FIN DE LA VIE AU
J'y arrivai après trois heures de marche.
La, je trouvai neuf waggons que j'avais loués ; je les chargeai pour transporter ma collection de trophées de chasse au port où je devais les embarquer pour l'Europe.
Quand je revins à Colesberg j'avais presque l'intention d'entreprendre une autre expédition dans l’intérieur, mais un concours de circonstances imprévues me força à regagner ma terre natale.
Je fus très-chagrin d'être obligé de prendre cette détermination; car j'avais passé cing années dans l'intérieur de l'Afrique à chasser différentes espèces de gibier, et cependant je sentais qu’il me restait beaucoup à faire.
La vie sauvage, indépendante, du chasseur n’avait rien qui me déplüt, bien au contraire; chaque jour elle me séduisait davantage ; je ne peux cependant pas me dissimuler que, lorsque je chassais péniblement les éléphants, je m'épuisais et j'altérais ma santé. Outre cela, le temps requis pour atteindre les terres éloignées où vivaient ces pachidermes était presque de six mois pour l’aller et le retour, et je compris que mes chiens et mes chevaux auraient perdu leurs forces avant d'arriver au terme du voyage.
Bien plus, mes nerfs étaient malades; j'étais trèsfaible, et le brûlant soleil d'Afrique avait exercé une facheuse influence sur moi.
Je pensai donc qu’un voyage en Angleterre me ferait grand bien et qu’à mon retour j'aurais retrouvé l'énergie nécessaire pour recommencer de nouvelles expéditions.
Une fois cette résolution prise, je quittai la colonie, et me dirigeai vers Élisabeth-Port en suivant le chemin de Graff-Reinett et en traversant la chaîne de montagnes de Snewberg. Le 10 mai j’atteignis les côtes de l'Océan, que Ruyter et plusieurs autres de mes gens n'avaient jamais vu, ils contemplèrent ce spectacle avec une surprise mélée de crainte.
Le 49 février 1849 je retins mon passage sur UAugusta pour retourner dans la vieille Angleterre. Ma précieuse collection de trophées et mes waggons du Cap pesaient tout ensemble plus de trente toneaux, que l'on embarqua soigneusement. Le 7 juin nous mimes à la voile, et j'emmenai avec moi mon petit Bushman. LM
Je regagnais donc ma patrie après un séjour de près de cinq années dans le sud de l'Afrique, où presque tout mon temps avait été consacré à la chasse, la plus noble de toutes les occupations de l'hommel