CHAPITRE XllI PROTOZOAIRES
Rlerzi a dit » que plus uu animalcule était petit, plus sa dépouille occupait de place dans l'univers. » Les grandes nécropoles du fond des Océans ne sont pas, en effet, constituées par l'accumulation de débris de Cétacés gigantesques (Baleines, Cachalots, etc.), mais bien par celle de coquilles microscopiques, ayant abrité des êtres infiniment petits et en même temps d'une organisation très simple, des Protozoaires.
Beccaria en examinant du sable, recueilli auprès de Ravenne, signala la multiplicité de ces organismes. Ehrenberg, d'autre part, en étudiant les dépôts vaseux des sources de Carlsbad et de Franzenbald, en Allemagne, fut surpris de les trouver composés de corpuscules très réduits, souvent fort élégants de structure et de formes toujours parfaitement définies. Il reconnut dans ces corps des parties solides ayant fait partie d'animaux de taille très minime, et en poursuivant ses recherches, il signala plus tard d'autres dépôts semblables, qui dataient soit de notre époque, soit d'époques géologiques assez anciennes.
Les Protozoaires, découverts dans les circonstances que nous venons de rappeler, sont des animaux vivant dans les eaux douces et dans la mer; ils sont dépourvus d'organes et ils peuvent sécréter une enveloppe ou bien nne sorte de charpente intérieure, de squelette. Certaines de leurs espèces agglutinent
divers pclils corps, des grains de sahle, des particules de; vase, des spicales d'épongés et constituent ainsi des sortes de foiirrean\ dans lesipiels elles peuvent s'enfermer.
Les coquilles de ces organismes si simples, vivant soit |irès de la surface de la mer, soitsursesplus grands fonds, s'accumulent en nombre incalculable sur les cotes et dans les abysses. .Max ScliuUze a calculé qu'une onci^ di- s.ilde, rerucilli aiipri''; du môle de
Fig. '.)3. — lîadiûlaircs: I. Ai achnocoiys circunUcxta ^llxck.) ; '2. Amiihiloiiche keteracantha (Hsack.); S. Acantliometra elastica(liosck.).
Gaëte, en contenait un million et demi, et d'Orbigny en a compté 3,840,000 dans une quantité semblable de sable rapportée des .\ntilles. Par conséquent, « 1 mètre cube de ce dernier dépôt en renferme un nombre qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer (1). >;
(I) Frédol, loc. cit., p. 80.
Les Protozoaires ont vécu durant les époques géologiques les plus reculées. On a cru, un moment, qu'une de leurs formes {Eozoon ca)iadc7ise), celle des Foramiuifères, avait existé lors du dépôt du terrain laurentien, mais on a reconnu, par la suite, qu'on avait été trompé par une structure toute particulière des roches observées. Les premiers Foraminifères se rencontrent dans les assises siluriennes et dévoniennes, qui contiennent des noyaux siliceux formés par des Polythalames. Les formes fossiles, les plus remarquables de ces animaux, sont enfouies au milieu découches puissantes du tertiaire (Nummulites, Milioles). On a calculé qu'un mètre cube de certaines assises du calcaire grossier des environs de Paris, fournissant une excellente pierre à bâtir, en renfermait 20 milliards.
Les Radiolaires, les plus élevés en organisation des Protozoaires, sont composés d'une masse sarcodique enveloppant une vésicule membraneuse. La masse sarcodique envoie de tous côtés des prolongements simples ou ramifiés (Psetidopodes) dont elle se sert soit pour progresser, soit pour saisir des proies (fig. 93, i). 11 semble que ces pieds, ces mains, susceptibles de disparaître en quelques instants en rentrant dans la masse dont ils ont émergés, soient doués d'un pouvoir vénéneux, car, comme Ta remarqué le docteur Schultze, lorsqu'ils viennent à atteindre un Infusoire, dont les mouvements sont très vifs, ils le paralysent instantanément.
Certaines espèces de Radiolaires vivent isolées, d'autres sont groupées en colonies. Il en est qui sont nues; mais la plupart d'entre elles ont un sqneictie tantôt situé en dehors de la vésicule centrale (I), tantôt pénétrant dans son intérieur 1^2).
