XII. — LES ÉTRANGERS
Les artistes étrangers tiennent une grande place au Salon des artistes français, et une bonne place aussi.
de Brueghel, est d'une souple facture qui lie les êtres Tun à l'autre du même mouvement. Le Satj^'re, de M. Michèle La Spino, est une oeuvre italienne détaillée, soulignée, d'une singulière vie animale :
Têtre bestial, chargé de fruits, court à toutes jambes, tout riant, et il est impossible de ne pas apercevoir le talent qui s'est ingénié à exprimer ce corps en trépidation et cette face de brute en joie.
Des images plus douces nous sont offertes par V Amour m^/^r«^/, de M.Gaston Contesse ; la Mélancolie^ de M. L'Hoest ; et voici, de M. Derré, un Tronc pour l'œuvre des filles-mèreSy qui est d'inspiration pitoyable et de travail artiste.
Les nus du Salon semblent presque tous sortir de chez le même praticien : c'est le marbre lisse et vide, gratté, poli, sans accent, sans signification. Je veux dire les exceptions que j'ai pu découvrir: la Volupté de M. F.
Charpentier, un visage dans Tombre, un sourire, un corps qui frémit, des jambes abandonnées; le Printemps^ de M. Gre-
L'anecdote sévit trop souvent, comme à la peinture, mais plus pénible encore à contempler sous la forme durable de la pierre et du métal. 11 y a beaucoup trop d'animaux spirituels et de bébés à intentions.
Il y a trop de bustes aussi, tellement que leur énuraération ne peut même être tentée. Je sais bien que, là, nous touchons à Tune des nécessités de l'existence des sculpteurs : le portrait est Tune de leurs grandes ressources, avec les commandes de TEtat, et, tout naturellement, le modèle veut figurer au Salon, et l'artiste consent, espère d'ailleurs tenter au passage quelque client possible. Rien à dire.
Le métier de statuaire n'est pas facile, les frais sont considérables, la rétribution est minime, et l'artiste, bien souvent, vit toute une existence médiocre poursatisfaire le désir d'art et d'idéal qui est en lui.
La nef est aussi encombrée de morceaux d'Ecole, accomplis selon les préceptes.
Des hommes de talent appris, qui pour-
de tant de travaux faits au hasard, ou d'après des recettes usées. C'est la Rêverie^ de M. Frédéric Hexamer. Voilà un sculpteur épris de vérité, et qui n*a pas le nom qu'il devrait avoir. Je vois au catalogue qu'il est élève de Dumont, et il y a des années qu'il envoie aux Salons des figures tout à fait remarquables. Celle de cette année est d'une réalisation, à mon goût, complète. C'est une femme nue, assise, très calme, sauf un petit mouvement nerveux delà main gauche. Elle est jeune, la poitrine belle, mais Ton ne manque pas de s'indigner parce que l'artiste a marqué le mûrissement et la fatigue du ventre et des flancs. C'est une critique superficielle, de gens qui regardent vite, qui passent vite. Que l'on s'arrête, que l'on regarde mieux. S'il y a quelques accents un peu durs à la cassure de la taille, ils disparaîtront avec le marbre, et même il faut souhaiter qu'ils ne disparaissent pas trop, que M. Hexamer taille lui-même sa statue. En vérité, cette femme est de chair, elle est vivante,
et sa forme générale est admirable. Tout s'y tient, les jambes, les bras, le torse font une unitéj la tête est belle et fine d'expressîonj voilée d'ombre et de mélancolie, avec un fin souris comme les visages de Vinci. M. Hexamer aime la nature et son art, et il a fait une belle statue,
§ XV. — LE « BA0BIK » DE M. BOVERIE
M. Boverie aussi a fait une œuvre qui compte^ avec le Baudin^ représentant du peuple^ destiné au faubourg Saint-Antoine. C^est une statue moderne, de style moderne, comme le groupe des deux savants de M. Dewillez, exposé à la Société nationale. Ici encore, jesongeauxdessins de Brion, qui illustrent les Misérables^ et qui ont vraiment fixé un temps avec la science, la logique d'une forme expressive. Le Baiidin de M. Boverie est droit sur la barricade, la bouche ouverte pour son dernier cri, le poing serré devant lui, d'un mouvement tout à fait beau et qui donne l'accent à la silhouette.
si tout cela pouvait être un peu moins sculpté, s'il y avait moins de perdrix, de lapins, de grenades entr'ouvertes, sur les buffets, moins de fleurs, moins de festons et d'astragales sur le reste, cela serait encore très bien. On arriverait ainsi à des formes simples, logiques, finement ajustées, aux lignes droites et aux lignes courbes commandées par l'emploi et par le plaisir, par la nécessité et par le besoin de bon repos.
