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CHAPITRE SECOND

Revoirs envers la Paroisse

ES devoirs envers la paroisse comprennent :

1° Le respect pour les prêtres de la paroisse, 2" L'assiduité aux offices de la paroisse. 3° Le zèle pour les œuvres de la paroisse.

Respect pour les prêtres de la paroisse

i. Le prêtre de la paroisse, — celui à qui elle est confiée, celui qui répond devant Dieu de toutes les âmes de la paroisse, — c'est le curé.

Le nom du curé, qui lui est donné et qui signifie prendre soin, indique ce qu'il est pour tous et pour chacun d'eux.

Le curé c'est Ihomme à qui Dieu a imposé la charge, la paternité, le souci des âmes au milieu desquelles il a été placé par son évéque et qui peut leur dire comme le disait saint Paul aux Corinthiens :

« Q uand même vous auriez dix mille maîtres en Jésus-Christ, vous n'auriez pas plusieurs pères ; c'est moi qui, par l'Evangile, vous ai engendrés à Jésus- Christ. »

A lui, de donner solennellement le Baptême, et nul n'a le droit de le donner sans son autorisation, ou celle de ses supérieurs.

A lui, d'admettre, pour la première fois, les enfants à la sainte Communion.

A lui, de bénir l'union conjugale de ses paroissiens ; et sa présence est si nécessaire que, sans lui ou son représentant, le mariage serait invalide.

A lui, de porter le saint Viatique aux malades et de leur donner l'Extrême-Onction.

A lui, de donner les dispenses qu'on croit nécessaires pour les différents actes de la vie chrétienne.

2, Le curé, c'est l'homme de la doctrine et Vhomme du conseil à qui tous peuvent aller demander lumière et direction ; il est obligé de les écouter tous. Il est

l'homme du saint Evangile qu'il doit enseigner, propager, expliquer, mettre à la portée de tous.

Le curé est V homme de la prière pour tous. Il est tenu tous les jours à prier pour ses paroissiens ; il est strictement obligé de célébrer la sainte Messe pour eux, tous les dimanches et les jours de fête.

Le curé est l'homme de la charité et du dévouement maternel.

11 a, de la mère, toutes les délicatesses.

Avec ses paroissiens, ses enfants — c'est le nom que leur donne saint Paul — il se plie à tout, comme la mère qui soigne les plaies saignantes de son enfant; il reste auprès des âmes malades; il les écoute avec bonté ; il compatit avec des larmes, aux faiblesses ; il les console, il les relève.

Il a, de la mère, toutes les inquiétudes.

Son souci constant est le bien de tous. Sa préoccupation constante est celle-ci : que puis-je faire pour eux; sa prière habituelle : Mon Dieu! que je les mène d vous. Et comme saint Paul, il peut dire et il dit : « qui pleure parmi vous sans que je pleure avec lui r Qui souffre sans que je souffre comme lui r »

Il a, de la mère, Vhéroïsme.

Labeurs, peines, veilles nombreuses, privations, il souffre tout. Rien ne létonne, rien ne le lasse, rien ne le rebute, rien ne lui répugne de ce qui peut contribuer au salut des âmes qui lui sont confiées.

Il a, de la mère, la tendresse affectueuse.

Il porte tous ses enfants dans son cœur, et par affection pour eux il voudrait leur donner non seulement V Evangile, non seulement ses biens matériels, mais sa vie tout entière. Il est toujours avec eux, il y sera toujours, alors même, et surtout, alors qu'une épidémie meurtrière viendrait répandre la mort parmi eux. Ah ! mourir avec eux, mourir pour eux, c'est tout le désir de son cœur.

Il a, de la mère, toutes les industries.

Il se fait petit avec les petits, pauvre avec les pauvres, enfant avec les enfants ; il pleure avec ceux qui pleurent... pour les amener tous à Jésus-Christ.

Il en a les appels pressants. Il les appelle, il leur dit qu'il les aime, il les conjure de dilater, eux aussi, leur cœur; il ne peut rester calme tant qu'il sent les siens dans la détresse, et s'il ne réussit pas à les sauver, il ne veut pas être consolé parce qu'ils ne sont plus à Dieu.

Il en a la bonté inépuisable, toujours compatissant, toujours miséricordieux, toujours plein d'indulgence,' toujours prêt à courir au premier appel et comme le curé d'Ars le dit : J'accepterais bien de souffrir cent ans de toute manière, pourvu que le bon Dieu m'accordât la conversion de ma paroisse.

« O ma chère paroisse, disait M. Hamon, le pieux et saint curé de Saint-Sulpice à ses paroissiens

réunis en foule au jour de ses noces d'or, — ô ma chère paroisse, comme je t'aime !

« Comme je t'aime avec ta chapelle de la sainte Vierge où, sous l'œil de Marie, Jésus au saint Sacrement reçoit une continuelle adoration — avec ta grande église si souvent trop étroite pour contenir la foule qui s'y presse — avec ta Table sainte tous les jours si fréquentée, — avec tes beaux chants et tes beaux offices!

« Comme je t'aime avec tes confréries et tes associations pieuses pour l'enfance, pour la jeunesse, pour l'âge mûr, pour l'un et l'autre sexe, pour la classe élevée et la classe laborieuse î

« Comme je t'aime avec tes fabriciens si honorables, si chrétiens— tes sœurs de charité si dévouées, tes frères des écoles, tes instituteurs et tes institutrices, tes dames de charité si zélées pour soulager tout ce qui souffre, instruire tout ce qui est ignorant, ramener à la religion tout ce qui en est éloigné 1

« O chère paroisse, mon cœur s'ouvre et se dilate pour t'embrasser tout entière, et il y a large place pour tous !

