V. — PEINTURE HISTORIQUE
Un événement assez rare : une Jeanne d'Arc conçue avec simplicité, sans charlatanisme mystique. Elle a pour auteur M. Paul-Hippolyte Flandrin. Un homme d'armes avance maladroitement sa jambe et son pied bardés de fer, au premier plan du tableau, et c'est dommage. Tout le reste est d'une sobriété parfaite, d'une humanité sobre : les soldats, les paysans qui regardent Jeanne, et Jeanne ellemême, très petite fille, tranquille et résolue, sans aucun cabotinage.
Je voudrais pouvoir louer aussi M. Rooault qui a représenté, affirme le catalogue, le Christ et Jiidas^ Orphée et Eurydice^ mais je ne parviens pas à déchiffrer Topacité rousse et noire de ses tableaux, et je le regrette, car je connais, par de beaux dessins exposés autrefois^ le talent de Tartiste hanté par Moreau et Rembrandt, et qu'il faut souhaiter voir venir à Fétude de la vie. Son cas est bien particulieri fait songer au Chef-d^ œuvre inconnu^ de Balzac. On aimerait donner le sursaut de la guérison et Tamour du vrai à cet artiste, comme à M. Desvallières.
M. Rochegrosse, d'esprit si curieux, si cultivé, s'égare d'autre façon en faisant grincer sa couleur et en affadissant son dessin pour exprimer en tableaux de féerie la Légende merveilleuse de la reine de Saha et du roi Salomon.
La peinture historique, plus spécialement militaire, est représentée par nombre d'œuvres. C'est M. Faber du Faur, avec Mil huit cent dou^^e, qui me paraît
le mieux représenter la bigarrure et le mouvement d'une armée, et encore j'ai vu, du même artiste, de meilleures pages, plus âpres, plus singulières.
§ VI. — l'anecdote toujours reine