I. LES CONGREGATIONS
Une congrégation est, dans les paroisses, la réunion de quelques personnes qui, désirant vivre plus pieuses, s'engagent à pratiquer ensemble différentes œuvres de piété sous la direction d'un prêtre.
L'Eglise a toujours approuvé et favorisé la formation des congrégations dans les paroisses et a accordé à ceux qui en font partie de nombreuses indulgences.
Les Saints en ont reconnu l'importance, et saint Alphonse de Liguori disait : « Si un séculier me demande ce qu'il doit faire pour se sauver, je ne sais rien lui conseiller de plus utile et de plus sûr que d'aller à la congrégation de la sainte Vierge. »
Saint Charles Borromée recommande aux confesseurs d'engager fortement leurs pénitents à entrer dans une congrégation.
Saint François de Sales, saint Alphonse de Liguori, tous les Saints, tous les prêtres insistent auprès des âmes qui leur sont confiées, pour qu'elles fassent partie d'une congrégation. « Il y a beaucoup à gagner à être congréganiste, disait saint François de Sales, etil n'y a rien à perdre. » — « Quand je vois un chrétien qui n'est d'aucune confrérie, disait le curé d'Ars, je ne sais sur quoi m'appuyer pour espérer son pardon ; mais
— 2=,7 — s'il a le bonheur d'appartenir à l'une d'elles, j'ai l'espérance, malgré qu'il soit mauvais, que tôt ou tard, les prières de ses confrères obtiendront son retour à Dieu. »
1 . Toute association pieuse, réglée, dirigée, est une force puissante pour résister aux entraînements du dehors et aux lâchetés du dedans.
Vous, pauvre jeune fille, comment, toute seule, pourriez-vous ne pas accepter une partie de plaisir, ne pas assister à une réunion profane dans lesquelles, vous le savez, il y aura péril pour votre innocence ?
Vous hésiterez peut-être, puis vous vous laisserez entraîner, vous vous livrerez.
Mais, cette pensée : Je suis congréganiste ; j'ai promis de ne pas aller dans ce monde de plaisir; je dois l'exemple à mes compagnes ; je serai exclue de leur réunion ; je n'oserai plus revêtir ma robe blanche, ni porter publiquement ma médaille bénite.... Cette pensée, croyez-vous qu'elle ne vous retiendra pas ?
2. Toute association pieuse, réglée, dirigée, est un moyen puissant pour s'enrichir.
Dès que sous le regard de Dieu, quelques âmes se sont unies, établissant entre elles des prières en commun, des exercices communs, des œuvres de charité en commun — tout le bien que fait chaque
membre en particulier se répand sur tous les membres de l'association.
Une prière n'est plus isolée, une communion n'est plus isolée, un renoncement n'est plus isolé, une souffrance pieusement supportée n'est plus isolée,... Chacun de ces actes appartient à vous toutes, pieuses congréganistes ; sur chacune de vous, il rayonne son mérite; la plus faible, la plus timide, la moins expérimentée, dès qu'elle est unie à ses compagnes par les liens de la règle a. devant Dieu, les mérites de toutes.
3. Toute association pieuse, réglée, dirigée, est une force qui attire au bien, qui retient dans le bien, qui entraîne à faire le bien.
l\ y â la prière eji commun qui attire Dieu au milieu de celles qui la font.
Il y a la parole de Dieu adressée spécialement aux congréganistes.
\\y 2. le bon exemple; il y a V intimité formée sous le regard de Dieu et devenue une source de joie, un appui pour la faiblesse, et un véritable moyen de sanctification.
4. Toute association pieuse, réglée, dirigée, met surtout sous la protection spéciale du patron de l'association.
Pour les jeunes filles, les congrégations sont ordinairement placées sous le patronage de la sainte Vierge qui devient ainsi leur modèle^ leur protectrice ^ leur mère.
