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IL ASSISTANCE AUX INSTRUCTIONS FAITES DANS LA PAROISSE

Il y a dans les paroisses des instructions faites chaque dimanche, pendant la messe paroissiale, et quelquefois aussi — avec grand profit pour les fidèles — faites à chacune des messes de ce jour.

C'est le prône.

Le prône n'a pas l'apparat des grands sermons. C'est la conversation familière du prêtre qui veut là, être seulement le père qui instruit ^ et le pasteur qui dirige,

Qui se pénètre bien de ce sublime rôle

Que sur ces cœurs d'enfants exerce sa parole.

« Je me dis que je vais donner à leur esprit

L'immortel aliment dont l'ange se nourrit

La vérité....

Et la main étendue, au Seigneur je demande

De préparer mon cœur; que lui-même descende.

Et vienne me dicter ces douces paraboles

Par lesquelles Jésus instruisant les humains

Faisait toucher le ciel aux plus petites mains.

Puis, je pense tout haut pour eux; le cercle écoute,

Et mon cœur dans leur cœur se verse goutte à goutte. »

Voilà bien là le père qui instruit en aimant.

Le prône est une suite d'instructions sur la nature, les devoirs, les épreuves, les espérances de la vie chrétienne, de cette vie qui pour s'entretenir, s'affermir, se développer, devenir active et méritoire a besoin de s'alimenter de la vérité comme la vie naturelle a besoin d'être alimentée par le pain matériel.

Au prône seul, que l'Eglise impose rigoureusement au curé tant elle en comprend l'importance — se donne cette instruction simple, suivie, régulière, méthodique qui rappelle, complète ce qui a été enseigné au catéchisme et entretient, dans la volonté, la force de mettre la vie en rapport avec le devoir.

On peut sans doute suppléer au prône par des lectures sérieuses et réfléchies, mais elles sont rares, bien rares, les jeunes filles qui, leur éducation finie ou mieux laissée, s'astreignent à lire, chaque semaine, une page de ces livres dont nous avons parlé — si beaux cependant même au point de vue littéraire : Monsabré, Péreyve, Lacordaire,le P. Félix,

Bougaud, Dupanloup, Gratry, Frayssinous, de Maistre....

Elles lisent encore quelques livres de piété — ceux qui leur plaisent, parce que ils leur plaisent. — Elles assistent aux sermons où la foule se rend empressée. — Elles suivent, une fois ou deux par an, une retraite qui certes leur fait du bien. — Elles communient même fréquemment et elles le font avec piété. — Et elles se croient ^r^w^^s chrétiennes.

Ecoutez cette belle page du célèbre père Lavigne :

« Dans le temple tout est leçon.

Leçons et leçons sublimes ces images vénérées, ces augustes symboles, cette attention pieuse d'un peuple prosterné et surtout les leçons de l"autel et celles des offices sacrés.

Mais la leçon principale, c'est, le dimanche, le prône, le prône de la paroisse, le prône où le pasteur communique simplement, familièrement avec son troupeau.

Il y a, dans le prône, des paroles pour les plus ignorants, des paroles aussi pour ceux qui sont plus avancés dans la science religieuse.

Le prône, c'est la leçon indispensable; et je ne crains pas de le dire, rien ne peut le remplacer.

On parle de prédicateurs éminents.... Oui, tant qu'on voudra, mais pourvu qu'il y ait dans Vâme la

place nécessaire pour recevoir renseignement simple et familier du pasteur de la paroisse.

C'est avec bonheur que je proclame non pas seulement r importance, mais la nécessité du prône paroissial.... Sans le dimanche et ses leçons, il n'y a point de science religieuse.

« Nous sommes des étrangers nous autres, dans la paroisse, quand nous prêchons, disait Massillon ; Lui, le curé, est le pasteur.... Sa parole a une grâce et une vertu particulière pour ses brebis; il parle avec l'autorité et la tendresse d'un père; les vérités les plus simples tirent de la grâce de son ministère, une bénédiction que nous ne saurions donner aux nôtres. »

m. LIVRE A APPORTER A l'ÉGLISE

Il est bon — disons mieux, il est presque nécessaire — déporter un livre à l'Eglise poursuivre, à l'aide de ses pages, l'action du prêtre offrant pour nous le Saint-Sacrifice de la Messe.

Certes, les prières ordinaires du chrétien, les actes de foi, d'espérance, de charité, de contrition, de remerciement, pieusement récitées, le chapelet surtout, nous rappelant les mystères de la vie et de la mort de Jésus-Christ, nous unissent au prêtre, et ceux qui ne savent pas ou ne peuvent pas lire

n'ont pas à s'inquiéter de l'audition de la messe — mais celui qui sait lire trouve dans un livre un moyen d'éloigner les distractions et surtout un pieux moyen de s'unir plus intimement au prêtre et à l'esprit de l'Eglise.

