‹ La Vie Byzantine au VIe SiecleChapitre 59 sur 60 · py.To; àff-'âOstvzTOÎo ar/îcv o'iyv.i'lîv o/vuirov · texte numérisé non relu

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Ilia. I. 52S.

Sophocle. Antigone. V. 183,

Annuit et totum nutu tremefecit Olympum.

Virg. JEn. X. 115.

Dcûm domus alta silescif,

Et tremefacta solo tellus, silet arduus œther : Tum Zcpliyri posuêre, premit placîda œquora pontus.

Ibidem. X. 101.

Terrificara capitis concussit terque quaterquo Cœsaricm, cam quà terras, mare, sidéra movit.

Ovid. mctivm. I.

Regum verendorum in proprios grcgcs Rçgcs in ipsos impcrîum est Jovis,

Clarî gigantco triumpho

Cuncta supercilio moventis.

Hor. od. III. 5-8.

Dans Tédition Firmin Didot, de Plutarquc, traduit par Ricard^ nous lisons (Vie de Plutarque xxvi, p. 25) le passage suivant, qui prouve surabondamment que Tidée de la Divinité, ane, était entrée dans Tesprit des sages de la Grèce païenne.

« Dieu est nécessairement, et son existence est hors du temps. Il est immuable dans son éternité. Il ne connaît pus

la succession des tcMDps... seul, il est : n. Son existence est réternité et par la raison qu'il est, il est véritablement. On ne peut pas dire de lui qu'il a été, qu'il sera, qu'il a eu un commencement et qu'il aura une fin... il n'y a pas plusieurs Dieux. Il n'y en a qu'un seul et ce Dieu n'est pas, comme chacun de nous, un composé de mille passions différentes... ce qui est par essence ne peut être qu'un, et, ce qui est un, ne peut pas ne point exister. S'il y avait plusieurs Dieux, l'existence en serait différente et cette diversité produirait ce qui n'a pas une véritable existence... afin de nous donner ici-bas, comme dans la plus belle des visions, une juste idéo de ce Dieu, donnons l'essor à nos esprits et élevons nos

pensées au-dessus de tout ce que la nature renferme

Quant aux émanations de ce Dieu, hors de lui-même, à ces changements par lesquels il devient feu, terre, mer, animal ou plante.... c'est une impiété que de l'entendre. » — Recherches de Plutarque sur l'inscription El du temple de Delphes.

Dans les notes sur la vie de Périclès, le traducteur donne le passage suivant d'Anaxagore : « yo'jç h mh arsicov zat «OToxoaTi;.... aA/â txôvo; i*' s'avrov sortv.... Il est une intelligence infinie, toute puissante, séparée de tout autre substance, qui subsiste seule et par elle-même. Elle est la plus simpli^ et la plus pure de toutes les substances : elle a la connaissance la plus étendue et la plus parfaite de toutes choses, avec une puissance sans bornes. L'intelligence connaît toutes les substances qui sont mêlées ensemble et toutes celles qui sont sépai'ées. C'est une intelligence qui a ordonne

et disposé tout ce qui existera un jour et la manière dont tout doit exister. »

Ces paroles dans la bouche d'un philosophe qui vivait 500 ans avant Jésus-Christ, surprendront bien plus encore que la théorie de Plutarque qui avait pu recevoir une impression des vérités chrétiennes, seulement entrevues par les anciens philosophes.

Virgile lui-même n'a-t-il pas dans son panthéisme rendu hommage à l'unité de la Divinité dans cei vers célèbres :

Ipse Deûm tibi neo claro demittit ol^rmpo Regnator, cœlum et terras qui numine torquet; Ipse hœo ferre jubet celeres mandata por auras.

Mn. IV. 268.

Deum namque iro per omnes

Terrasque, traotusque maris, cœlumque profundum; Hîno peoudes, armenta, viros, genus omne ferarum, Quemque sibi tenues nascentom arcessere yitas.

Georgiques. IV. 221.

iP> Page 3o, — Dans son exil à Athènes, Julien s'était épris de la langue, des mœurs et de la religion de la Grèce.

Loin d'une cour qui avait frappé tous les siens, et en dernier lieu son frère Gallus, il se laissa complaisamment bercer par les prédictions intéressées des philosophes.

Arrivé au pouvoir, il chercha à se concilier la faveur populaire par la remise des arrérages dûs au trésor et par

l'abolition du cinquième des impôts. Puis, se rappelant avec bonheur les mois de son heureux séjour à Athènes, il attribua aux dieux de la Grèce son élévation au trône impérial.

En reconnaissance^ il proclama la liberté de tous les cultPs, liberté qui devait bientôt dégénérer en persécution de la foi chrétienne.

Il fut secondé dans son œuvre parles grands de l'Empire. Faut-il s'en étonner? Comme le faisait remarquer un savant prélat : « Dans les classes élevées de la société, l'entraîne- » ment et le désir de plaire aux maîtres de l'Empire, pro- » duisit souvent plus de conversions au christianisme que » l'ardeur et la sincérité des convictions religieuses. » — Mgrdc Langalerie, arch. d'Auch. De la Pénitence. P. 13. 1880.

Les hautes classes do la société, en effet, acceptèrent avec joie le retour aux vieilles chimères, qu'elles considéraient comme la garantie de la puissance romaine.

Sou3 le nom d'Hellénisme, nous l'avons vu dans le corps de cet ouvrage, l'Empereur voulut reconstituer le culte ancien, en l'accommodant aux nécessités du jour et en empruntant au christianisme certaines règles de discipline, qui devaient le relever à ses propres yeux.

Cette étrange préoccupation se dégage de la correspondance de l'Empereur Julien, que nous trouvons rapportée au tome l«»', p. 528 de l'histoire de l'Eglise du B°° Henrion.

« L'Hellénisme ne va pas comme il le devrait, et c'est » par notre faute. L'hospitalité, le soin des morts ainsi que » des vivants et le règlement des mœurs, voilà ce qui a si » fort nccpi le parti des ennemis <]e qos dieux. Vous devez

» pratiquer tout cela ; et il ne suffit pas que vous soyez » percsonnellement homme de bien : faites savoir à tous » ceux qui vous sont subordonnés dans l'administration » des choses religieuses, qu'un sacrificateur ne doit point » aller au théâtre, ni boire dans une taverne, ni exercer un » métier honteux. » — Imp. Jul. Epist.49.