Les squelettes des Radiolaires possèdent les formes les plus variées, lesplus délicates, les plus surprenantesparleur architecture.
Dans certaines espèces ils sont dus à des spicules isolés, tantôt lisses, tantôt barbelés, formant une sorte de réseau rappelant celui des Éponges. Dans d'autres formes, les spicules sont plus forts et
(1) Ectolithiens.
(2) Entolithietif.
disposés très régulièrement à partir du contre; il peut s'ajouter à ces éléments, qui deviennent alors des points de soutien, des aiguilles accessoires restant libres ou se soudant entre elles do manière ù composer une ou plusieurs sphères emboîtées les unes dans les autres à la manière de certains objets d'ivoire chinois ou japonais (fig. 94, 1). Les spicules, généralement très résistants, sont pourtant dans quelques espèces d'une grande llexihilité, ce
Fig. 94.- Radiolaires : 1. Do; aa«/.io t.ul,,ancidra \ ;k.): -'. tuclutonia Berckmanni
(Haecic.); 3. Spores spiculifères ; 4. Spores sans spicules.
qui les a tait comparer à des iilanienls de verre fdé i^fig. 93, 3). Chez quelques Radiolaires on trouve un grand spicule en forme de double glaive, constituant une sorte d'axe dont la partie moyenne estoccupée parla masse sarcodique traversée de toutes parts par des épines plus petites et rayonnant dans tous les sens (lîg. 93, 2). Dans certains types on découvre une partie
centrale (fig. 94, 2) en forme de disque, constituée par des anneaux concentriques reliés les uns aux autres par des barres transversales. Sur ce disque sont insérés trois ailes, formées d'arcs de cercles concentriques également réunis entre eux. Une sorte de dentelle, due à un réseau siliceux, remplit l'intervalle de ces trois sections. Enfin le squelette de certains Radiolaires revêt les formes les plus inattendues, celle d'un casque ou d'une cage par exemple.
Les Radiolaires se multiplient par la scission de la capsule centrale de l'intérieur de laquelle s'échappent des germes qui s'entourent d'une membrane.
Avant la croisière du ChoUenge)' on connaissait six cents espèces de Radiolaires; actuellement, à la suite de l'expédition anglaise, il y en a deux mille de signalées.
La plus grande partie des formes si variées de ces animaux A'it près de la surface où on les observe, principalement au large, sur de vastes étendues et en quantité considérable. Quelques espèces sont pourtant de vrais habitants du fond des mers.
« Ce qu'il y a de plus étonnant relativement à ces animaux, dit M. Hœckel, c'est le nombre élevé de leurs squelettes, de leurs coquilles, qu'on trouve dans les dépôts marins à de grandes profondeurs, et souvent aux plus grandes profondeurs connues. L'aire de leur plus riche distribution est la zone tropicale du Pacifique, comprise entre les latitudes 20° N. et 10° S. et les longitudes 140° 0. et 140° E. Dans beaucoup de stations de dragages du ChaUcngei' (1) la principale partie du dépôt couvrant le fond était composée de débris de Radiolaires et ces dépôts ont été par la suite appelés vase à Radiolaires.
Le calcaire si connu de l'île des Barbades et celui de l'ile de Nicobar rappellent à plusieurs égards la vase à Radiolaires, alors que des formations en quelque sorte similaires s'observent en cer-
(1) Plus parliculièrement aux stations 224, 226, 266 à 274. Les stations 223, 220 sont un peu au large el à l'ouest de la partie sud de l'archipel des Mariannes ; les stations 266 à 274 correspondent à la partie moyenne de l'espace séparant les lies Sandwich de l'archipel de Pomotou.
PUOTOZOAIHES. 20o
laiucs parties de la Grèce, de la Sicile et en d'autres lieux (1). »
Un second groupe de Protozoaires, celui des Foraminifères, concourt aussi, par ses débris, à constituer des dépôts marins d'une grande étendue et d'une grande importance.