«Toi aussi, dilate-toi pour embrasser tous tes prêtres dans ton aftection. »

Laissez-nous reproduire ici une page de Lamartine, qui montre à tous, à ceux mêmes qui ne voient les choses qu'au point de vue humain, ce qu'est un curé.

« Il est un homme dans chaque paroisse qui n'a point de famille, mais qui est de la famille de tout le monde, qu'on appelle comme témoin, comme conseil ou comme agent, dans tous les actes les plus solennels de la vie ; sans lequel on ne peut naître ni mourir; qui bénit ou consacre le berceau, la couche nuptiale, le lit de mort et le cercueil.

Un homme que les petits enfants s'accoutument à aimer, à vénérer et à craindre : que les inconnus même appellent : mon père; au pied duquel les chrétiens vont répandre leurs aveux les plus intimes, leurs larmes les plus secrètes.

Un homme qui est le consolateur par état de toutes les misères de l'âme et du corps, l'intermédiaire obligé de la richesse et de l'indigence, qui voit le pauvre et le riche frapper tour à tour à sa porte : le riche, pour y verser l'aumône secrète, le pauvre, pour la recevoir sans rougir.

Un homme qui n'étant d'aucun rang social, tient également à toutes les classes : aux classes inférieures par la vie pauvre, et souvent par l'humilité de la naissance ; aux classes élevées par l'éducation, la science et l'élévation des idées.

Un homme enfin qui sait tout, qui a le droit de tout dire, et dont la parole tombe de haut sur les intelligences et sur les cœurs avec l'autorité d'une mission divine et d'une loi toute faite.

Ses cheveux blanchissent, ses mains tremblent en élevant le calice, sa voix cassée ne remplit plus le sanctuaire, mais retentit encore dans le cœur de son troupeau.

Il meurt : Voilà une vie écoulée, voilà un homme oublié à jamais, mais, cet homme est allé se reposer dans l'éternité où son âme vivait d'avance, et il a fait ici-bas ce qu'il y avait de plus beau et de plus grand : il a continué un dogme immortel ; il a servi d'anneau à une chaîne immense de foi et de vertus. »

Cette page, parlant du prêtre est belle sans doute, mais cette autre page du curé d'Ars est plus belle encore parce qu'elle est plus surnaturelle et que le prêtre doit être vu, avant tout, au point de vue surnaturel.

f< Le prêtre est un homme qui tient la place de Dieu, un homme qui est revêtu de tous les pouvoirs de Dieu.

Saint Bernard nous dit que tout nous est venu par Marie, on peut dire aussi que tout nous est venu et nous vient par le prêtre : oui, tous les bonheurs, toutes les grâces, tous les dons célestes. Si nous n'avions pas le prêtre, nous n'aurions pas Notre- Seigneur Jésus-Christ.

Q^ui l'a mis là dans ce tabernacle ? Le prêtre.

Q.ui a reçu notre âme à son entrée dans la vie ? Le prêtre.

Qui la nourrit pour lui donner la force de faire son pèlerinage ? le prêtre.

Qui la purifie de ses fautes ? Le prêtre.

Qui la prépare à paraître devant Dieu r Le prêtre. Toujours le prêtre.

Vous ne pouvez pas vous rappeler un seul bienfait . de Dieu sans rencontrer, à côté de ce souvenir, l'image du prêtre.

Allez vous confesser à la sainte Vierge ou à un ange ; vous absoudront-ils r Non. — Vous donnerontils le corps de Notre-Seigneur ? Non.

La sainte Vierge ne peut pas faire descendre son divin Fils dans Thostie.

Vous auriez là deux cents anges, qu'ils ne pourraient vous absoudre.

Un prêtre — tout simple qu'il soit — le peut; il vous dit : Alle:^ en paix^ je vous pardonne, et c est fait.

Oh ! que le prêtre est quelque chose de grand ! Le prêtre lui-même ne se comprendra bien que dans le ciel ; si on le comprenait sur la terre, on mourrait, non de frayeur mais d'amour.

Après Dieu, le prêtre, c'est tout. — Aussi, laissez une paroisse vingt ans sans prêtre, on y adorera les bêtes.

Pour moi, si je rencontrais un prêtre et un ange, je saluerais le prêtre avant de saluer l'ange : celui-ci est l'ami de Dieu, mais le prêtre tient la place de Dieu. »

Ne sentez-vous pas qu'envers cet honame qui n'est pas comme les autres, cet homme de Dieu, cet homme à qui vous donnez si légitimement et si affectueusement le nom de père, vous avez les mêmes devoirs — mais à un degré plus élevé — qu'envers celui que, au point de vue matériel, vous appelez votre père r

Devoirs de respect pour son autorité, Devoirs d'amour pour son dévouement.

Devoirs d'obéissance pour son autorité, Devoirs d'assistance dans ses vieux jours, si le bon Dieu permet qu"il soit dans le besoin.

Les collaborateurs du curé, les vicaires (remplaçants^ auxiliaires) se formant, sous sa direction, au ministère qu'ils auront plus tard à remplir et lui venant en aide dans l'administration de la paroisse,

ont droit, eux aussi, au respect et à la soumission qui sont dus au premier pasteur.

Assiduité aux offices de la paroisse

Cette assiduité se rapporte surtout :

à la messe paroissiale,

aux instructions faites dans la paroisse,

aux Vêpres,

aux Saluts,

aux différentes fêtes.

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