Dans cette môme lettre, nous trouvons une recommandation qui pourrait prêter à plus d'un piquant commentaire : « Visites rarement les gouverneurs. Quand ils entrent dans » la villCj que nul sacrificateur n'aille au devant d'eux, » mais seulement quand ils viennent aux temples; alors » même, n'avancez pas au-delà du vestibule. Dés que le » magistrat atteint la porte du lieu sacré, il devient simple » particulier. C'est vous qui commandez au-dedans, en » vertu de la loi divine, à laquelle Ton ne peut résister sans » une sacrilège arrogance.

» En chaque lieu, établissez des lieux publics d'hospice » pour les étrangers de notre religion et pour tous les pau- » vres indistinctement. Il est honteux que nous laissions » tant d'indigents sans secours, tandis qu'on ne voit mendier » aucun juif et que les impies galiléens, outre leurs pauvres, » nourrissent encore les nôtres... » — Imp. Jul. Epist. 49.

D'autre part, Julien interdisait aux chrétiens d'enseigner les belles-lettres; il révoqua tous les privilèges accordés aux clercs ei aux vierges par l'Empereur qui l'avait précédé ; il abolit les pensions ecclésiastiques, et voulut soumettre les moines au service militaire.

>îe dirajt'On pas, à cjuin^e cents ans de distance, fjne la

lutte contre le catholicisme n'a changé ni de chef, ni de moyens? La théorie des lois existantes remonte à Byzance. Nil 8ub sole novi. Qui, du persécuteur ou du persécuté, a le plus gagné à cette lutte étrange f

Nous lisons dans Rohrbacher, p. 193, liv. xxxiii, le rapide aperçu suivant sur le nouveau baptême adopté chez les réformateurs :

« Comme le christianisme avait battu et ruiné la philo* X» Sophie païenne ou le paganisme philosophique, les » nouveaux philosophes en enveloppèrent les débris de » mystères. Pour y être admis, il fallait des épreuves et des 9 purifications. On inventa même une cérémonie nouvelle » pour purifier et régénérer l'homme : c'était le taurobole. j» Le postulant descendait dans une fosse que couvrait un » plancher percé de trous, sur lequel on égorgeait un tau- » reau ou un mouton, dont l'initié recevait le sang par les » trous sur toutes les parties du corps. Il n'y avait point » de souillure dont cette expiation ne purifiât. Ces cérémo- » nies mystérieuses avaient pour but de rendre vénérables » aux initiés les superstitions surannées de l'idolâtrie, les » augures^ les aruspices> les oracles, l'astrologie, la magie » et autres divinations, mais surtout les superstitions nou* » velles de la théurgie ou de l'art d'évoquer les démons et 9 les dieux et même de se rendre visible la divinité suprême. » Telle est la philosophie que Plotin, Porphyre et Jam* » blique avaient propagée dans leurs écrits et parmi les » disciples ».

Pans un saisissant parallèle entre l'empereur Julien et

Frédéric de Prusse, Villemain, dans son Tableau de l'éloquence chrétienne au iv« siècle, trace le portrait des deux princes, dont les caractères présentaient à si grande distance des traits frappants de ressemblance.

Nous en reproduisons la conclusion qui nous offre un réel intérêt : « Julien et Frédéric devinrent de grands généraux, firent admirer leur courage et enlevèrent apj'ès eux les cœurs des soldats ; ici, la comparaison s'arrête : Tune des deux existences fut courte, moissonnée au milieu de sa t&che, après dix mois de règne. Frédéric remplit toute la carrière de la vie humaine, acheva ses desseins et jouit de sa gloire. On ne peut dire ce qu'eut essayé Julien par les armes et les lois. Il est à remarquer, cependant, qu'il était en lutte avec son siècle ; que sa philosophie était rétrograde et stérile, tandis que la philosophie de Frédéric, malgré ses erreurs, se liait au progrès social et n'excluait pas la liberté, sans la vouloir. Julien fut persécuteur, quoique génôreux; Frédéric tolérant, parce qu'il était sceptique. Julien, par une victoire d'un moment et par une tentative insensée, précipita la ruine de l'ancien culte et des anciennes opinions ; Frédéric fut le créateur d'une puissance durable. » — Villemain. Eloquence chrétienne au iv« siècle, p. 504. Didier 1854.

<'^ Page 37. — Le discours d'Elpénor qui résume exactement la doctrine des hellénisants, offre des traces visibles de christianisme. Pour lutter contre la religion nouvelle, les néo-païens en étaient réduits à l'imiter sur bien des points. En cela, cependant, ils n'étaient point aussi nova^ tours qu'on pourrait le penser,

Déjà, les premiers chrétiens avaient considéré Zeus le père et Apollon le ftls^ comme un vague pressentiment de Dieu et du Christ. L'Apollon Dorien était un dieu d'un caractère tout moral, médiateur préposé par le père céleste au gouvernement du monde, un Dieu qui punit et pardonne, qui détourne le mal et révèle dans les oracles les desseins infaillibles de son père. C'est ainsi que l'ont peint les poètes Homère, Eschyle, Archiloque et surtout Sophocle. C'est ce qui ressort encore d'une façon saisissante des épithètes attachées à sonnom.(Akesios,Prostaterios,Oulios,Paéeon, Epikourios, AIexiccu;os,etc.). Dès la haute antiquité, son culte avait un caractère expiatoire très iparqué. (Se rappeler le mythe d'Oreste et la purification d'Athènes par Epimènide après le meurtre des Acméonides ; se rapporter aussi aux chœurs de Sophocle dans Œdipe-Roi^sM sujet de la peste de Thèbes).

Il n'était pas bien difficile à des Grecs de se représenter un dieu pareil, comme un véritable Christ et de l'opposer à celui de Galilée. La hiérarchie des dieux, des génies, des démons, des héros et des hommes n'était pas sans analogie avec celle du Paradis chrétien.

