‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 108 sur 115 · Histoire- Musée · texte numérisé non relu

Histoire- Musée

294 LA VIE A PARIS (l791-i792)

OÙ il se défend de vouloir s'immiscer dans les affaires intérieures de la France, dénoncé « les dangereuses menées du parti des Jacobins * », est naturellement considéré comme s'étant fait inscrire aux Feuillants. On colporte un pot-pourri intitulé la Grande déclaration de Léopold aux Français, dédiée aux Feuillants. Cette parodie parle naturellement du Comité autrichien de Paris :

Il sait mieux que moi-même,

Hé bien !

Ma volonté suprême :

Vous m'entendez bien.

L'empereur célèbre la sagesse des feuillants et s'irrite contre les jacobins qui menacent tous les trônes.

Eh bien ! à ces fiers jacobins

Je déclare la guerre :

Contre eux que tous les souverains

Se liguent sur la terre.

Contre eux j'illustrerai mon nom, La faridondaine, la faridondon, Je veux être immortel aussi, Biribi...

Cependant,

Prudemment

Et pour cause Avant tout il faut songer S'il convient qu'au danger Ma majesté s'expose.

Attendons

Et soyons

Pacifiques,

1. Dépêche du 19 février 1792, lue à l'Assemblée dans la séance du i" mars.

Car le Français est méchant, Et je crains diablement Les piques.

Cette fois la palme reste sans conteste au caricaturiste ; il nous fait assister lui, à un duel ; l'empereur feuillant s'escrime vaillamment avec son glaive ; mais il es^t tenu à dis lance et menacé par la pique de six pieds et quelques pouces de son adversaire le jacobin. Cette estampe, soi-disant arrivée d'Allemagne S prend place aux étalages à côté de la dernière production de l'imagerie de la rue Saint- Jacques, le portrait de saint Veto, patron des émigrants et des réfractaires, estampe dédiée aux fidèles, avec une oraison au bas de la feuille *.

Au commencement d'avril 1792, la suppression des costumes ecclésiastiques, décrétée sur la motion de Torné, évoque métropolitain du Centre (Bourges), vient apporter des motifs de gaieté à la caricature comme à la chanson. M. Ducroisi, secrétaire-commis à l'Assemblée nationale, chante :

Rochets, soutanes et rabats,

Déguisemens fantasques, Il falloit bien vous mettre à bas,

Puisqu'on défend les masques. . .

Heureux décret, qui des nonnains

Au monde rend les charmes.

Qui fait la barbe aux capucins

Et qui chausse les carmes I

1. Annales patriotiques du 4 mars 1792, note signée de Ch. VilleUe. Cf. Histoire-Musée.

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