‹ La vie artistiqueChapitre 28 sur 41 · III. — ART D INSTITUT · texte numérisé non relu

III. — ART D INSTITUT

Avec M. Henner nous avons mangé notre pain blanc le premier, pour ce qui concerne Tart de l'Institut. Nous ne retrouverons pas la même joie de peinture avec M. Bonnat qui échafaude, selon les préceptes, les allégories de la Justice, de la Vérité, de la Violence, de THypocrisie, pour garnir le plafond de la première Chambre de la cour d'appel de Paris, figures massives, d'une grosse force, installées parmi des blocs denuages. Cette pesante maçonnerie est la marque définitivede M. Bonnat. Comme ses prédécesseurs à laprésidence de la République, M. Loubet éprouve cette vigueur entêtée qui gâche et construit du même mortier les visages et les redingotes, les déesses et les vapeurs aériennes.

La pâte de M. Bouguereau est plus fine, mais je lui préfère encore la rugueuse matière de M. Bonnat : son Amour voltigeant sur les eaux ne voltige

Mme Vallgren — des porcelaines de M* G. de Feure — des chandeliers de M* Pierre Selmersheim. Il y a dans tout cela du connu et du nouveau. Il y a un carton de tapisserie de colorations harmonieuses de M. Paul Ranson et des panneaux de fleurs d'une beauté originale de Mme Bauban-Binet ; il y a les statuettes de M. Vallgren j il y a^ auprès d'un piano de M. Carabin, que je n*aime guère, trop chargé à contre-sens, des bijoux, une Danse esptignole, une Otero, avec lesquels ce maître du bois et du bronze rallie tous les suffrages.

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