L'immortalité de l'âme, les peines et les récompenses de la vie future, déjà enseignées dans les mystères et propagées par plusieurs écoles philosophiques, passaient à l'état de dogmes positifs. Le clergé païen organisé, hiérarchisé, ayant mission d'interpréter les dogmes et de prêcher la morale, recevait charge d'dmea à l'içstar du clergé chrétien. Tout cr^ja formait iinP contrefaçon très-Qdroîte du

christianisme, et qui avait pour beaucoup d'Hellènes l'avantage de conserver un caractère national et de ne pas rompre la tradition. — A. Marrast. Notes inédites.

<») Page 39, — Général sous Anastase, Vitalien s'était mis en guerre ouverte avec ce prince : il se fit môme proclamer Empereur, mais il se soumit bientôt. Sous le règne de Justin, ilfut comblé d'honneurs ; consul et généralissime, il se lia d'étroite amitié avec Justinien. Cette amitié fut solennellement cimentée par une communion faite par ces deux hommes, dont l'un devait, bien vite après, périr et être remplacé dans ses doubles fonctions par son compagnon de dévotion, accusé de lui avoir donné la mort.

Nicolas Aleman explique ainsi cette cérémonie : « Nam Vitalianus ob afTectatam sub Anastasio tyrannidem sibi timens, publicam postulavit fidem, quam Justinianus nomine Cœsaris non solum dédit, sed etiam super sacram mensam, ritu christianis consueto, âSi/^oTri'Trîa, idest, juraia muiuo fraternœ fide, Vitalianum sibi devinxit.

Impunitate promiH8a,fide puhlica una susceptia christianorum mysteriis,

Justinien n'était pas encore empereur; ce fut au nom de son oncle qu'il promit, mais il ne se crut pas lié par le serment le plus redoutable.

Vitalien assassiné, il fut nommé à sa place général et consul.

('•^) Page 30, — Paysans illyriens selon les uns, thraces selon les autres, les oncles de Justinien, parmi lesquels Justin s">n prédôcossoiir imn^ediat, avaient quitté les rhnmps

pour venir à Constantinople chercher fortune. Ils Vy trouvèrent, mais la pourpre et la couronne ne corrigèrent pas le vice d'origine.

Il est acquis que le père de Justinien, Sabatius, habitait Bederiana,B.\iirefoh appelée Taurèsium, M. Isambert, dans son histoire de Justinien (l**® partie, p. 223. Ed. 1856. Paris), dit d'après Procope, de ^dif. IV, 1 : « Ce lieu, Justinien » le fortifia bientôt en forme de tétragone, en plaçante » chaque angle une tour. Auprès de ce lieu, il fonda une » ville très-remarquable qu'il nomma Justiniana prima, pour » témoigner qu'elle était sa nourrice. » Bederiana, ajoute le commentateur de Procope : « In limitaneis illyriœ, thra- » ciœque agris cita erat. » — Not. Alem. in hist. Arca., p. 360 et 361.

Soucieux de laisser dans Thistoire une trace ineffaçable, Justinien donna son nom à la plupart de ses œuvres.

Vingt villes, bourgades ou ports portent son nom, neuf celui de l'impératrice Théodora, sans compter une foule d'institutions, de fonctions et de monuments de législation qui témoignèrent de la magnificence de l'Empereur et du souci qui l'obsédait de marquer dans Thistoire.

(10) Page 41. — On appelait théores, les membres des députations envoyées par les différentes villes aux grandes solennités de là Grèce.

Il partit pour aller consulter Toracle,

(Sophocle. — Œdipe-Roi).

NOTES SUR LA VIE BYZANTINE AU Vl° SIÈCLE 381

<i) Page 46. — Le pays des Sères ou la Sérique qui s'étendait de l'autre côté du Gange^ n'est autre que la Chine.

(^ Page 47. — L'homme le plus important de l'empire, après l'Empereur était, en effet, le général Bélisaire. D'une naissance obscure, il s'était élevé aux plus hautes dignités de l'empire, grâce à son courage et à ses talents.

Administrateur et guerrier, Bélisaire rendit à Justinien d'immenses services.

En Asie, il refoula les Perses; en Afrique, nouveau Scipion,il s'empare deCarthage et arrache au vandale Gélimer son royaume, dont il fait une province de l'empire de Justinien ; en Italie, il écrase les Goths. Son mérite est sans rival, sa gloire intacte, sa fortune immense et son palais

rivalise de richesses avec celui de Justinien.

Grand, beau, bien fait, quand il traverse les rues do Constantinople entouré de sa garde, le général leçoit les

hommages d'une foule^ qui se répète à Tenvi ses vertus et ses succès. Riche et généreux, il ouvre sa bourse à toutes les infortunes; ses soldats l'adorent, le peuple l'aime et Tadmire : pour tous il est le modèle des héros.

Sa femme Antonina souilla par ses vices le nom de ce grand homme. Favorite de l'Impératrice Théodora à laquelle la rattachait une communauté d'origine, elle usa souvent de son crédit auprès de sa souveraine, dans l'intérêt de son glorieux époux ; mais celui-ci était bien au-dessus de la protection de sa femme criminelle.

Ses services seuls suffisaient pour le défendre contre les menées et les intrigues de la cour.

Cependant, vainqueur à diverses reprises des sourds agissements de ses ennemis, il finit par en devenir la victime.

Bélisaire avait deux fois sauvé le trône de Justinien, deux fois celui-ci lui avait fait décerner les honneurs du triomphe ; une vulgaire conspiration de palais dans laquelle deux de ses gardes furent compromis et son nom prononcé, suffît pour faire descendre, du faîte des honneurs, l'homme illustre qui s'en était rendu si digne. Il fut disgracié, dépouillé^ emprisonné ; plus tard, son innocence ayant été reconnue, on lui rendit ses dignités; il mourut dans l'opulence, contrairement à la légende, qui le représente aveugle et vieilli, implorant la charité publique le long des chemins.

(3) Page 48. — Le poète Mimnerme était ionien. Il vivait du temps de Solon. Poète élégiaque, il a chanté les charmes de la volupté. Horace, épicurien raffiné, invoque son témoignage dans son épître VI. livre I***. P. 65 :

Si, MimnermuB uti ccnset, sine amore jooisque yil est jncundura, Tivas in amore jocisquc.