On attendait cela des artistes, mais ils ne pouvaient pas le faire tout de suite, paraît-il. Il leur fallait, pour vivre, vendre un objet, un meuble, le prix d'une sculpture ou d'un tableau. Le marchand n'achetant pas comme modèle cet objet, ce meuble, il fallait bien continuer de s'adresser aux amateurs, clientèle forcément restreinte. On a donc, depuis des années, vendu très cher le pichet d'étain, le vase de grès, etc., etc., qui ne valent, au prix de la matière, que quelques sous, et pour justifier le prix de vente élevé.
par M. Marqueste ; Pasteur^ de plans simpleSj mais mal expressif, de M. Jean Hugues ; un autre Pasîeur^ pour la ville d'ArboiSj de M, Daillionj est à peu près du même ordre que le premier. Le C/ï-srdiUy de M, Paul Fournier, sans destinalion, je croiSj est juché sur un socle disgracieux, mais la tête est bien traitée, avec un sens de la poésie d'observation et de la finesse philosophique du grand artiste,
M, Gustave Michel a fait une belle statue de vieillard, au visage d'intelligence araère, volontaire et perspicace, comme d'un vieux savant, d'un vieux Faust, encore animé du désir de connaître. Et le petit bas-relief de marbre de l'artiste, la Charmeuse^ est de la même qualité d'art. Le Froid ^ de M. Roger Bloche, est un groupe simple, compact, de vif sentiment humain, l'homme et la femme rassemblés d'un beau geste d'amour. V Aveugle ^ de M, Hotger, l'homme, la femme et l'enfant, qui courent un peu à la manière des aveugles
de Brueghel, est d'une souple facture qui lie les êtres l'un à l'autre du même mouvement. Le Satyre, de M. Michèle La Spino, est une oeuvre italienne détaillée, soulignée, d'une singulière vie animale :
Têtre bestial, chargé de fruits, court à toutes jambes, tout riant, et il est impossible de ne pas apercevoir le talent qui s'est ingénié à exprimer ce corps en trépidation et cette face de brute en joie.
Des images plus douces nous sont offertes par V Amour m^/^r«^/,de M.Gaston Contesse ; la Mélancolie^ de M. L'Hoest ; et voici, de M. Derré, un Tronc pour V œuvre des filles-mères^ qui est d'inspiration pitoyable et de travail artiste.
Les nus du Salon semblent presque tous sortir de chez le même praticien : c'est le marbre lisse et vide, gratté, poli, sans accent, sans signification. Je veux dire les exceptions que j'ai pu découvrir: la Volupté de M. F.
Charpentier, un visage dans Tombre, un sourire, un corps qui frémit, des jambes abandonnées; le Printemps^ de M. Gre-
ber, un jeune corps légèrement indiqué, comme enfermé dans une gaine, un ressouvenir du grand art de rEgypte; Femme et Satyre, de M. F, Souiès, un beau mouvement de deux jeunes corps, une grâce jeune et souple ; la Nymphe de Diane ^ de M. Rispal, une forme fine et longue, bien courante ; V Ariane abati' donnée, de M. Schuler, une touchante expression du visage caché dans Tombre des bras; le ventre et les jambes de la Femme au lit\ de M, Mengue ; le dos du Repentir^ de Mme Fanny Marc,
Je passe aux bustes. S'il est utile d'ex- , primer une opinion sur le buste de M.
Loubet parM. Puechjedirai que cette opinion est très bien formulée par le livret qui dit: « Portrait officiel àt M. le président de la République », et j'ajouterai que je préfère le buste de M. Loubet par M.