Le livre que nous conseillons a un nom qui indique bien ce qu'il est :

Il s'appelle : le Paroissien.

Lisez la page suivante qu'une jeune fille a écrite en réponse à cette question proposée par une revue :

Quel est votre livre préféré ?

Le livre que je préfère?... Celui que j'aime d relire souvent? Il est un livre qu'on me mit très jeune encore entre les mains, et, bien que je l'aie lu maintes et maintes fois déjà, je le relis aujourd'hui et le relirai demain encore avec un plaisir toujours nouveau, car il s'adresse à lame, et l'âme, dit-on, n'a pas d'âge : ce livre... c'est mon vieux paroissien.

« Son extérieur est austère, sa couverture gros vert n'a pas les brillantes couleurs de beaucoup d'autres reliures; jadis ses tranches étaient dorées, maintenant elles sont bien ternes. Mais je ne l'en aime que davantage, car je sais bien que, s'il n'a plus d'or pour orner ses feuillets, c'est qu'il me l'a donné

dans ses conseils et par ses prières. Il est pour moi un vieil ami, et, chaque fois que je Tentr'ouvre, ses pages, déjà jaunies par les années, sont toutes pleines de vieux souvenirs.

C'est lui qui, l'un des premiers, mit une prière sur mes lèvres d'enfant ; et lorsque, au jour béni de ma première communion, je revins de l'autel, le cœur plein de reconnaissance, c'est encore lui qui, tout ému sous sa belle couverture blanche s'ouvrit doucement pour m'apprendre comment on dit merci au bon Dieu.

Plus tard, lorsque ma pauvre grand'mère nous quitta, par un triste soir d'automne, c'est lui encore qui sut trouver une prière pour l'âme qui partait, une consolation pour ceux qui demeuraient.

Aujourd'hui, il est toujours mon fidèle ami ; je puis tout lui dire, et c'est encore dans mon vieux missel que je trouve un écho à mes joies, un confident à mes peines. Il sait comprendre mon âme, il adore, bénit, implore pour moi, et, en mettant sur mes lèvres les prières maintes fois répétées par mes aïeux, il m'invite à imiter leurs vertus et à marcher sur leurs traces.

« Pour tous, l'humble livre de messe est un protecteur et un soutien. Il sèche bien des larmes, et, s'il en fait couler, elles ne sont jamais amères. Lorsque sur son chemin il rencontre quelque opprimé : « Console-toi, murmure-t-il bien vite. Pourquoi

pleures-tu?... Ne sais-tu donc pas que le ciel est pour les malheureux? »

« A ceux qui cherchent en vain le bonheur dans les plaisirs, toujours charitable, il dit : « Cette félicité que vous cherchez, ce n'est pas ainsi que vous la trouverez : travaillez, priez, aimez, vous serez heureux sur terre. Le bonheur que vous poursuivez, c'est un papillon aux vives couleurs ; lorsqu'on veut le prendre, il s'envole toujours un peu plus loin, et, au moment où l'on croit le saisir, ses ailes tombent en poussière I... »

«Aussi, je t'aime, mon vieux missel! Je t'aime, parce que tu te fais la voix de nos cœurs, parce que, si tu chantes le De profundis pour nos morts et le Miserere pour les pécheurs, tu sais aussi faire retentir les voûtes de nos vieilles cathédrales des glorieux Hosanna. Je t'aime, parce que ta fraîche poésie ne cache aucun perfide poison, parce que tes hymnes sont nobles et belles, et que, si Dieu les inspira à son Eglise pour nous les transmettre, elles élèvent toujours vers Lui nos âmes reconnaissantes.

« C'est toi qui, bien souvent, mets sur nos lèvres une aQtion de grâces au lieu d'une plainte, le pardon au lieu des injures. C'est toi encore qui nous assistes au milieu des misères d'ici-bas.

Et lorsque, à notre heure suprême, on murmure tristement autour de nous le grand mot de trépas, c'est encore toi qui, toujours fidèle, entr'ouvres

lentenjent tes vieux feuillets et, exhalant un dernier parfum d'encens : « Mon fils, dis-tu bien bas à notre « oreille, n'en crois rien, ils se trompent; la mort, « c'est l'aurore d'un jour sans soir et ce que les « hommes appellent la dernière heure n'est, pour un « chrétien, que le premier instant du vrai bonheur ! » Ne pourriez-vous pas dire ces paroles de votre Livre de Pieté ^

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