Dans 1 epître II du livre I"'', Horace avait déjà rendu hommage au poëtegre?, en le mettant au-dessus de Callimaque, le roi de Têlégie :

Carmina compono, liio clegos.......

DIscedo Alcœus puncto ilihw : ille meo, quis? Quis, nisi Callimacliiut? Si plus adposcere yisus, Fit Mimnermus et optivo idgnomine crescit.

Les poésies de Mimnerme ne nous sont parvenues qu*à l'état de fragments, dont le plus important, que nous reproduisons ici, a été publié à Leipsik 1866. Ed. Bergk. Poetœ Lyrici greeci. 3® édition. Pars II. Poetas Elegiacos et lambographos continens. P. 408 et sq.

7iOvat>5v, »Tî aoi u.r,Y,i7i raOra uc/oî, y.yjirrccoivij ©uor/;; xat iisui/K §mo« xsjt i'jvriy

ôiiii uiv oovjv,; itiai x«x«t ritooufft uioiuvai, ^vTw; iv/yj.so'j yhpy.^ s^rrAî hiû;.

« Peut-on vivre, y a-t-il un bonheur sans la belle Aphro- » dite! Puissé-je mourir avant de me désintéresser d'elle. » Les amours discrets, de doux échanges, de tendres » étreintes font le charme de la jeunesse et l'objet des désirs » des hommes et des femmes !

» La vieillesse sent son cœur envahi par de cruels soucis. » Odieuse aux jeunes gens, elle est méprisée des jeunes » femmes. Quel terrible sort Dieu a fait à la vieillesse! »

Hâtons-nous de rappeler ce que Dacier disait dans ses notes sur l'épître VI d'Horace, qui proclamait la doctrine épicurienne : « C'est un sentiment indigne de l'homme, et il » est aisé de voir que la nature nous a créés pour quelque » chose de plus grand et de plus [larfait. » Ad majora enim quaedam nos natura genuit et confirmavit. Cicéronl*** livre, de Finibus.

W Page 48, — Porphyrogénète, de Tro/s^yooywvvîToç, né dans la pourpre, fils d'empereur.

— « Nota vox illosque significat, qui a pâtre imperium jam tenente procreati fuerunt.Verisimillimum est a purpura, veste imperiali, eam repetendam esse, ut sint qui in purpura nati^ purpura excepti et fasciati fuere. » — Reiçkii Comment, ad const. Porphyr. de cerem aulœ Byzantinœ, p. 253. Bonn.

Le nom de Porphyrogénète fut pris pour la première fois, comme litre, par l'empereur Constantin VH.

W Page 48, — Il est certain que l'Impératrice était d'une beauté remarquable, qui avait résisté aux excès de sa jeunesse. Le soin de cette beauté qui avait conquis le froid

Justinien, Toccupait encore plus que le soin de l'empire qu'elle prétendait cependant diriger. Elle prenait des bains, dans lesquels la volupté multipliait ses raffinements les plus délicats. Aussi conserva-t-elle longtemps cette beanté dangereuse :

Une Ame de rocher ne s'en fat pas sftUTée, Tant elle avait d^appas.

(Corneille. — Le Menteur, acte II.)

Cependant, vint un jour où son corps, las de débauches, demanda de nouveaux soins. Les médecins lui ordonnèrent les bains chauds do Pythia. Elle s'y rendit en pompeux appareil, suivie d'un nombreux et brillant cortège, répandant sur sa route d'abondantes aumônes, sollicitant les prières du clergé; mais elle ne put conjurer le cancer qui l'emporta.

<«> Page 46,

L*amour est un tyran qui n'épargne personne!

(Corneille. — Le Cid.)

On ne saurait oublier les deux vers que Voltaire mit au bas d'une statue de Tamour :

Qui que tu sois, voici ton maitrc; Il Test, le fut ou lo doit être.

Le choix de Juslinien en c%t une nouvelle preuve, car le

38G . APPENDICK

César-Pape qui aurait pu, coinuie le fait remarquer Gibbon, offrir le trône à la plus pure, à la plus noble femme de rOrient, ne sut pas résister aux charmes de la prostituée.

("^ Page 49, — Il y a tel portrait devant lequel on s'écrie, même sans avoir vu Toriginal : Que c'est ressemblant î Celui de Théodora dans l'histoire secrète attribuée à Procope, produit la même impression tant il y a de logicjue et d'harmonie dans Tensemble. — A. Marrast. Notes inéditeis.

En voici les lignes principale;> :

Acacius quidam erat Byzantii bestiis ad amphiiheatrales Prasinorum venationes alendis prœfectus, quem vocant ursarium. Hic^ Anastasio principe, morbo périt, tribus femellis relictis, Comitona, Théodora et Anastasia, quarum natu major in septimum annum attigerat. Mater orbata viro, alterius torum quffisivit, qui secum in posterum et domesticam et ejusdem muneris curam su:;ciperct. Veruni Aslerius orchestrœ Prasinorum magister ab alio pecunia prœoccupatus hos excedere ofïicio voluit, œris largitore în locum nuUo obice cooptato. Nam isthœc orchestrarum magistris pro arbitraiu disponere licebat. At mater ubi frequentem populum ad venationes aliquando confluentem vidit, impositis puellarum capitibus manibusque coronis eas publiée supplicaturas exposait. Prasini abjicieudam plane supplicationem decernunt. Veneti nuper et ipsi bestiarum altore destituti eas muneri procficiunt. Quas mater, ut erat quooque viripotens, omnes alioqui forma élégantes immittebat in scenam, non quidem sub idem tempus, sed ut singulœ rci videbantur opportuncc. Comitona natu major

iiisignis jam inter œquales erat prostibulas. Theodora quœ illam sctate proxime sequebatur, manuleata, ut servuleo soient, induta tunicula ei omnia ministravit, humerisque subsellium detulit cui illa insideret in circulis. Ut primum vero ad cetatis florem et ma-turîtateni pervenit, scenœ destinatur a matre, statimque inter prostibulas habetur, quas veteres vocarunt planipedes. Nequc enim tibicina fuit, vel cantatrix ant orchestrai liabuit usum, sed uti quisque obvius fuit, copiam illi fecit suœ pulchritudinis, toto plane corpore. Deinde mimis in theatro ad omnia se prœbuit ministram, sociamque studiorum et ridicularum quarumdam fabularum actricem.Nam erat apprime cum dicacitate faceta; quamobrem statim omnium in se convertit oculos, precsertim cum nihil in ea verecundum, iiihil aliquando pudens apparerct, sed in quemvis impudicum inorem facile prolaberetur. . .

