xavwv, xâXa[Aoç, ariindo); l'ouvrière tirait alternativement à soi chacun de ces deux cylindres, et jetait à travers la chaîne soit l'aiguille, soit la broche chargée de fils de couleur (xEpxi'ç, radius, pecten, xpoxr,v otayeiv, SiotpaÀXeiv, xEpxîteiv, subtemen inserere). Puis on tassait les fils avec un petit instrument de bois appelé cTtaôr) (spatha), suivant

LA GRECE

ADDITIONS

qu'on voulait obtenir un tissu plus ou moins solide'. Le métier horizontal^ qui paraît avoir été inventé en Egypte^ s'est propagé de là dans tout l'Occident. Il est probable qu'il était à peu près analogue à nos métiers d'aujourd'hui; mais nous ne sommes pas suffisamment renseignés sur sa construction, les termes techniques qu'on rencontre chez les écrivains anciens étant fort difficiles à expliquer.

Fig. 573. — Leçon de grammaire.

Chap. XIV. — Éducation et Instruction. — Nous croyons qu'il sera très intéressant et utile pour l'intelligence du texte de reproduire ici (fig. 572 et SjS), d'après une kylix du musée de BerliUj une peinture signée de Douris et qui représente l'enseignement élémentaire de l'écriturej de la déclamation et de la musique donné dans une salle d'école (oioaaxaXeiov). Un jeune garçon appartenant, si l'on en juge par son himation blanc, à la meilleure société d'Athènes, est debout devant son maître qui semble

1 On lira avec intérêt tout ce qui se rapporte à la technique de la tapisserie dans l'ouvrage cité plus haut de M. Eug. Mûntz, p. 349 et suiv.

examiner et corriger l'écriture de son élève^ tracée sur un triptyclion avec un stylet. Dans le groupe de gauche nous assistons à une leçon de double flûte (fig. 572). Du côté opposé de la coupej l'artiste a peint deux autres groupes que nous donnons en partie (fig. 573): un maître d'un certain âge déroule devant son élève un rouleau sur lequel sont tracées les premières lignes d'un hymne; tout à côté un éphèbe prend une leçon de lyre. On voit en outre deux pédagogues^ dont les fonctions consistaient^ comme

Fig. 574. — Athlètes armés de \iiO.'./a:.

on sait, à accompagner et à surveiller les jeunes gens confiés à leurs soins; ils sont reconnaissables à leurs bâtons recourbés.

Chap. XV. — Exercices corporels. — Le vêtement de la main des athlètes dit [i-zùd/i (p. 3 18), consistant en une courroie flexible enroulée autour du poignet et laissante découvert toute la main, est assez nettement représenté dans le dessin de la fig. 574 que nous plaçons dans cette nouvelle édition, d'après une peinture de vase. Les effets de cette armature étaient certainement bien moins terribles que ceux des gantelets et brassards reproduits fig. 427 et 428. Ils devaient occasionner des bosses, mais point de blessures sanglantes.

LA GRECE

ADDITIONS

Chap. XVII. — Fêtes, Cérémonies. — La frise du Parthénon représente les fêtes solennelles des Panathénées que nous avons décrites p. 409 et 410. Les groupes dont elle se compose, pris séparément^ ne semblent avoir, à première vue, qu'un lien très faible entre eux; cependant il y a dans cette composition une idée

Fig. 575. — Fragment de la friae du Parthénon.

directrice sur laquelle les avis des archéologues sont très partagés'. Dans la première édition de ce livre nous avons cité l'opinion de G. Bœtticher, qui ne voit dans ces admirables bas-reliefs que des préparatifs à la fête proprement dite. Flasch, qui est un des plus récents commentateurs de ces sculptures, les considère, au contraire, comme la représentation de la procession solennelle

1 Voy. Michaélis, Der Parthénon. — De Ronchaud, Au Parthénon. — Max. Collignon. Phidias. — A. Flasch, Zwn Parthenonfries.

elle-mêmej telle qu'elle se déroulait dans toute son étendue jusqu'à son entrée dans l'Acropole, où doit se faire le sacrifice. Les jeunes filles qui marchent en tête du cortège, avec les ustensiles du sacrifice, semblent déjà être arrivées à la porte du temple. Des hommes, chargés de l'ordonnance du sacrifice, s'approchent d'elles, pendant que d'autres groupes d'hommes, causant entre eux, paraissent attendre la suite du cortège qui s'avance lentement à travers le chemin sinueux de la colline de l'Acropole. Toute cette procession est traitée avec une finesse et une maestria artistique vraiment merveilleuses.

Ici, dans une attitude pleine de noblesse, les femmes et les jeunes filles portant les objets sacrés; là les animaux destinés à l'hécatombe et conduits par des jeunes gens; d'un côté des éphèbes portant des vases de vin et des corbeilles de gâteaux ; de l'autre, les autorités de la ville et les citoyens, les citharèdes et les aulètes. Chaque groupe est précédé d'un maître de cérémonie. Et au milieu de tout cela, des cavaliers en longues files, vêtus de costumes civils et guerriers, tantôt rangés et galopant déjà, tantôt occupés à maîtriser leurs coursiers qui se cabrent. Des biges et des quadriges, dont les conducteurs ont peine à maintenir les chevaux fringants, ont déjà pris leur place dans le cortège. On est en train d'atteler les autres qui restent au repos et n'attendent qu'un ordre pour se joindre au cortège. Toute cette foule si variée se dirige vers le sanctuaire de l'Acropole, où doit avoir lieu la cérémonie religieuse. Une prêtresse et un prêtre ont déjà commencé ici leurs préparatifs : la première reçoit des mains des

Fig. 576. — Fragment de la frise du Parthënon.

jeunes filles les sièges d'honneur; le second tend à un jeune homme son himation plié et se met en devoir d'accomplir le sacrifice. Dans l'espace libre, au milieu de tout ce peuple et des prêtres assemblés, les dieux eux - mêmes sont venus se placer pour jouir de ce magnifique spectacle (figures 575, 576, 578).

