‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 25 sur 115 · IX. Le peuple était averti par un instinct · texte numérisé non relu

IX. Le peuple était averti par un instinct

5 ce départ furtif se liait à un projet d'in-

erritoire et d'intervention armée des mo-

rangères au profit de la contre-révolu-

à ses craintes s'ajoutait une sorte de

pensée de la dissimulation observée, de

jouée depuis cinq ou six semaines pour

\ soupçons. Après avoir échoué dans son

îr faire ses dévotions à Saint-Gloud sous

des prêtres réfraclaires, Louis XVI s'é-

\ suivre à la lettre le plan que le comte

vait communiqué dès le 2 avril au baron

en ces termes : « Pour endormir les

r ses véritables intentions, il aura l'air

ître la nécessité de se mettre tout à fait

^olulion, de se rapprocher d'eux; il ne se

le d'après leurs conseils et préviendra

le vœu de la canaille, afin de leur ôter

i,^out prétexte d'insurrection et de leur

confiance si nécessaire pour la sortie de

les moyens doivent être bons pour ar-

but*. » La reine n'avait pas mis moins

KlinckowstrOm, le Comte de Fersen et la Cour de 1878, t. I", p, 98.

d'affectation dans son changement d'attitude. Tous deux étaient allés à leur paroisse entendre la messe du clergé constitutionnel, la reine arborant la cocarde aux trois couleurs, le roi faisant baisser les glaces du carrosse et s'écriant qu'il ne voulait pas être pris pour un aristocrate. Ils ne sortaient plus qu'au milieu des vivats ; la grande conversion produisait de durables attendrissements sur le carreau des halles. L'entourage avait été, disait-on, purgé des « incurables », et les. patriotes les plus vigilants ne trouvaient plus guère à reprocher au pouvoir exécutif que d'avoir reçu en audience privée un aristocrate aussi compromettant que le ci-devant comte de Rivarol.

Les Parisiens ainsi bernés et mystifiés se mettent partout à effacer sur les enseignes les mots roi^ reine, royal, à briser les armes de France, à gratter les fleurs de lis. L'enseigne au Bœuf couronné, qui surmontait l'entrée de l'Hôtel du Berri, rue de la Harpe, est plaisamment jetée à bas comme représentant le monarque fugitif. Une patrouille s'avance jusque dans les Tuileries, portant pour bannière une pancarte avec cette inscription :

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