‹ La vie au desertChapitre 13 sur 175 · LAFERRIÈRE · texte numérisé non relu

LAFERRIÈRE

Cherville et Hetzel se regardérent, consternés.

— Eh bien! qu'en dites-vous? demandai-je.

— Où en éles-vous de votre drame ?

— Ii me reste à faire la moitié du cinquième, et le sixième tableau tout entier,

— Alors, pas moyen.

— Pas moyen pour moi, du moins; mais allez, vous, mes enfants. Cherville me raconlera la chasse, Hetzel brodera sur le récit de Cherville, et, moins le plaisir d'être avec vous, ce sera exaclement comme

Si j'y avais élé

Je repris ma plume, déposée un instant sur la cheminée, je recommandai de remettre les cartouches dans le carnier, le carnier dans l'armoire, le fusil dans son fourreau, et je remontai mon deuxième étage avec un gros soupir.

Ah! si j'avais eu quelqu'un pour faire mon drame, comme j'aurais été à la chasse !

Le 5, au soir, mon drame complet de la Conscience partit pour Paris; le 6, au matin, un commissionnaire apporta à la maison un cuissot de chevreuil,

accompagné de cette lettre :

«Mon cher Dumas,

» Je vous envoie du chevreuil de Saint-Hubert. Ce soir nous irons prendre, Hetzel et moi, une tasse de thé chez vous, et je vous promets de vous raconter une chasse comme vous n’en avez pas entendu raconter depuis celle de Robin des Bois.

» Joigneaux vous embrasse tendrement, Hetzel et moi vous serrons la main.

» Tout à vous,

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