In theatro nonnunquam fréquente populo ad spoctaculum nuda processit in médium, cincticulo ad inguina pubemque solum prœcincta non quod hœc aperire populo vereretur, sed quod illi nemini prodire sine subligaculo penitus liceat. Hoc habitu resupinajacebat humi. Servi, quibus erat curttî, verenda illi hordeo conspergere, anseresque paratos immittere, qui grana indu singula captarent ad pastum. Erat enim non solum impudica, sed impudicitiarum magistra

omnium ingeniosissima In mulierculas ejusdem theatri

ut se truculentius gereret, livida malevolentia usque stimulabatur.Posthœc, cum Pentapolis pra3fecto Hecebolo Tyrio in eani provinciam venit, scilicet illius voluptatibus servi-

tiira, scd iii viri oITensionem incidens, illinc e vestigio exturbatur; eoque necessariorum egestate pressa, sibi hœc suppeditare cogitiir ex consueta corporis prostitulione. Alexandriam primum appelit, Oriente dèinde toto peragralo,

Byzantium rediicitiir. ... ;

Ut vero Byzantium rediit^ ingenti ejus amore exarsit Justinianiis. Et primo cum ea tanquam amasia versabatur, licet ad Patriciam dignitatem evecta.

Erat Theodora venusta facie et alioqui pergrata, stàtura brevi, pallore siiffusa modico ac temperato, acribus ocuHs et hucatque illuc ineitato aspectu.

...., Corporis curœ studuit, et si ultra necessitatem^tamen citra animi libiiiinem. Maturrime balneuui ingressa, absolutiî< tardissime lavationibu.s pergebat ad jentaculum, mox se tradebat quieti. Ad prandium, ad cœnam nullam. non adhibuit ciborum varietatem et copiani. Somni semper illi longissimi, ac succédané!, diurni quidem usque ad primam noctem, nocturni vero ad soleni orieutem ; sic v.ro in omnem intemperantiam prolapsa tantulum reliqui temporis esse sibi satis putavitadRomanum moderandum imperium.

Quin et res gravissimas data opéra ad jocos et

risum prolibidine revocavit, quasi in scenà et theatro...

At Theodora sic erat properito et obfirmato ad crudelitatem aninio, ut nullius vel suasionc, vel stimulo aliquàndo peccarit; sed quee sibi visa essent, hœc procaci anime summaque contentionc actitaret ab ea deposcere sibi reum nemo ausus eï>t;cum nequc suppliciis expleta crudelitas,

neque studiosœ preces, neque imminentis irœ cœlestis lerror, quicquam posset illiiis furoreni sistere. Nemo plane vidit unquam Theodorœ invisum quempiam in antiquam cum ea gratiam ne post mortem quidem redisse. Nam extincti parentis liberi Imperatricis odiurn cum paterna adibant hcereditate, transmittebantque ad nepotes

Nam quod Theodora esse obscurum vellet, id ab ore et memoria omnium ut evelleret, perterrebat rei conscios (sic ut nuUus antehac tyrannus), quo neque necessariis, nequë curiose flagitantibus rem aperirent. Contra nihil adversariorum fuit, quod illam latuerit, cui per compita perque domos essent qui singulorum ncgotia et confabulationes explorarent. Quem verum a se mulctatum nesciri cuperet, clam accersitum (si ex Patriciis esset) sola sine arbitris, uni tradebat satelliti in extremas oras Romanœ ditionis deportandum ; quem intempesta nocte obvelatum capite, constrictum vinculis, navigioque inipositum ad imperatas exilii sedes satelles duceret, apud alterum non insolentem tantœ crudelitatis ministrum, custodiis fidissimis secretissimisque clanculum concludendum,donccvel ejus œrumnis Augusta commoveretur, vel diuturno squalore extrema pêne in morte œgre vivens contabesceret caderetque

Rempublicam pro abritatu moderari sic Theodora contendit, ut ipsa inagistratus et sacerdotes crearet ; id etiam atque etiam satagens, ne vir quisquam probus ac integer dignitates obtineret, qui parère sibi nollet.

Connubialo jus totum pêne se esse voluit ; nullus ante nuptias sponsus yoluntarius; subito cuique conjux hœc

erat, non quœ (ut vel barbaris usus venit) cuique placeret, sod quœ Theodora?. — Hist. Arc.

(8) Page 52, — Le quatrième Concile œcuménique fut tenu à Chalcedoine sous TEmpereur Marcien, en 451, à Teffet de combattre l'erreur monophysite, et d'obtenir en même temps la condamnation définitive des doctrines néstoriennes.

Cette assemblée composée de plus de 500 prélats et de dignitaires de l'Empire, présenta un spectacle étrange qu'expliquent suffisamment les traditions et le voisinage des temps barbares. Les opinions y furent très-divisées, les discussions très-vives. Aussi l'autorité des décisions de l'assemblée ne parvint-elle à s'imposer dans la chrétienté qu'après un siècle de luttes passionnées.

Les empereurs intervinrent à diverses reprises, pour mettre dans la balance le poids de leur autocratie. En 517, Anastase força le patriarche Joannès à condamner le Concile de Chalcedoine. En 519, sous l'Empereur Justin et à l'instigation de Justinien déjà associé à l'Empire, le mémo patriarche condamna les adversaires du Concile.

Ce ne fut qu'en 546 que Justinien, au faîte de la toutepuissance, César-Pape et législateur tout à la fois, proclama la nécessité d'accepter le Concile tant contesté. La joie des uns, le mécontentement des autres, amena des soulèvements populaires et de sanglantes insurrections. A Antioche, notamment, le palais de l'évéque fut assailli, mais force resta à la loi.

J/Impératrioo Theodora, dont les études théologiquoR

NOTES SIR LA VIE DYZANTINE Ai: VI*' SIÈCLE 'M)l

n'avaient giiôro occupé Ior loisirs do la pantomime, opina contre la décision du Concile.