Enderlin. C'est un bon portrait. Et c'en est un autre que le Saint-Saëns, de M.
Paul Dubois. Et je reconnais la mâchoire en avant et les yeux vifs de M. Ledrain, sculpté par M. Capellaro.
Il n'est pas nécessaire de remonter à l'antiquité et d'attester Barye pour se convaincre que les portraits d'animaux ont aussi leur prix, quand ils ne sont pas mis en scène de manière puérile. J'ai admiré le Chat de M. Dampt à la Société nationale. Il n'y a pas ici de personnage aussi important, mais il y a les Jeunes ours jouant^ de M. Peter, qui sont bien vus avec leurs courtes pattes, leurs reins lourds, leur façon gauche et leste, et il y a les Oursons à Vaffût^ de M. Paillet.
Et je termine en saluant la renaissance possible du « bois». Allons-nous assister à cette renaissance qui a eu M. Carabin pour précurseur ? Il y a nombre de bois sculptés au Salon de cette année, parmi lesquels des œuvres telles que les Masques de M. Armand Bloch ; le Vigneron du Berry de M. Henry Jossant ; la Chiffonnière f de M. Jean Tarrit, et le Buste d'HarpignieSy en chêne, hommage logique au peintre des chênes.
§ xvn. — l'aht décoratif
A la Société nationale, c^est la section des Objets d*art. Ici, c'est la section de fArt décoratif* Toutes deux se développent d'année en année jusqu'à prendre, par moments» avec certains meubles»
certaines vitrines^ une apparence de magasin I parfois de bazar. D'ici deux ou trois ans, ce sera un débordement, et le caractère industriel s'affirmera de plus en plus. Il ne faut pas s'en plaindre, non seulement parce qu'il vaut mieux être optimiste avec un peu de parti-pris, ou, si Ton préfère, pessimiste avec bonne humeur, mais encore parce que ce développement est logique, que rien ne peut Tempècher, que tous les efforts des artistes et des écrivains Tont créé, bon gré mal gré.
Qu'a-t-on dit, en effet, lorsque les premiers objets, façonnés par des artistes, on fait leur apparition aux Salons annuels? On a dit qu'il ne s'a-
gissait pas seulement, pour rénover les arts du mobilier, de créer des objets de vitrine, qui coûteraient très cher, qui ne circuleraient pas, qui resteraient à demeure dans les collections. On a dit qu'il fallait mêler l'art à la vie, mettre l'objet simple et beau à la portée de tous par le bon marché. Cela ne devait pas empêcher les catégories, bien entendu.
Les métaux précieux et les pierres rares valent toujours le même prix, de quelque aspect que soit la monture, et les bijoux et les parures où s'ingénient nos artisans ne peuvent être qu'objets de luxe.
Mais la question du luxe ne se posait pas, par la raison qu'elle a été toujours posée. Il s'agissait de toute autre chose.
Il s'agissait de savoir si l'on pouvait donner des formes belles et usuelles aux pièces du mobilier et aux objets dont se servent les classes moyennes et les classes pauvres, car, malgré la liberté, l'égalité et la fraternité, il y a encore des classes moyennes et des classes pauvres, petits bourgeois, petits com-
merçants, employés, ouvriers, paysans^ et aussi nombre de gens appartenant
aux professions libérales* C*est le gros de la nation, c'est Timmense majorité.
Il s'agissait donc de savoir s'il pouvait y avoir un art pour cette majorité, ou s*il lui faudrait toujours se contenter de la camelote j de la pacotille fabriquée tant bien que mal, à profusion, en veuxtu en voilà.
Notez qu'il y a bien des objets qui répondent admirablement à leur destination et dont il est tout à fait inutile de vouloir changer la forme : les marmites à pot au feu, les casseroles, les pots pour le beurre, la boîte à sel, pour prendre, par exemple, les objets de cuisine, sont très bien comme ils sont, et il est inutile de les « décorer » et de modifier leur aspect. Ce qui serait à reprendre, c'est le meuble, c'est le buftet, c'est la table, c'est la chaise, c'est le lit.
