‹ La vie au desertChapitre 16 sur 175 · GIGOGNE · texte numérisé non relu

GIGOGNE

Le lièvre laissa ses fanes de carottes et se mit à

courir après lui. —

Sa femme, qui attendait sur le seuil, espérant son |

retour, le vit passer sans qu’il parût faire attention delle, sans qu’il répondit à ses cris.

Derrière lui bondissait le grand lièvre, plus grand qu'il n’avait jamais été.

On eût dit deux spectres, tant ils passèrent rapi-

dement.

Le lendemain matin, on retrouva le corps de mon pauvre grand-père à l'endroit même où, un an auparavant, on avait retrouvé celui de Thomas Pichet.

Il paraissait mort depuis plusieurs heures.

Il était couché sur le dos. æ

Ses mains tenaient le grand lièvre blanc par le cou, et ses doigts crispés l’étreignaient de telle façon qu'il fallut renoncer à lui ôter l’abominable animal.

Il va sans dire qu'il était mort.

Le louis d’or que mon grand-père avait recu des deux étrangers servit à payer son cercueil, la messe des morts et son enterrement.

L’aubergiste se tut.

Là se terminait son récit. .

— Parbleu! dit Hetzel, j’espérais que cela se terminerait autrement : il me semblait que le grand lièvre blanc allait tourner au civet, et j’eusse été curieux d'apprendre s'il faut faire mourir le diable

avant de le mettre dans la casserole.

Voilà, cher lecteur, le récit de mon ami Chervilleÿ …

tel qu’ik nous le fit, boulevard Waterloo, numéro 73, le 6 novembre 1853, à son retour de la es

Il me tint trois nuits éveillé, et ce n’est que près de deux ans et demi après, comme vous pouvez le voir par la date ci-dessous, que j’eus le courage de l'écrire.

Samedi 22 février 1856, à une heure trois quarts du matin,

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