Dans sa Novelle, C. xxxi, tit. xiv, Justinien sanctionne, comme loi, le Concile de Chalcédoine. « Cap. I. Sancimus igitur vicoin legum obtinere sanctas ecclesiasticas régulas, quœ a sanctis quatuor conciliis exposilœ sunt, aut firraaten, hoc est in Nictrna trecentorum decem et octo, et in Constantinopolitana sanctorum cetum quinquagenta patrum et in Kphesina prima, in qua Nestorius est damnatus et in Chaicedonia, in qua EutychesautXestorius anathematizatus est. Prœdictarum enim quatuor synodorum dogmata sicut sanctas scripturas accipimus, et régulas sicut leges observamus. »

En mémo temps, l'Empereur réglait la hiérarchie des patriarches dans les termes suivants qui présentent un réel intérêt : « Cap. II. Ideoque sancimus secundum earum définitiones sanciissimum senioris Romon papam, primum esse omnium sacerdotum : heaiissimum autem archiepiscopum Constantinopoleos novœ Romœ, secundum habere locum post sanctam apostolicam senioris Romœ sedem : aliis autem omnibus sedibus prœponatur. »

Le litre de Pape ou Papa (aujourd'hui Papas ou Pope), était le titre de tous les prêtres, évêques ou patriarches de Téglise grecque.

Par cette disposition législative, Justinien réserve ce titre au St-Siége de Rome, se contentant du titre d'archevêque pour le siège de Constantinople, la nouvelle Rome, lui donnant le second rang dans Tordre hiérarchique, à la tête duquel celui de la Vieille Rome se trouvait pla^é,

Ju8que-là, la primauté de Rome n*avait guère été acceptée qu'en Occident, où Ton avait encore moins d*égapds pour celle de Gonstantinople, comme le démontre le Concile de Rome en 496, qui après avoir proclamé la primauté de ce siège, donnait le deuxième rang à celui d'Alexandrie.

La Novelle de Justinien, datée des kalendes d'avril 545, régla définitivement la situation.

W Page 53. — L'Impératrice transformée en théologienne et en mère de l'Eglise, se faisait appeler par le clergé du nom de Sio^oiva, en latin Domina-Maiiressc , C'était le comble de l'exigence chez la parvenue^ à laquelle rien ne résistait. Justiniep l'exigea pour lui plaire : Theodora et Justinianus ab ecclesiasticis domini dici voluerunt. (Noteo Alemanni in hist. Arcanam, p. 395).

(10) Page 56. — Taprobane est le nom que les anciens, Grecs et Romains^ donnaient à l'ile de Ceylan,que les Indiens appelaient Lanka.

01) Page 58. — Les Chinois ou Sères faisaient un commerce fort étendu de soie. Ils lui durent leur nom dans l'antiquité (pays des Sères ou Sérique, de Serica, soie).

Ils échangeaient leurs produits avec les Perses, qui, ayant ainsi accaparé le monopole, pouvaient en fournir tous les marchés du monde connu.

La soie était entrée pour une très-large part dans les modes romaines. Aussi Justinien supportait-il avec peine que son empire put rester plus longtemps tributaire d'une nation ennemie, pour un article de lu5^e dont il avait tant besoin*

Il étudiait les moyens d'arriver à s'emparer des secrets de cette industrie, quand deux moines missionnaires, qui avaient étudié^ en Chine môme, la production de la soie, résolurent de l'introduire dans l'empire. Pour tromper la vigilance des populations qu'ils allaient trouver sur leur rout3, ils cachèrent des œufs du papillon du ver à soie dans des cannes de roseau. Ils traversèrent, ainsi chargés de la précieuse graine, TÂsie tout entière et vinrent la déposer aux pieds de Justinien, qui les reçut comme des bienfaiteurs.

L'opération de l'éclosion réussit : le ver à soie subit ses diverses transformations à Pombre des mûriers dont on avait multiplié les plantations, et, grâce à cette ruse, l'empire compta une conquête do plus, qui fit couler moins de larmes, et apporta une somme plus grande de richesses que celles dont les succès de ses armes avaient été marquées jusqu'à ce jour.

(12) Page 39, — Le Phase est un fleuve qui prend sa source dans le Caucase et se jette dans le Pont-Euxin. Il est célèbre par l'expédition des Argonautes à la recherche de la Toison d'Or. L'oiseau du Phase, c'est le paon.

(*5) Page 60. — Le morceau de poésie débité par Cratère, est d'un anonyme du temps. — A. Marrast. Notes inédites.

<!*) Page 61, — IJ Histoire aecrète, ce pamphlet terrible, nauséabond, souvent puéril, parfois éloquent, est-elle l'œuyre du judicieux auteur dea Histoires^ du pompeux panégyriste des Edifices f Dans son excellent livre (Procopius von cœsarea. Berlin 1865), M. Dahn a éclairci ce point autant qu'il peut l'c^^tro (Voir p. 40 à 58). Il attache assez peu d'im-

portance au témoignage de Suidas et de Nicephore-Callisto, venus plusieurs siècles apK*s le rhéteur de Césarée et qui ont cru, comme tout le monde sans doute, à leur époque, à l'authenticité de Y Histoire secrète. Mais une preuve décisive résulte pour lui de la comparaison microscopique (c'est le terme qu*il emploie), à laquelle il a eu la rare patience de se livrer, entre le style des Arcana et celui des autres ouvrages de Procope. D'après lui, l'identité est parfaite, absolue, jamais un contrefacteur quelque habile qu'on le suppose n'aurait pu y atteindre. — A. Marrast. Notes inédites.

WPageôS. — Hœc et puellis erat subeunda fortuna,ut in matrimonium invitœ viros acciperent.Sœpéper vim sponsa ethalamo abstracta, matrimonio sponsum oxturbavit. (Hist. Arcana. 17).

(10) Page 67. — Le palais de Bélisaire rivalisait, nous l'avons dit, avec celui du souverain. Les richesses qu'après chaque campagne le vainqueur y entassait, excitait la convoitise non seulement de ses collègues jaloux de sa fortune, mais encore du souverain, dont les caisses se trouvaient souvent vides. A deux reprises, Justinien sut y puiser à la suite de disgrâces qui avaient frappé son glorieux lieutenant.