Tout d'abord, le bois de bonne qualité et la fabrication plus attentive constitueraient un progrès immense. Et puis.
si tout cela pouvait être un peu moins sculpté, s'il y avait moins de perdrix, de lapins, de grenades entr'ouvertes, sur les buffets, moins de fleurs, moins de festons et d'astragales sur le reste, cela serait encore très bien. On arriverait ainsi à des formes simples, logiques, finement ajustées, aux lignes droites et aux lignes courbes commandées par l'emploi et par le plaisir, par la nécessité et par le besoin de bon repos.
On attendait cela des artistes, mais ils ne pouvaient pas le faire tout de suite, paraît-il. Il leur fallait, pour vivre, vendre un objet, un meuble, le prix d'une sculpture ou d'un tableau. Le marchand n'achetant pas comme modèle cet objet, ce meuble, il fallait bien continuer de s'adresser aux amateurs, clientèle forcément restreinte. On a donc, depuis des années, vendu très cher le pichet d'étain, le vase de grès, etc., etc., qui ne valent, au prix de la matière, que quelques sous, et pour justifier le prix de vente élevé,
on a modelé une figure en anse^ ou sur la panse, ce qui peut constituer, en cas de réussite, une œuvre agréable de sculpture, mais ce qui ne prouve rien pour le progrès de l'art usuel, pour la renaissance des métiers appuyés sur l'art.
Tout le monde, je pense, est bien d'accord là-dessus.
Ce qui devait sortir de ce premier mouvement, qui était un mouvement artiste, c'était un mouvement industriel.
Je crois que nous en sommes à cette seconde étape. On l'a aperçu clairement à TExposition universelle. L'industrie s'est émue, commence à changer ses modèles, en France, et à l'étranger.
L'agitation, comme on Ta vu, est grande en Allemagne, en Autriche, en Belgique^ en Hollande. Pour l'Angleterre, qui a pu paraître stationnaire, elle nous avait devancés, et Ton peut dire que son essai de rénovation des arts industriels date de l'Exposition qu'elle fit en 1851. C'est du mouvement anglais qu'est sorti le mouvement français, qui suivit la guerre de
1870, et c'est le mouvement français de ces dernières années qui a accéléré le mouvement européen. Partout, maintenant, on veut susciter des formes nouvelles, créer un style, changer le décor de l'existence de l'homme.
C'est beaucoup d'ambition, c'est trop.
Faut-il répéter que l'on ne crée pas un style, que les formes ne naissent pas par génération spontanée, qu'il faut, bien plus simplement, que chaque pays obéisse à son génie propre, continue ses traditions, ajoute le travail au travail. Cela suffît pour écarter tout pastiche, pour modifier, pour nuancer les formes existantes. C'est ainsi que Ton crée des formes nouvelles : on est tout surpris, si Ton embrasse un jour une période de ce bon labeur, d'apercevoir que tout a changé insensiblement et que le « nouveau» cherché s'est trouvé tout seul.
C'est ainsi, pour prendre un siècle et demi de notre histoire artistique, que le style Louis XIV s'est changé en style Louis XV, et le style Louis XV en style
Louis XVI, sans secousses, sans heurts^ par la simple logique de la vie, par la continuation de Teffort et de la recherche, par radaptation aux mœurs et aux goûts de l^esprit. 11 n*y a pas eu de brusques solutions de continuité, il y a une ressemblance, un air de famille, etpourtant quelles différences profondes! De même le style Louis XVI va au style Empire à travers la Révolution. Après, c'est la décroissance, l'arrêt, le pastiche.
Revenons donc à nos destinées. Reprenons les formes au point où elles nous semblent parvenues à la perfectionj à la grâce aisée, adaptons-les à notre vie, à nos mœurs. Evitons les superfluités.
