‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 147 sur 157 · I-#* fnéprt» de lu mort · texte numérisé non relu

I-#* fnéprt» de lu mort

Pourquoi la vie nous est-elle si chère? Parce qu’on a sous les yeux tout le bien-être qu’on s’est créé ou qui nous a été légué par nos pères; les richesses, les honneurs, la bonne chère, les belles habitations, les lits moelleux, les jardins, les eaux, les femmes et les enfants, et que l’on se figure l'autre monde comme étant totalement dépourvu de tous ces avantages; mais, si, au contraire, on méprisait ce qui nous réjouit tant sur cette terre, pour croire solidement que le ciel nous donnera des jouissances bien supérieures, on ne craindrait plus la mort.

(L'émir Aabd-el-kadi'r, captif au fort Lamalgue.)

L'équitation.

Oui, donnez du talon à vos chevaux ;

Apprenez, et apprenez-leur ce qui vous servira ;

Dans ce monde, il faut qu’un jour ou l’autre L’homme se rencontre avec son demandeur (le demandeur de sa vie).

(1) Inutile d'ajouter que ces principes, en pays arabe, ne sont suivis que par les ayenturiers : malheureusement, ils y soûl nombreux.

O OU d'Adam!

O fils d’Adam! lant que mon règne durera, ne redoule pas les sultans, et mon règne ne périra pas.

O fils d'Adam! ne mets ton espoir qu'en moi. Si tu te confies à d’autres, tout bien t’écliappera ; mais, si tu m’invoques, tu me trouveras.

O fils d'Adam! je t’ai créé pour m’adorer.

J’ai arrêté quelle serait ta fortune, ne te fatigue donc pas à l'augmenter.

Ne sois pas cupide et ne t'inquiète de rien ; si tu te montres satisfait de la part que je t’ai faite, tu dormiras tranquille et je le chérirai ; si, au contraire, tu n'es pas content de Ion sort, je susciterai contre toi les exigences de ce monde, je l'abandonnerai et tu deviendras errant comme les animaux sauvages, sans jamais rien obtenir au delà de ce que je t’aurai assigné.

J'ai créé les sept cieux et les sept terres sans me fatiguer, pourquoi donc me fatiguerais-je à t'accorder ce qui me coûterait évidemment moins à faire?

O fils d’Adam ! je suis ton ami, j’ai le droit d'exiger ton amour ; ne me demande jamais des choses déraisonnables, injustes, et demain je ne te demanderai pas de comptes. Si je ne suis point inflexible envers ceux qui me désobéissent, que ferai-je donc, moi, le Tout-Puissant, pour ceux qui suivent mes lois?

Les hommes de ma tribu.

Où sont les hommes de ma tribu ? où sont mes frères ?

Où sont ceux qui chantaient pour moi des chants d'amour?

PENSÉES ET MAXIMES 569

Où sont les braves qui méprisaient la mort !

Kt qui criaient au jour du combat : < Je suis un tel, lils d'un tel ! >

Enfants des Oulad-Yagoub (enfants de Jacob), me laisserez-vous conquérir par ces chiens altérés de sang ?

La jument noble (bkorro).

Ya hhorra ! ô la noble ! û ma fille ! par votre honneur, écoutez-moi : Je vous ai élevé de race en race, je vous ai fait boire, sur la fin des nuits, du lait de chamelle, et ma mère vous a donné scs soins. Tout le monde a les yeux sur vous ; montrez à ces enfants du péché ce que vous savez faire ; sauvez-vous et sauvez votre maître.

Le déjtart de» ami».

Que de fois mon cœur et mes membres n’ont-ils pas été brisés par le départ des amis !

C’est quand on se sépare que la fortune semble nous donner un avertissement.

Éloigné de vous, mes chers amis, je vais m’agiter dans l’étourdissement : le messager de l’avenir ne m’a-t-il pas annoncé tous les maux qui m’attendent '!

Amis de cœur, vous, mes seuls amis! En qui vais-je placer mes espérances quand vous serez loin de moi ?

Me voici comme l’oiseau dont on a coupé les ailes, et qui reste captif dans le filet des inquiétudes et du malheur.

Amis qui me quittez ! amis que je ne pourrai plus remplacer! quand me sera-t-il permis de vous revoir ?

Hélas I comme votre absence va m’affliger! Où trouver la

LA VIF. ARABE

consolation!! La résignation elle-même ne saura me la procurer.

Si vous demandez en quel élat je me trouve depuis notre séparation; parla main droite de Dieu, je ne sais plus où est mon Ame (1).

Salem.

Salem est mort le jour d'un grand combat.

Mais il est mort en nie sauvant la vie ;

J’en porterai le deuil, c’est un fils que j'ai perdu.

Je vous laisse les chevaux, 6 pasteurs !

Ils me connaissent et je les connais :

Le Temps (la Fortune) vient de me trahir,

Jamais je ne monterai plus ceux auxquels on met un frein.

Le» épreuves.

Il y a dix choses que l'homme doit inévitablement connaître pendant sa vie :

Le plaisir et la douleur,

La réunion et la séparation.

L’aisance et la gène,

La santé et la maladie,

La joie et le chagrin.

(L'émir Aabd-el-Kader, captif au fort Lainalgue.i

(l| Vers adressés aux généraux L'heureux et Daumas, par Aabd-el- Kader, quand, au bout d'une mission de quatre mois auprès de l'émir, ils durent s'en séparer après l’avoir conduit au chàleau de Pau, par ordre du gouvernement. Ils ont été traduits et certiliés par M. le baron Rousseau, interprète principd d : l’armée d'Afrique, et c'est là une constatation aussi précieuse qu'honorable îles égards que, tout en remplissant nos devoirs, nous n'avons cessé de témoigner à celui qui avait si nobicmement défendu son pays.

PENSÉES ET .MAXIMES

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