‹ La vie au desertChapitre 36 sur 175 · PÈRE · texte numérisé non relu

PÈRE

au nez du bizarre toucan, prit enfin courage et dit:

— Cest vous, autruche, que je trouve de beaucoup le plus beau des deux.

Le toucan indigné s’envola au loin; l’autruche, ravie de la décision de l’enfant, se tourna fièrement vers elle, et lui dit :

— Où allez-vous, ma belle petite?

— Oh! à bien des milles, loin, loin! fit-elle, et je crains de ne jamais reyoir ma maison, car j'ai voltigé si longtemps de côté et d’autre!

— Montez sur mon dos, dit Vautruche, qui se baissa afin qu’elle pat se blottir entre ses ailes.

Dès qu’elle y fut confortablement établie, elle prit sa course, et courut comme le vent, à travers les collines, les vallées, les sables, jusqu’à ee qu’elles se trouvassent au bord dela mer; ici l’autruche s’arréta, comme de juste, incapable qu’elle était d’aller plus loin avec sa petite protégée.

— Et maintenant, ma bonne autruche, que dois-je faire? dit Tiny.

— Attendez un peu, repartit l’oiseau, voici venir un superbe coquillage qui, j’en suis sire, vous fera traverser la mer.

Le coquillage dansa sur les vagues, jusqu’à ce qu'il touchàt la grève.

— Entrez, petite fille, dit-il, et je vous transporterai saine et sauve chez vous, de l’autre côté de l’eau, car la bonne fée me l’a ordonné.

Tiny n’hésita pas un instant. Elle monta dans la coquille, qui la porta légèrement au milieu des vagues écumantes, et avant la chûte du jour, elle débarqua tout près de chez elle. Tout en marchant, guidée par la lumière qui brillait à la fenêtre de sa chaumière, elle songeait que la fée avait été bien bonne, de vouloir qu'elle apprit combien il est facile de voir les défauts des autres, tandis que l’amour-pro-

pre fait croire qu'on est parfait soi-même,

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