‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 16 sur 115 · Journal de Paris, 22 mars · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 22 mars

3. Môme après la proclamation de la République, aprôs l'exécution de Louis XVI, le port du bonnet ne resta pas indiscuté. Le 29 frimaire au II (19 décembre 1793), Milbaud se fera applaudir aux Jacobins en constatant « qu'une infinité de fourbes se sont affublés du bonnet rouge, qu'ils ont par ce moyen trompé la bonne foi des patriotes » et en demandant « que le bureau de la Société ne soit plus astreint à porter ce fameux bonnet, dont les aristocrates se sont servis par dérision ». Hébert intervient : « J'appuie fort cette dernière proposition ». Et, si la Société passe à l'ordre du jour, c'est quand Dufourny, voulant substituer une prohibition générale à l'usage imposé à quelques-uns, propose « qu'on soit tenu de ne porter qu'une simple cocarde. » {Moniteur du 2 nivôse.)

LA VIE A PARIS (4791-i792)

mtre- Révolution et, aussitôt rémigration cée, sont allées retrouver à Goblentz leurs 5 frivoles. Les feuilles aristocrates attachent ide importance à cette disparition de deux nodistes appréciée^ , et prétendent que toute

a émigré avec elles. C'est ce dont ne veuit du tout convenir les rivales à qui elles é le champ libre, entre autres M"° Cafaxe, ;, à son tour, conseil dans son magasin de aint-Honoré, avec les Parisiennes les plus , et dont le goût fait autorité ; M™*' Dumoule Richelieu, vis-à-vis de la rue Ménars ; ez, dite Aimée, et M™« Degouste, naguère », h présent rivales sous les Galeries de bois; rd, au Palais, salle Neuve ; M'^« Barbellion, lant la suc'cession de M*"® Pelous, a transn magasin, A la Corbeille galante^ rue noré, en face de l'hôtel d'Aligre, et a réuni [es les robes du goût le plus nouveau *.

îtements ressemblent de moins en moins DS compliquées des dernières années de régime avec leurs corsages serrés, busqués, Jointe sur le ventre, et leurs jupes ballonplus grand nombre de ceux qu'on porte se le du peignoir ajusté ; le rédacteur du Jouri Mode leur refuse énergiquement la dignité

: ce ne sont pour lui que de vulgaires joierien, dit-il, de plus rare à Paris, à la cour ue de voir une femme en robe '. »

r Affiches cl Journal de Paris, passim.

ier 1792. — Le nom de pierrot était d'ailleurs courant.

} une annonce de mai 1792 : « Le Gagne-Petit, rue du

Pour trouver une nomenclature graduée des types les plus en faveur, nous ne saurions guère souhaiter mieux que les prospectus détaillés d'une faiseuse en renom, M"' Teillard, qui tient au Palais- Royal, à l'enseigne du Pavillon d'Or, un magasin de vêtements pour dames et enfants, dans tous les genres imaginables, « tant pour la parure, demiparure, que le négligé et pour bal ». Et, en un pareil sujet, le jargon de la fagotière elle-même a plus de couleur que la traduction qu'on essayerait d'en donner en langue littéraire.

En comparant les deux prospectus de l'année, celui des modes pour l'automne et l'hiver et celui du printemps et de l'été * on rencontre quelques formes qui n'ont point varié et qui sont seulement proposées en étoffes différentes, suivant la saison. Dans cette série figurent la robe et la jupe à la Psyché : « Pour grande parure, elle fait aussi à volonté caraco et jupe complets, en s'adaptant dans l'instant d'une tournure magnifique ; son genre de garniture entrelacée d'enjolivements se forme d'ellemême dans les devants de la robe par sa coupe ingénieuse. » Puis viennent les robes économiques qui « composent à volonté, dans le même moment,

Colombier, vient de recevoir une partie d'excellentes étoffes étrangères dans toutes sortes de jolies rayures de trois saisons, dont il vendra le pierrot 24 liv. » — A la Bonne-Foi, ou l'un des Gagne- Petit, rue et Porte-Saint-Denis, on offre : « Gragrarae rayé, propre à faire habits d'homme et pierrots de femme... Étoffes 5/4 de large, 24 liv. 10 s. et 28 1. la pièce, portant aunage de pierrots. » Le 12 février précédent, le sieur Vacher, marchand d'étoffes de soie, au Page, avait offert des « pierrots à bordures et brodés sur linon » . 1. Journal de Paris, suppléments n" 108 de 1791 (12 octobre) et n» 32 de 1792 (19 mars).

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