Chap. XVII. — Funérailles. — Nous ajoutons à notre nouvelle édition le dessin de la partie centrale d'une peinture qui décore une amphore de Canusium (fig. 577). Cette peinture retrace une scène des funérailles de Patrocle, bien qu'elle ne soit pas entièrement conforme à la description de l'Iliade. Au milieu est le bûcher dont la base en bois porte l'inscription nATPOKAOY TA<I>02. Sur le bûcher, au lieu du corps

de Patrocle, sont posées ses armes : d'un côté, le gyalothorax^ de l'autrCj le linothorax; au milieUj le casque orné de plumes; en bas, appuyés contre le bûcher^ le bouclier décoré d'une tête de gorgone et les jambières. A gauche du bûcher^ Achille saisit par les cheveux un des douze jeunes Troyens pris dans les flots du Scamandre et qu'il avait désignés comme victimes expiatoires pour la mort de son ami. Il tire son glaive et s'apprête à le frapper mortellement : le même sort attend trois autres jeunes gens assis par terre, les mains enchaînées. A droite, un guerrier de haute taille, que son armure signale à notre attention comme étant un prince achéen, verse d'une coupe du vin rouge dans les flammes du bûcher. Ce personnage doit être Agamemnon, et la femme à demi-voilée, suivie d'une servante, est probablement Briseïs.

Fig. 578. — Fragment de la frise du Parthénon.

TABLE ALPHABÉTiaUE

Figures Pages

lo, II Abaque (a|5a?, abacus) . i3

â/iTwv 226

Achille (tombeau d'). . 118, 414

63, 64 Acropole d'Athènes . 77, 434

21, 22 Acrotères (à/.pojTrJp-.ov). . 19

93 Acte (péninsule à") . . . . 96

Adilus 396

Adler 144

20 'AcT^; àstojaa 19

461 àYxûXr) {ammentum) .... 344

Agnaptos (portique d" . . 161

àyôjv yju.vtxô; 320

àyàjv iT.-'.v/j^ 320

Agonistique 3o3

Agora i5i

Agrigente (temple d') . . . 40

Ajax (tombeau d') 118

aTOouaa aùXî); loi

aTOouTa ôcuiiaTo; loi

ày.(5v-'.ov 348

Akragas 218

àzpât'.jaa 38l

ay.pa-ov 382

àXàjjaoTpûv 210

361 Aidobrandines (noces,. . . 273

àî.c'.rtT^p'.ov 273

Figures Pages

àXcÎTmr,? 3l2

Alkaménès 429

Alphée (!'; 97

Altis (bois sacré d') . . . . 58

495 aiiaÇa SSy

469, 460 Amazones .... 342, 343

'AtjL'ipYtva (Ta) 235

Ampelius 432

307 à[i-£y ôv'.ov 23 1

àtji^'.opoa'.a 277

237 âjjLÇopî'J; 207

Anabates (àva|îi-:r,;) .... 324

Anactoron 65

Anathèmata 40

5oi à :o6 Ancres 369

André 33

Andronicus de Cyrrhos . . i55

àvopor/tT;; ic8

10, Il Anneiets (annuli) .... i3

Annia Regilla 438

«vTripîOc; 367

17 Antes (antac, -apajTaoa:) . . 17

Antipater 218

429 ov-viÇ 355

495 à^lvr, 357

a-yXajTov 366

Figures Pages

45, 46 Aphrodisias (temple d'). 56

'A<ppo8;Tr) (au jeu de dés). . 388

à-ûô'jTr(p!ov 147

41, 42, 43 Apollon Didyméen

de Millet (temple d'). . . 52

à-6£pa?tî ^25

à'itâsç 355

Aqueducs q4

487 Arc (T^bv) 35 1

543 Archémoros (fune'railles d') 4i5

Archésilas de Cyrène ... 32i

Architecture métallique . . 425

20 Architrave 18

apytov zr^q r.ôrsuoi 383

ap'.(7-ov 38i

Aristophane 270

433 Aimement 328

Armement primitif .... 33o

apfiovfat 365

Art de broder (TOixtXTtzrl) . 264

Art de tisser (uoavTizij) . . 264 Artémis Leucophryné

(temple d') 56

Artémis à Olympie (autel d') 67

23 Artémis Propylaea (tem-

^ pie d') 20

237 àpiijîaÀXc-; 211

àpucfTi/o; 2n

àpy'ta'.va 211

àaiijitvôoî 2i5

àa-6ç, aJTr; 269

àa-pâyaXo; 388

^thèna 35^ 3g

Athénée 206

Athlétique 3o3, 3o5

496 Attelages 35-,

Attelages d'Alcibiade. ... 321

à-T'.zov <nr,[i£lov 366

ai'>a'-a 39S

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