Les Foraminifèi'fs sont pourvus dune coquille généralement calcaire et percée de trous |)our livrer passage aux expansions de la matière sarcodique renfermée dans son intérieur, aux pseudopodes (fig. 9o et 96).
Les coquilles comprennent, suivant les genres, une ou plusieurs loges disposées dans un ordre déterminé et communi(|uant entre elles par des orifices percés dans leurs cloisons de séparation. Les chambres forment tantôt des séries alternatives, tantôt elles sont superposées les unes aux autres. Kilos sont quelquefois rassemblées en pelotons, ou groupées en spirales. Dans certains cas, comme chez des Foraminifères, actuellement disparus (les Mummulites), ayantpuissamment contribué par leurs débris à la constitution de dépôts marins, la substance de la coquille est traversée par un système compli([ué de canaux ramifiés.
Certaines espèces de Foraminifères possèdent une particularité très remarquable, à laquelle on donne le nom dedimorpliisme. Chacune d'entre elles est représentée par deux formes, se distinguant par un certain nombre de caractères internes, mais ne paraissant différer extérieurement l'une de rautre que par la taille relative des individus (2).
Les Foraminifères habitant les grandes profondeurs se fixent à des corps étrangers, des Coraux, des Eponges, etc. «Danslesespaces chauds du INord de l'.^tlantique, dit W. Thomson, et partout où le fond se compose de limon, les formes calcaires dominent, ainsi que les gros Cristellaires recouverts de sable durci par un ciment calcaire, qui fait ressortir chaque grain en sombre sur la surface
(1) Report on Se. res. of the voj/. of II. M. S. Challenger, t. I, p. :22i).
(2) A la suite de la campagne de dragages exécutée par le Travailleur en 1881, M. Scliiumberger a d'autre part appelé l'attention sur une espèce de Foraminifére [Amphicorina Edwardsi, Sch.) qui présente un fait très remarqualile. Dans le jeune âge, elle revêt les formes d'une Crystellaria et plus lard celle d'une Nodosaria.
blanche de la coquille. Les Milliolines abondent et les spécimens de Cornuspira et de Biloculina dépassent de beaucoup pour la taille tout ce qu'on avait trouvé jusque-là dans les régions tempérées; elles rappellent les formes tropicales qui abondent au milieu du Pacifique. Dans la région froide les Foraminifères dont le test est garni de sable sont très nombreux; quelques-uns de ceux qui appartiennent aux genres Astrorrhiza et Botellina sont gigantesques et fournissent des exemplaires de 30 millimètres de longueur sur 8 millimètres de diamètre (1). »
Certaines espèces sont réparties dans toutes les parties tropicales de l'Atlantique, du Pacifique, de l'Océan Indien; d'autres seraient plus abondantes, d'après les observations de M. H. B. Brady, dans un océan que dans un autre. Ainsi le Pallenia ohliquilocula est plus commun dans le Pacifique que dans l'Atlantique, alors que les Pidmnulina Menardii et le Sphseroidina dehiscens prédominent dans ce dernier océan.
La coloration du sarcode des Foraminifères est très variée ; dans les formes pélagiques, il est quelquefois d'un rouge éclatant [Bastizerina, Pullenia) ; dans les Globigérines, il est jaune, orange, ou d'une délicate teinte rose; dans les Foraminifères vivant sur le fond, il estd'un brun noirâtre, chez les formes arénacées, telles que les Reophax, les Hi/speramnina, tandis que chez les Biloculines, les Triincatulhies et les Discorbina il est d'une coloration jaunâtre, rappelant celle de certaines espèces de la surface.
Les coquilles de certains Foraminifères pélagiques, les Globigérines (fig. 96,2), les Orbulines, les Pulvinulines, etc., tombent au fond de la mer après la mort de l'animal auquel elles ont appartenu, et par leur entassement continuel forment des dépôts très puissants qu'elles caractérisent et qui portent le nom de vases à Globigérines.