Nous ne les évitons pas en ce moment. Il est trop certain que TEurope entière est empoisonnée d'un style filandreux, de formes coulantes de guimauve, qui n^ont aucune raison d^être. Vous en verrez au Salon de cette année ; vous verrez un très joli meuble de M. Majorelle, de Nanc}^, agrémenté de cette guimauve dont Tartiste ne savait sans doute
bon et le mauvais, ou si Ton veut, Tordinaire. Beaucoup travaillent pour des éditeurs anglais qui leur donnent à reproduire des paysages et des tableaux de genre d'artistes de la Grande-Bretagne, qui peuvent bien avoir des admirateurs émus de l'autre côté du détroit, mais qui n'en sont pas moins, les paysages, d'une banalité, et les scènes de genre, d'une niaiserie au-dessous delà moyenne.
C'est cela qui se vend, dit-on. Rien ne prouve que d'autres œuvres ne se vendraient pas. Et il en est de même pour des œuvres françaises. Pourquoi donner la durée de la gravure à des productions de vie éphémère ? Cela sert, dira-t-on encore, à mettre au moins en valeur la virtuosité, le talent du graveur. Ce talent éclaterait bien davantage s'il s'attaquait plus haut, et cela, je crois, est bien aisé à comprendre et à admettre. Un graveur a son tempérament, son goût, ses affinités. S'il était libre, il irait vers telle époque d'art, vers tels maîtres. C'est aux dispensateurs de travauxde discerner
soufflent des bulles de savon^ tout cela comme ampoules de lumière électrique.
Vous verrez des bois corrodés, des velours pyrogravés, des cuirs garnis de pierres précieuses, des reliures chargées de bas-reliefs^ des bronzes et des zincs d'art- Et souvent vous en voudrez à r« art nouveau », ou mieux encore a l'« art actuel *)• N'ai-je pas lu cette désignation sur une vitrine ? Oh ! le délicieux ironiste sans le savoir qui a trouvé f € art actuel » !
Il faut arriver à désigner quelques œuvres vues au cours de cette promenade dans la section des objets d'art. L'objet tient à la sculpture, c'est aussi une recherche de formes, et il est tout naturel de trouver ici des sculpteurs, comme M. Emile Derré qui décore le fronton d'une maison avec le Nid, apparition d'un groupe familial parmi les feuilles et les fleurs d'un savant arrangement; comme M. Riche avec ses Chats ; M. Navellier avec son Eléphant ; M. Henri Gros avec sa Pastorale, bas-relief en pâte de
verre, de joli et pur sentiment antique.
La vitrine de M. René Lalique excite comme toujours, et fort justement, la curiosité et l'admiration. L'artiste mérite d'être suivi, non seulement pour son grand talent fait du don d'observation, du goût d'arrangement, de fine et vive exécution, mais encore pour sa faculté de renouvellement. Ainsi, sa vitrine de cette année, diadèmes, boucles, bagues, etc., où dominent l'opale, la nacre, les ors pâles, est une délicieuse harmonie en blanc qui aurait inspiré un Théophile Gautier, maître en équivalences. C'est tout à fait léger, aérien, argenté, clair de lune, avec tout le sérieux de formes et de proportions où s'est fixé M. Lalique.
M. Henry Dubret, artiste dijonnais, a certainement étudié sa flore ornementale au bord des sentiers du Val-Suzon ou parmi les buissons qui couronnent les cimes abruptes de la côte de Chenove. La poésie de ses compositions évoquera, pour ses compatriotes de
Bourgogne, le souvenir et le parfum des hombles plantes cueillies et respirées au cours de tant de belles promenades- Au
milieu de fines ciselures entourant les pierres précieuses on admire les petites plantes que Ton aimerait à grouper dans un bouquet : le jasmin pâle, les ronces et les églantines à la couleur anémiée, les narcisses d'or^ le géranium des bois mêlant son carmin aux grappes d'épine-vinettej la feuille d/ellébore épousant la blanche marguerite et la douce pervenche bleue. M, Dubret est dans la vraie voie. Qu'il continue à explorer les broussailles de son pays : sa joaillerie s'en trouvera bien.
Des notes prises devant la vitrine de MM. Falize, cette vitrine que surmonte un poisson nageant à travers une eau changée forcément en bloc de glace, me remettent en mémoire une Psyché abandonnée attendant V Amour ^ figurine en ivoire, or et chrysoprase, d'un précieux travail, mais d^une expression fade. Les parures exposées sont aussi d'une ri-