‹ La vie arabe et la société musulmaneChapitre 19 sur 157 · LA VIL A II A 11 K · texte numérisé non relu

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railre: « Dieu l’a défendu,» il s’abstenait jusqu’à, nouvel ordre.

Les Arabes idolâtres interrogeaient encore l'aveuir au iiiov en de flèches qui étaient conservées avec soin dans le temple de la Kaaba.

Ce n'est pas tout.

Il était des coutumes impures, tolérées, autorisées même par la religion.

Un cite l’histoire d'Aladi, iils de Zerara-ben-Aadouss, qui épousa sa propre tille. Ce ne fut là qu’une exception, j’y consens; mais que dire de l’usage suivant, consacré par une pratique universelle ? Quand un homme mourait, son Iils aîné jetait un vêtement sur la femme du défunt, et il pouvait alors succéder à son père pour les droits conjugaux. Ne se souciait-il pas de cette union : moyennant une nouvelle dot, il cédait sou privilège à l'un de scs frères.

Annonqait-on à un Arabe lu naissance d’une fille, sa ligure se contractait de dépit et se rembrunissait comme un nuage orageux. Il n’était pas rare alors de voir des pères tuer leurs tilles avec la penséo de leur épargner la honte, la misère ou les malheurs attachés à leur sexe.

Un montre encore, près de la Mecque, une montagne que l’on nomme Bou-üalamate, le Père -des -Injustices, où les Koraïchc conduisaient leurs tillcs'pour les enterrer vivantes ; on ne pouvait les racheter de la mort qu’en sacrifiant à leur place deux chamelles pleines et un chameau. Mohhammed condamna et fit supprimer cette horrible coutume.

Un Arabe des Beni-Oumiya prétendait que son père avait, en le pouvoir de rappeler les morts à la vie; on contesta le fait, mais il répliqua : « Dieu a dit que celui qui sauvait une personne de la mort un la rachetant, était censé l’avor ressuscitée, et mon père a sauvé ainsi les filles de Muuddulf. — Eu ce cas, lui répondit-on, votre prétention est juste. »

LES ANCIENS AllAItES

Quoi iju’il un soit, suivant les Arabes, c’est notre seigneur Abraham, le chéri (le Dieu, — Sid-na Uraliim Khalil-Allah, qui, le premier, a mis en pratique les dix usages suivants ; le Prophète n’aurait fait que les conserver :

1“ La circoncision, tahara ;

2° Les ablutions, el ouduu ;

Se couper les ongles ;

1" Couper ses moustaches à hauteur de la lèvre supérieure, tie laissant s’allonger que les coins ;

5“ Épiler les aisselles ;

0° Épiler les autres parties du corps;

7° Le hhfiuia ; 0

8° Le kohhel ;

9U Le souak ;

10° Le tibe, etc., — les parfums.

(In cherche à le prouver en établissant que Sarali et Agar — femmes d’Ahraham — se teignaient les mains avec du lilu’iiiiu bien longtemps avant l'islamisme.

De tout temps, le kulilid a été employé soit comme remède, soit connue ornement; suivaut Abou-Boker-es-Sadik , la première femme qui eu lit usage, fut une femme de l'Yémen, nommée St'djalia. Elle en acquit une vue si forte, qu’à la distance d’un jour de marche, elle pouvait distinguer un homme d’une femme.

On faisait le souak avec la branche d'un arbuste très-commun dans le Yrak. Cet arbuste venant à manquer, on l'a remplacé par de l'écorce de noyer ou de noix. Cette écorce donne aux lèvres une couleur brune qu'on regarde comme une beauté. On prétend aussi qu’elle conserve les dents.

Il me parait encore juste d'atlrihuer aux anciens Arabes le goût très-pruuuncé d'une poésie qui savait s’habiller des couleurs les plus vives, et au sommet d( laquelle on était

toujours certain de retrouver la femme et les combats, lin effet, its aimaient à peindre par la parole' tout ee qui frappait les reyards, tout ce qui pouvait inspirer le goût des belles actions. Ne sachant, pour la plupart, ni lire ni écrire, ils chantaient d’inspiration, l'amour, l'hospitalité, la guerre, les hauts faits, la gloire de la tribu. A certaines époques, les improvisateurs se réunissaient devant une assemblée nombreuse, composée de gens distingués de tous les pays, et y luttaient d’enthousiasme et de talents. Celui qui avait remporté le prix était comblé d’honneurs, et son poème, reproduit en lettres d’or, était suspendu à la Mecque, dans la Kaaba, où les voyageurs et les pclferins venaient l'étudier, l'admirer, et souvent l'apprendre par coeur avec l’intention de le propager plus tard sous leurs lentes. On voit, par ce qui précède, que, si l'on peut reprocher à l’Arabie païenne une foule de coutumes barbares et de superstitions ridicules, on doit cependant lui concéder des moeurs très-chevaleresques qui, sans disparaître entièrement, ont, en général, depuis 1'islmuisme, cédé la place au fanatisme religieux.