Et lorsque, après un temps plus ou moins long, la jeune fille qui a désiré et qui a demandé d'être enfant de Marie, et a montré par sa conduite pieuse, soumise, réservée, dévouée, qu'elle le méritait, lorsque le prêtre directeur l'a admise à prononcer son acte de consécration — alors, elle peut, tendant ses bras vers l'image de Marie, comme elle les tendrait vers sa mère, dire avec bonheur et une profonde conviction :
Je suis r enfant de Marie !
O jeune fille, ce mot n'est pas une parole vaine et sans réalité; ce mot prononcé par vous n'est que l'écho de ce mot dit par Marie à l'heure où vous veniez vous donner à elle : Je suis ta mère l
Et elle sera votre mère ; et, pour votre âme, elle aura toute la tendresse, toute la délicatesse, toute la prévoyance, tout le dévouement, que votre mère de la terre a pour votre santé, pour votre avenir, pour votre bien-être matériel.
« Ce n'est pas une simple prière que cet acte de consécration que je viens de prononcer — écrivait
une enfant de Marie — je le sens bien, parce que je l'ai voulu : c'est un engagement solennel, irrévocable, contracté, par l'inspiration., de Dieu, sous le regard de Dieu, et approuvé par le ministre de Dieu, un engagement avec la très sainte Vierge, la mère de Jésus-Christ, pour qu'elle me garde pure et sainte près de son Fils Jésus.
Et cet acte a tait de moi, comme un de ces objets sacrés qui ne peuvent être employés sans profanation à des usages, je ne dis pas mauvais, mais même simplement futiles.
Comme ces temples qui portent sur leurs murs le nom de celui à qui ils ont été voués.
Comme ces dons déposés sur l'autel du Seigneur et qu'il n'est plus permis de reprendre, mon cœur, mon âme, tout en moi appartient à Marie pour qu'elle le donne à Jésus !
Je suis à elle, et je veux qu'au ciel se lise sur mon front ce titre sacré : Enfant de Marie, le plus doux, le plus glorieux après celui de chrétienne. »
Oh ! les bonnes réunions que celles du dimanche dans la petite chapelle des enfants de Marie !
« A mon cœur, disait Tune d'elles, il faut deux choses : 7na famille et mon dimanche ; et pour les garder, ailcun sacrifice ne m'est pénible. Chaque soir me réchauffer au foyer paternel ; chaque dimanche me rapprocher de Dieu. »
Et elles sont si belles les fêtes de la congrégation, avec la communion générale du mois, et la messe aux cantiques harmonieux, et les retraites toutes spéciales pour ces jeunes âmes où sont dites des paroles si bonnes, si lumineuses, si encourageantes.
Comment oublier la cérémonie où de nouvelles élues prononcent leur consécration ; comment ne pas sentir la joie d'aimer et de se sentir aimée sous le regard de Dieu, le bonheur de se replonger, chaque semaine, dans une atmosphère de pureté et d'énergie chrétienne, de combattre ensemble ce qui abaisse ou ce qui attriste !...
Là, plus près de Dieu, se comprend mieux la beauté de l'amour filial ; là, se puise la force pour lutter contre les séductions et les attraits du monde.
Une congrégation a un directoire qui par les pratiques qu'il impose et par les conseils qu'il donne tend à rapprocher la vie de la congréganiste de la vie de la sainte Vierge.
Elle a sa chapelle particulière dans laquelle, chaque dimanche, un Directeur zélé vient rappeler à l'enfant de Marie son bonheur — ses devoirs — les vertus qu'elle doit pratiquer — les précautions qu'elle doit prendre— les J^w^^rs qui la menacent — \qs soutiens qu'elle trouve dans l'amitié de ses compagnes, dans
la dévotion à la sainte Vierge et dans la fréquentation
des Sacrements
Ce Directeur redit souvent à la Congréganiste que sa vie doit être :
une vie de piété,
une vie de dévouement,
une vie de force.
1. Piété régulière qui la rend fidèle à tout ce qui lui est commandé.
Piété prof onde et vraie, c'est-à-dire ayant sa source dans le cœur.
Piété aimante qui la rend heureuse de prier, d'assister aux réunions, de célébrer les fêtes de la congrégation.