Les vases à Globigérines s'observent dans les régions tropicales et subtropicales à des profondeurs de 500 à 2,800 brasses. Leurs dépôts, comme celui de la vase à Ptéropodes, occupent
(1) W. Thomson, loc. cit., p. 330.
onviron 110' (U; latitude entre les deux zones polaires. « Ces sédiments, disent -M.M. Minay el Renard, pourraient être appelés dépAts des profondeurs moyennes des mers chaudes, parce qu'ils diminuent vers les grandes profondeurs et qu'ils disparaissent vers les pôles. Ce faites! évidemment en relation avec la température de surface de l'Océan, et montre que les Foramiuilères
Fig. 95. - l.Mitiota tenera (M. Scli.j; 2. liolalia venela (M. Sch.) ; 3. Cornuspira
planorbis (M. Scli.}.
pélagiques et les Mollusques vivent principalement dans les eaux chaudes superficielles, alors que leurs coquilles tombent au fond après leur mort. On ne trouve pas de boue à Globigérines dans les mers fermées, ni sous les latitudes polaires. Dans l'hémisphère sud elle ne s'étend pas au-dessous du cinquantième parallèle. Dans l'Atlantique, cette boue est déposée sur le fond à
une très haute latitude au-dessous des eaux chaudes du Gulf stream, mais elle ne s'observe pas sous le courant polaire froid qui court vers le sud dans les mêmes latitudes. Ce fait est facile à expliquer si on se souvient que ce dépôt est formé particulièrement de coquilles d'organismes de surface, qui réclament une température élevée. Tant que les conditions de surface resteront les mêmes, les dépôts conserveront leurs caractères. La boue à Globigérines s'observe rarement dans la zone tropicale à des profondeurs dépassant 2,400 brasses; lorsqu'on explore des profondeurs de 3,000 brasses, dans cette même zone, dans l'Atlantique et le Pacifique, on trouve un dépôt argileux dans la plupart des cas sans traces d'organismes calcaires. En descendant des plateaux sous-marins à des profondeurs excédant 2,250 brasses, la boue à Globigérines disparaît graduellement, passant à une marne grise et finalement elle est complètement remplacée par une matière argileuse qui recouvre tout le fond à des profondeurs supérieures à 2,900 brasses (1). »
A la suite des premières explorations sous-marines (2), en présence de la quantité considérable de Foraminifères dont la drague rapportait les coquilles du fond des m.ers et d'après l'identification, qu'on avait cru pouvoir faire, de certaines de leurs formes avec des formes ayant vécu durant la période crétacée, on a dit que le limon de l'Atlantique était la craie moderne (3). Cette opinion fut défendue, dans de certaines limites, par W. Thomson, qui appuya son argumentation sur une liste de Foraminifères dont les espèces auraient été communes à la craie sénonieune et aux mers actuelles (4j. Ces premières appréciations n'étaient pas exactes, car, comme l'ont fait remarquer MM. Munier Chalmas et Schlumberger, « la craie blanche des environs de Paris est constituée par des carbonates de chaux pulvérulents se présentant en petits grains irréguliers,
(1) Report on se. res. of the voij. of H. M. S. « Challenger ", I. I, p. 923.
(2) Expéditions du Lygtning et du Porcupine.
(3) Huxley.
(4) W. Thomson, loc. cit., p. 399 et suivantes.
sponpeux et plus ou moins a-lutinés entre eux. qui résultent en général soit de la précipitation du carbonate de chaux, soil de la destruction des Bryozoaires ou des Coraux, etc. Les Foraminifères sont très disséminés dans la masse crayeuse et les différentes figures, représentant une section mince vue au microscope, sont de pure imagination. Les lits de la craie blanche,
fD'Orb ) • 3 Ancnalina hemisplurrica (Tcrq.) ; 4. liosahna anomala Terq.j , o.U %n^à costata (Wil.) ; G. Dentali.a punctata (D-Orb.) ; 7. Cr,sMlar^a tnangularis (Terq.).