Maintenant, j’aurai esquissé le tableau des mœurs et des coutumes arabes avant Moliltainmed, quami j'aurai rappelé un usage général qu’on nommait oufadn, et signalé encore quelques pratiques bizarres dont les unes ont été supprimées dans le nouvel ordre légal, et dont les autres, qui n’étaient que singulières, sout simplement tombées en désuétude.

On entendait par oufada un tribut payé par les Koralche à chaque fête du pèlerinage. Ce tribut consistait en provisions destinées aux pèlerins qui étaient trop pauvres pour pouvoir se nourrir. Kussui avait dit aux Koraïclic : * Pour être les voisins de l'habitation de Dieu, vous êtes fixés dans le liharam, les pèlerins sont les botes de Dieu ; ils viennent le visiter; à ce titre, ils sont plus digues d'une bonne

LES ANCIENS ARABES

réception que les hôtes ordinaires ; pourvoyez donc à leurs besoins jusqu’à ce qu’ils quittent notre pays. »

Le premier qui se soumit à ce tribut fut le fumeux Aabdel-iletlaleb, qui creusa Byr Zcm-Zeui, le puits de Zem-Zem. Il y trouva deux gazelles en or, ornées de pierres fines et précieuses; plus, cinq sabres et cinq cuirasses complètes. Les sabres et les cuirasses servirent à confectionner les ferrures de la maisou de Dieu ; les gazelles furent fondues : on en lit des ornements pour la Kaaba.

C’est probablement de l’Oufada que sont sorties, pour tous, les traditions de cette touchante hospitalité — (li/a — que l'on admire encore aujourd’hui chez les Arabes. Dans ces temps reculés, on ne devait déjà plus rien craindre quand on avait eu le bonheur, soit d'arriver à la tente de son plus cruel ennemi, soit de loucher le manteau, aubaya, de l’une de ses femmes. Il vous devait asile et protection. Le Prophète, au lieu d’abolir ces coutumes généreuses, leur donna au contraire la plus éclatante des consécrations en les faisant entrer dans le dogme.

La saaiba, c’était l'action par laquelle un maître affranchissait son esclave en lui disant: « Va-t’en, lu es libre. » 11 n’y avait point alors d’autre formule d'affranchissement, et, cependant, si l'esclave ainsi libéré venait à mourir, son ancien maître, dans aucun cas, 11e pouvait en hériter.

( In appelait ouassila la réglementation de la brebis ; si elle niellait bas une femelle, celle-ci appartenait au maître du troupeau, tandis que, si elle produisait un agneau, il était consacré aux dieux ; si elle donnait jour à deux jumeaux, un mâle et une femelle, 011 disait de cette dernière: « Elle a racheté son frère ; » celui-ci n'était pas sacrifié.

lialtira était la chamelle qui, ayant mis bas cinq fois, avait liai par produire un mâle. En commémoration de ce fait

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heureux, ou fendait l’oreille à cette chamelle, qui ne pouvait plus être immolée ; on ne la tondait plus, elle restait libre de prendre sa nourriture partout où cela lui plaisait, on en avait le plus grand soin.

Quant au liliam, c'était le chameau qui avait servi dix années de suite à la reproduction. On disait do lui : Miami daharo, son dos est protégé. Il était dispensé de porter les fardeaux et ou le laissait paître à sa convenance.

Dans certains cas, on concédait aussi des immunités aux brebis quand, par leur fécondité, elles avaient augmenté la fortune cl lo bien-être de leurs maîtres.

Par tous ces soins et tous ces privilèges accordés au chameau et à la chamelle, ou peut juger maintenant de l'amour dus Arabes pour un animal qui, vivant ou mon, leur rend les plus grands services, qu'ils appellent les vnissenu.x — yuuareb e betr — de la terra et qui, disent-ils, les portent, eux, leurs familles cl leurs biens, du pays de l'oppression dans celui du la liberté.

Jielem, mot que nous avons déjà vu dans une autre application, était lo nom donné à la chamelle que l’on conduisait sur le tombeau do sou maître, où, les yeux bandés, elle était condamnée à mourir du faim, et devait servir do monture au décédé.

Toutes les coutumes qui précédant provenant de l'ignorance et du paganisme, Dieu, dans lo Koran, les a désapprouvées. Kilos constituaient des oeuvres d’idolâtres et privaient les croyants des avantages que les animaux peuvent procurer.

Pour en Unir avec les usages disporUB, il ne me reste plus qu a dire ce qu’on entendait par le klicddab en-nhbar; le nussib-er-raya et le djaz el noutmsy.

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