(17) Page 67. — Phialée (^ia).y>)ou Patera, vaisseau de forme circulaire et peu profond, employé pour faire les libations (Dict. des antiquités romaines et grecques de A. Rich), et qui servait de modèle pour les vasques ou bassins des jardins.

(18) Page 68. — L* année ou inula helenium, genre de la famille des composées établi par Linné. D'après les légendes grecr|i]e.R, elle sofait née des larmes d'Hélène.

(19) Page 73, — Le ladanon ou Inhdanuniy sorte dégomme ou produit résineux que Ton tirait du ciste de Crète. Les habitants de TArchipel en faisaient un grand commerce et lui attribuaient une vertu spécifique contre la peste. Cette gomme odorante entre dans la composition des pastilles du Sérail.

(20) Page 77 , — Amphiaraïis, fils d'Apollon selon certains auteurs et fort habile dans l'art de la divination, avait à Oropos, en Béotie, un temple dont l'oracle jouissait d'une grande renommée.

(21) Page 80, — L'Embôlos était un portique sous lequel le promeneur trouvait un abri contre les intempéries des saisons. On y construisit des échopes; des boutiques s'ouvrirent : l'Embôlos devint un bazar, véritable refuge de toute sorte d'industries.

(22) Page 84. — Le faubourg de Sykœ, aujourd'hui Pera.

(28) Page 84, — On n'a pas oublié que c'est pendant la nuit que Ton célébrait les mystères de la bonne déesse, mystères qui favorisaient les rapides amours. i

Le paganisme a, de tout temps, associé le culte de l'amour à celui de la nuit.

Summo carminé, quœ Cnidon Fulgentesque tenet Cycladas et Paphon Junctis visit oloribus :

Dicetur mérita l^ox quoquo neenia.

Tîor. Ode». HT. 2fi,

(*) Page 89. — M. Rambaud, dans son ouvrage sur VEmpire Grec au x« siècley assure que la hiérarchie de la légion militaire est un des points les plus obscurs de l'organisation byzantine.

En comparant les observations de ce savant auteur avec celles du commentateur Reiskius, il semble que l'organisation de la légion se rapprochait de celle de notre division.

La légion, en effet, comptait généralement et sauf certaines exceptions, dix mille hommes. A la tète, se trouvait un stratège ou général. Ce commandement supérieur était réservé d'ordinaire à un Patrice.

En dehors des officiers revêtus de fonctions purement administratives, l'état-major de la légion se composait de turmarques, commandant à 5,000 hommes, ayant sous leurs ordres cinq mérarques à la tête do 1,000 homroas

chacun. Cette troupe se subdivisait eu bandes de 200 hommes, commandées par des comtes ou drongaires (drungariorum et comitum difforentia non liquet), au-dessous d'eux, le centarque commandait à 100 hommes et le drongarocomès à des escouades de deux à dix liommes.

Ne retrouve-t-on pas là le cadre de notre division avec ses brigades, ses régiments, ses compagnies ; avec ses généraux de brigade, colonels, chefs de bataillons, capitaines, lieutenants et sous-officiers f

<'2) Page 90. — Le jardin de Daphné, d'Antioche, qui avait servi de modèle à celui de Constantinople, était renommé par le luxe de ses constructions et par la richesse de ses plantations et de ses eaux. 11 était dédié au dieu du jour.

C'était un lieu de plaisir dont s'éloignaient les gens de mœurs austères.

« Avidio cassio syriacas legiones dedi, luxuria diffluentes et Daphnicis moribus. » Ce sont les expressions de l'empereur Marc-Aurèle, dans une lettre originale conservée par son biographe (in hist. Aug.) — Cassius renvoyait ou punissait tous les soldats qu'on voyait à Daphné. — Gibbon. Hist. V. 4, p. 434.

<^) Page 91. — Les Allemands n'ont pas manqué de revendiquer Bélisaire pour un des leurs. Cette prétention ne repose sur aucune preuve positive. Ce qui la rend seulement quelque peu vraisemblable, c'est que le conquérant de l'Afrique était originaire de Germanitty bourgade située sur les confins de la Thrace et de rillyrie,et qui avait été long-

temps auparavant un seulement de familles germaines. Béiisaire était grand, blond, chaste, d'une loyauté patiente et inaltérable; par tous ces traits il ressemblait aux germains de son temps. — A. Marrast. Notes inédites. (Voir lord Mahon, Li/e of BelisariuSy London, 1848).

<*) Page 92, — Sous Justinien, que restait-il de Tempire Romain en Occident? Les Francs dans les Gaules, les Saxons dans la Grande-Bretagne, les Visigoths en Espagne, les Goths en Italie, les Vandales en Afrique; le Nord était descendu en masses compactes, et de la puissance romaine il ne restait que des monuments ruinés ou des débris, qui no tardèrent pas à s'amalgamer avec le conquérant pour disparaître bientôt.

<^) Page 93, — La cavalerie cataphracte, ainsi que nous l'avons dit précédemment, était aux armées Romaines ce que la grosse cavalerie est aux nôtres. Le cavalier cataphracte, pesamment armé et ordinairement grand et fort, avait besoin d'un fort cheval. Cependant, sans aller si loin que dans les forêts de Germanie, on pouvait monter Tannée ailleurs qu'en Syrie et en Afrique. La ThessalieetlaThrace fournissaient d'excellents chevaux et des cavaliers renom mes.

W&scx'jjv vi/.tnrov /.«ov

Euripide.

Homère

NOTF.S sut LA VIL nVZANTINE AU VI'' SIKCLE *A\)[)

(c) Pdfje 03. — l)'a|nvs(iuelquo:s mythologues, Tliorirétait à l'origine que le dieu* du tonnerre. Plus tard il hérita des attributs du dieu soleil, qui s'appelait primitivement Tav- [fitacus. Des colonnes orientées lui étaient consacrées dans tous les pays germaniques. Comme il était supposé boire les eaux de la mer, il passait ainsi, dans le mythe, pour être à la fois un rjvand biiccnr et Tennemi déclaré du serpent de mer, qui était le symbole des débordements de TOcéan. — A. Marrast. Notes inédites.

Summc Dcûm, sancti custos soractis Appollo!

