I.c klitfiitUib-en-nhliar était l'action d'oindr de sang le
LES ANCIENS AHABES
poitrail du cheval qui marchait eu tête dos cavaliers partant pour la chasse ou pour la guerre. Go signe indiquait l'exercice auquel ou voulnit se livrer, il portait bonheur.
Les chefs arabes plantaient toujours un étendard devant leurs tentes; cet usage avait pour but de les faire reconnaître de loin. On le nommait nassib-er-raya.
Us n’accordaient jamais la liberté à un prisonnier sans lui couper la mèche de cheveux qui se trouve au-dessus du front daus la partie de la tête correspondante à l’intervalle des sourcils. Ce traitement était la preuve d’une défaite et constituait une humiliation; on l’appelait le djaz el nouassy.
On a maintenant une idée des difficultés que Mohhainmed rencontra pour construire son édifice, et, sans vouloir entrer dans des considérations plus longues, je ferai seulement remarquer avec quelle habileté il marcha vers le but qu’il voulait atteindre, el de combien de ménagements pour la tradition il entoura sa tendance opiniâtre vers une réforme radicale.
N’est-ce pas le cas de citer le proverbe attaché à son nom : « La montagne ne veut pas venir à moi, j’irai vers la montagne. »
Ainsi, tout ce qu'il voulait obtenir, il l'obtint, parce qu'il sut se faire un moyen de tout ce qui lui semblait être un obstacle. On continue d’aller en pèlerinage à la Mecque ; mais ce n'est plus le temple des idoles, c’est, d’après les Arabes, le temple du vrai Dieu, du Dieu unique. Des pierres qui étaient adorées comme des fétiches subsistent encore, mais elles ne sont plus visitées que comme des monuments commémoratifs, et les superstitions grossières, les coutumes barbares ont disparu. Au point de vue purement religieux, l'islamisme a donc sa grandeur que nul ne peut mécon-
naître ; après treize siècles, pas un de ses sectateurs n'est différent. C’est même là ce qui fait que nous avons à contenir en Algérie une population toujours hostile et sur laquelle, malheureusement, nous n'exercerons, pendant longtemps encore, d’autre prestige que celui de la force.