‹ La vie àParis pendant une année de la Révolution, 1791-1792Chapitre 62 sur 115 · Journal d'Edmond Géraud, p · texte numérisé non relu

Journal d'Edmond Géraud, p

le môme passé glorieux, ni le môme caractère de fondation d'Etat, rivalise en quelque sorte pour le succès avec le Collège de France : c'est le Lycée. Fondé par Pilâtre des Roziers sous le nom de Musée français et sous le double patronage de Monsieur et du comte d'Artois, c'est sous le nouveau nom qu'il a pris en 1787 que le Lycée a commencé à avoir une sorte de vogue. Il la doit à la renommée de ses professeurs, en tête desquels se sont inscrits dès le début Condorcet et Marmontel. Ses cours sont faits encore à cette heure par Fourcroy, Monge, Sue, Deparcieux pour les sciences, Garât et Ginguené pour l'histoire, Delacroix pour le droit public, La Harpe, Cailhava et Sélis pour la littérature, Urbain Domergue pour la langue française. Ce qui contribue peut-être davantage à son succès, ce sont ses cours de langues vivantes, et ce qui n'est pas sans le servir encore, c'est d'être logé sur la rive droite et presque en face du Palais-Royal. On s'inscrit moyennant une souscription de quatre louis par an ; les dames sont admises. Les étudiants inscrits ont à leur disposition une bibliothèque, une salle de lecture où l'on reçoit tous les papiers publics de quelque importance. Le Lycée donne en outre assez fréquemment des concerts où, grâce au patronage actif de M™« Charles Villette, les chanteurs les plus en renom apportent un concours empressé.

Il est un certain nombre d'établissements de moindre renommée, mais qui ressemblent un peu à celui-là ou qui y ont des prétentions. Tel est le Musée des Quatre-Nations, créé par des professeurs associés sous la direction de l'abbé Galignani; ses

liés primitivement à l'hôtel du Musée, le, déménagent en septembre 1791, peutlir le voisinage du club des Cordeliers, us vraisemblablement pour être plus au flfet, le directeur, peu de temps après L de son Musée rue Jean-Jacques-Rous- ! de l'hôtel BuUion, fait annoncer qu'il is en mesure de recevoir des pensionison de 1,500 livres par an; les profeslu nombre de douze. Là surtout, et plus I Lycée, l'élément de succès décisif est înt des langues vivantes, tout à fait ns les collèges universitaires, mot, 18, encore un « Musée », dirigé par ;s cours y sont nombreux et variés, à par un cours d'écriture professé par ner, secrétaire de l'établissement; la annuelle pour l'ensemble des cours est

acore dans la rue Dauphine, à l'hôtel de institution du même genre, c'est-à-dire ) de cours accessibles par abonnement, nom de Lycée Académique et qui donne ticulier à l'enseignement des sciences, polymathique nationale, rue Bertin- 3 ses souscripteurs aux sciences et aux

it étudier sérieusement l'anglais, on n'a ras du choix. En outre des cours du ceux du Musée de l'abbé Galignani, il y bine, au grand hôtel de Londres, une Grammairiens anglais, qui professe des

cours variés et qui les complète, au gré des amateurs, par des conférences et même par des leçotis particulières. Rue Hautefeuille, on s'inscrit à l'institution de M. Van Esbecq pour suivre les cours d'anglais de M"»» Scott-Godfrey.

Des hommes de science professent isolément des cours indépendants. C'est le cas de M. Jams, qui enseigne les mathématiques rue Montmartre, d'Antoine Dubois, qui, en dehors des écoles de chirurgie, donne des leçons dans son amphithéâtre particulier de la rue de la Huchette. Brongniart, qui supplée parfois Fourcroy au Lycée, fait à son compte un cours de chimie pour lequel on s'inscrit au collège de la Marche. C'est pour la physique surtout que ces cours libres recrutent des auditeurs bénévoles et payants ; le succès dépend non seulement de l'autorité acquise par le professeur dans la science et de son talent d'exposition, mais aussi de la richesse du cabinet qu'il s'est créé pour ses expériences : les cours particuliers de physique les plus en renom sont ceux de l'abbé Famin, au Palais-Royal; de Charles, place des Victoires ; de Rouland, qui avait son cabinet et donnait ses leçons à l'hôtel de Mouy, mais qui a obtenu depuis peu un local au Collège des Quatre-Nations.

En attendant que l'organisation nouvelle de l'instruction publique sorte des délibérations du législateur, Léonard Bourdon constitue la* Société des jeunes Français et fait patronner par la Société des Jacobins, sur le rapport de Grégoire *, cet établi$se-

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