INTRODUCTION
Ce qu'est la Vie après le Pensionnat
A vie après le pensionnat, c'est le temps qui s'écoule depuis la rentrée de la jeune fille dans la maison paternelle, jusqu'à heure où après avoir vu, réfléchi, prié, demandé conseil, elle se détermine :
ou à embrasser la vie religieuse ou à rester dans le monde.
Ces quelques années après le pensionnat, sont :
I. Un passage^ ordinairement court, de la vie régulière de la pension, à la vie plus indépendante du monde, vie à laquelle, sans bien s'en rendre
compte, aspire toute jeune fille arrivée à l'adolescence.
Il y a encore là — heureusement — une dépendance de la famille qui tout en laissant plus de liberté dans les actes de la journée et de la vie, règle ces actes par la direction du père et de la mère, et accoutume la jeune fille à ne pas livrer sa vie au caprice du moment ou à Tentrainement de la fantaisie.
2. Ces quelques années après le pensionnat sont des années pendant lesquelles vont s'épanouir et fleurir les semences de vertus et de science pratique de la vie jetées dans votre âme, dans votre cœur, dans votre intelligence, chères enfants, avec une délicatesse, une patience, une abnégation surtout, que vous ne retrouverez plus, malgré l'affection dont vous serez entourées.
Vos maîtresses, dès la première heure où vous leur fûtes confiées, ont reçu de Dieu, leur Souverain Maître, la mission de vous rendre bonnes — et sans vous connaître, et sans rien directement attendre de vous :
Elles ont constamment étudié votre caractère pour le rendre bon, simple, aimable.
Elles ont fait pénétrer dans votre âme la pensée de Dieu, l'amour de Dieu, le désir de plaire à Dieu.
Elles ont gardé voire cœur avec une sollicitude plus inquiète et, — laissez-nous vous le dire, — plus divinement aimante que la sollicitude de votre mère, pour le conserver pur, et le rendre généreux, fort, dévoué.
Elles ont fortifié voire voîonic pour qu'elle ne faiblit jamais devant le devoir quelque pénible qu'il se présente — enrichi votre intelligence — dirigé et embelli votre imagination pour que vous fassiez la joie et la gloire des vôtres.
Elles ont semé... sans rien recueillir pour elles.
Semé pour vos enfants, afin que vous deveniez grandes et saintes ;
Semé pour vos mères, afin qu'elles trouvent en vous leur consolation ;
Semé pour le bon Dieu, afin que vous soyez pour lui des apôtres.
Maintenant, leur mission est finie ; elles vous ont fait leurs adieux avec des larmes ; et elles attendent de voir — de loin — le résultat de leur dévouement.
Fleurissez donc au milieu des vôtres. Soyez aimables, dévouées, utiles!
3. Ces quelques années après le pensionnat, sont surtout des années de formation pour cet avenir auquel jusque là vous ne pensiez que d'une manière
vague, mais qui commence à vous préoccuper vous et votre famille.
C'est .l'heure où cette formation va devenir plus directe.
Elle se fera, petit à petit, sans aucune parole encore bien précisée, mais par les conseils d'ordre, de tenue, d'activité, de prudence, que vous donnera votre mère et qui seront mieux appréciés et surtout mieux compris.
Elle se fera, par les exemples que vous verrez autour de vous — le travail de votre mère. — le soin de tous les jours qu'elle apporte à une foule de détails — la manière dont elle élève, reprend, encourage, instruit, vos petits frères et vos petites sœurs — les rapports qu'elle a avec les domestiques et les visiteurs...
Prêtez-vous donc résolument et avec générosité à tout ce qu'on demande de vous, et, dès les premiers jours, comme nous vous le dirons, mettez-vous à la disposition de votre mère pour partager avec elle son travail et alléger ses fatigues.
Ce que demande en général la Vie après le Pensionnat
Puisque la vie après le Pensionnat est surtout une vie àe formation en vue de V avenir,