‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 106 sur 115 · Thermomètre du jour ^ 13 novembre · texte numérisé non relu

Thermomètre du jour ^ 13 novembre

Ah ! qu'nous allons voir beau jeu î Gare, gare, l'habit bleu.

Dans un'boîte de dix pieds (C'est V Moniteur qui l'rapporte), Il met huit mil' cavaliers Équipés de bonne sorte.

Gomme il va jeter à bas Toutes les troupes bourgeoises 1

— Gombien a-t-il de soldats ?

— Il en a déjà deux toises.

Quand ils seront emballés, Hé bien, il les fera mettre. . .

— Où les mettra-t-il ? parlez !

— A la poste, comme un'lèttre.

Le dessinateur, pour tirer de l'idée une scène pittoresque, ne va pas si vite en besogne. Il ne montre pas Condé expédiant son armée portative, mais remonte au moment où il se la procure. De là la Grande Armée du ci-devant prince de Condé ^ . Le général, fumant une pipe allemande, flanqué de son fidèle aide-de-camp d'Autichamp, aux sons d'une fanfare représentée par deux heiducs {sic) farouches montés sur des barils et jouant terriblement de la flûte, passe en revue dans son boudoir l'armée formidable qui vient de lui arriver par la diligence de Strasbourg. Les commissionnaires sont encore là, près de la caisse déclouée sur laquelle on lit, audessous de l'adresse : J 0,000 hommes. Le jeune d'Enghien range consciencieusement les soldats de bois que lui passe sa sœur, un peu contrarié seule-

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