OÙ les Foraminifcres sont plus abondants, peuvent être considérés comme de véritables exceptions ; les Bryozoaires y pullulent souvent, comme dans les localités de Meudon, Yilledieu, Sens, etc. «Mais lorsque le caractère crayeux tend à disparaître et que les couches sont formées par des calcaires plus ou moins mar-
neiix ou compacts, ainsi que cela a lieu dans les couches cénomaniennes de l'île Madame, dans les bancs supérieurs à Hippurites cornii-vaccinum. et biociilatus des 3Iartigues et des Pyrénées, ou bien encore dans les couches danieunes et sénoniennes de ristrie, les Foraminifères se présentent souvent en quantités considérables fi). »
MM.MunierChalmaset Schlumbergerontmontré d'autre part, au moyen de diverses sections, que l'identification faite entre des espèces de Foraminifères actuels et des espèces fossiles éocènes n'était pas exacte. « Il faut donc, concluent ces auteurs, abandonner cette conception d'une mer Crétacée se continuant de nos jours dans les abîmes de l'Océan, car on ne peut établir de points de comparaison certains qu'entre les Foraminifères actuels et les espèces du Pliocène et du Pliocène moyen. »
En 1868, durant une croisière du Porciipine, Carpenter et Wyville-Thompson aperçurent, entre des particules du limon ramené par la drague, une sorte de gelée animée de mouvements très lents. Dans son intérieur il existait des corpuscules calcaires de formes particulières, dans lesquels certains naturalistes voulaient voir des produits de la substance sarcodique elle-même, d'autres des débris d'algues calcaires. Cette sorte de gelée vivante, rencontrée sur de vastes étendues au fond de l'Atlantique, fut nommée, par Huxley, Bathybiiis Ha'ckeli. Cette découverte causa une profonde sensation et on se demanda si ce limon vivant n'avait pas subi à certains moments des évolutions et s'il n'avait pas donné alors naissance à des êtres nouveaux. Quelques naturalistes soutenaient cette manière de voir et ils étaient portés à reconnaître en lui l'ancêtre du monde animal, lorsque l'expédition accomplie par le Challenger vint nous renseigner d'une manière définitive à ce sujet. Wyville-Thompson ne put retrouver le Bitthybius et on reconnut qu'on avait été trompé par une réaction chimique. La prétendue monère n'était autre chose qu'un simple précipité gélatineux de sulfate de
(1) Bull, de la Soc. géol. de France, t. XIII, p. 274, 1885.
PKOTOZOMHES. :i01
chaux, comme il s'en forme lorsqu'on verse de l'alcool concentré dans de l'eau de mer. Le mode de préservation du limon avait créé le Bathybius.
Durant les campagnes du Travailletir et du Talisman et durant le cours de ses patientes recherches dans le frolfe de Gascogne, 31. de Foiin a cru avoir rencontré une glaire ayant les caractères que devait posséder le Bathybius; il lui a donné le nom de Bathybiopsis simplicissiïMts. Voici comment il s'exprime à l'égard de ses transformations: «Nous l'apercevons progressant peu à peu en passant d'un genre à un autre pour arriver à une situation telle quelle permet d'opérer sa soudure avec la catégorie qui doit succéder à ce premier groupe. Ces progrès résultent d'une faculté qui devient, presque immédiatement après le début, le [tropre de l'ordre. Elle consiste dans la production d'une sécrétion dont nous voyons l'efficacité devenir de plus en plus utilisée, en même temps que les résultats qui lui sont dusse perfectionnent, car, grâce à son secours, l'animal le plus faible et le plus misérable de tous, le Bathybiopsis parvient d'abord à acquérir plus de consistance, plus de force, puis finit par s'abriter en se créant des demeures. Elles sont d'abord composées d'éléments étrangers, qu'il sait réunir, mais ce système est abandonné quand la sécrétion est devenue suffisamment puissante pour être employée presque exclusivement à la formation d'un véritable test, celui que l'on trouve chez les Foraminifères vitreux et porcellanés. »
Les vues de M. de Folin sur les premières organisations animales sont très intéressantes, mais pour le moment elles nous paraissent être surtout théoriques, ce qui nous oblige à rester dans une grande réserve au sujet de la découverte d'une monère primordiale, ayant donné naissance dans la série des temps, par des perfectionnements graduels, à des êtres de plus en plus complexes.