‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 109 sur 115 · Thermomètre du 2 mars · texte numérisé non relu

Thermomètre du 2 mars

L'idée de faire la barbe aux capucins est une de celles qui égaient le plus l'imagination populaire. Les caricaturistes leur disent narquoisement : a Vous êtes rasés ». L'un les montre affluant chez un barbier patriote qui a pris pour enseigne : « Ici on sécularise proprement*. » L'autre rassemble dans une môme composition les nonnains à qui une marchande présente les ionnets et les pierrots à la mode, pour remplacer les cornettes, les guimpes et les robes de bure, et le capucin qui tend son menton poilu à la savonnette d'un barbier en uniforme de grenadier de la garde nationale et qui lui dit : « On me rase aujourd'hui, je me marie demain». » Le mariage des prêtres et des moines est encore, en eJBfet, dans sa nouveauté.

Mais l'estampe populaire et surtout la chanson cessent vers ce temps d'être entièrement consacrées à la satire. Les menaces de coalition européenne et surtout la déclaration de guerre du 20 avril font éclore tous les jours des allégories civiques et des chansons patriotiques souvent écrites sur des airs de romances ou d'ariettes. La réplique des aristocrates consiste à célébrer l'échec initial des troupes françaises par une caricature qui représente lo maréchal Bender, sous forme de boulet de canon renversant les quilles patriotes, avec cette légende ; « Au premier coup, c'est bien jouer ! »

1. E. et J. de Concourt, Histoire de la Société française pendant la Révolution^ eh. X.

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