Virgile. Encide xi.

<') Page 03, — Les peuples primitifs, dans une certaine période de l'histoire ancienne, ont suivi con^rtûmment le cours du soleil et se sont dirigés dans leur.s migrations de TEstet du Sud vers TOuest et le Nord. Ils espéraient trouver le bonheur dans la contrée où se couchait le soleil après sa course diurne^ qu'ils envisageaient comme un voyage fatigant ou comme une journée de travail, après laquelle le dieu entrait avec plaisir dans sa demeure pour se reposer.

L'Occident, la demeure du soleil, devint également le lieu du séjour des dieux en général, et les hommes vivant dans rOccident, dans le voisinage et sous la protection des dieux, passèrent pour les plus justes et les plus heureux de la terre. — A. Marrast. Notes inédites.

Aujourd'hui encore et dans notre société civilisée, il semble qu'une loi fatale pousse riiommc vers l'Occident : lo

mouvoment de rémigratîon européenne ne se fait jamais vers rOrient. L'Océan Atlantique — demeure du soleil, pour me servir de Tcxpression des anciens — est sillonné paries transports qui mènent les émigrants de France^. d'Allemagne, d'Italie vers TOccident.

Cette circonstance frappante, en effet, n*a pas échappé à Tétude de M. H. T. Mot envoyé par la Société des Agricult:Hirs de France à l'exposition do Philadelphie, en 1876. Dans sou rapport, il trace le tableau saisissant de la vie du pionnier sur la terre vierge des Etats-Unis : « On rencontre » sur les routes de nombreux chariots <*ouvert8 de toiles » blanches, traînés par des chevaux do labour et chargés » d'un amas confus de meubles, outils, provisions et char- » rues... C'est un pionnier qui passe à Vouesi,,. Cet homme >» exploitait un bien fonds, héréditaire ou acquis dans un M état de l'Est : il a vu ses produits duninuer et sa famille » grandir; les besoins et la prévoyance le stimulant, il a » vendu son bien et va prendre possession de 160 acres du » Homestead ; 83s fils, devenus majeurs, s'établiront au » même titre, dans son voisinage, ou comme lui s'enfonce* » ront vers l'ouest ; toujours V ouest ! tendance niysté- » rieuse et constante des migrations de l'homme. »

W Page 66. — Xalof... Sois heureux, réjouis-toi^ était la formule de salut chez les Grecs. X«I,ot/AxtÀrj, sois heureux, Achille !

On se souvient du salut historique du soldat de Mara* thon, qui expirait en annonçant la victoire : yjf^^f^t vcxmcuv ; réJouissez^voiiSj noua sommes cainqueurs I

(9) Page 96, — Zancha ou Zanga, bottine serfant la jambe et montant très-haut, faite de cuir noir flexible que portaient les orientaux sous leurs pantalons. (Dict. des antiquités grecques et romaines de Rich.)

(10) Page 96, — Les cçntroverses sur la nature des anges occupaient et passionnaient la société grecque. L'archange St-Michel recevait le titre d'archistratège des milices célestes. On lui donnait à commander douze légions de 4,500 anges chacune. Mais si d'hypothèses en hypothèses on arrivait à s'entendre sur ces chififres problématiques, on n'était nullement d'accord sur le sexe de cen esprits célestes: ce point était vraiment difficile à préciser, le byzantisme de l'époque ne put y parvenir !

(11) Page 99, — Les habitants de Cos mélangeaient du vin avec de l'eau de mer et en faisaient un breuvage fort recherché appelé Leucocoon. — (Pline. Histoire naturelle, 36).

(ï2) Page 102, — Tithé (tîôvî), nourrice.

<*3) Page lOS, — Clément, d'Alexandrie, disciple de St- Pantène, né païen,»étudia à Athènes, en Italie et à Alexandrie, où il se fit chrétien. Catéchiste de l'église de cette ville, il voyagea pendant la persécution de 202, puis revint à Alexandrie enj^eigner la religion chrétienne. Il mourut en 217. Cet illustre docteur a laissé une œuvre considérable, qui établit sa réputation dans toute la chrétienté.

Le traité auquel il est fait allusion ici sous le titre de

Tapisseries ou Stromates (Stroma : couvertures, tapisseries

de ïTo^Gswj^otî), est un mélange important d'études philosophi-

ques et religieuses ou tissus d'images comme Tindique son auteur lui-même par le choix du titre.

(1^) Page 104, — H^wx*", âme, chère dme.

(i-O Page 108.

Grand Dieu! chasse la nuit qui nous couvre les yeux, Et combats contre nous à la clarté des cieux.

Il y a dans Homère « et après cela fais nous périr, si tu veux, à la clarté des cieux. » Dire à Jupiter : « Combats contre nous », c'est presque la même chose que : « Pais nous périr, puisque dans un combat contre Jupiter on ne saurait éviter de périr.— Boileau,trad. du Traité du Sublime de Longin, vol. 2, p. 474. Édit. Stéreot. Dabo 1820.

(1) Page 113. — La palestre, comme les premières lignes du chapitre rindiquent, était un gymnase où la jeunesse se livrait aux exercices du corps, faisant revivre ainsi. lesjeux de Tancienne Grèce.

Le rétablissement de ces usages provoqua les protestalions les plus vives dans une société qui cherchait dans un puritanisme, beaucoup plus apparent que réel, à faire disparaître toute trace du passé.

Peut-être se souvenait-elle des protestations des vieux Romains, lorsque Néron institua à Rome \q^ quinquennales , fêtes olympiques à l'imitation des jeux de la Grèce. On en parla diversement, dit Tacite, comme de presque tout ce qui est nouveau. Admorem Grœci ceriaminis... varia fama, ni cuncta ferme nova... On reprocha à ces nouvelles institutions de corrompre la jeunesse romaine par des exercices étrangers à son courage, en la livrant à une gymnastique, à

une oisiveté, etc., etc. Degenereique siudiis exiernis JuceniaSy gymnasiaei oiia et tiirpes amores exercendo, etc. — Tacite. Annales xiv, 20.

Le directeur de la Palestre, Andréas, s'était fait un renom dans toute Tarmée pendant la guerre contre les Perses. Procope (de Bello Persico, I. 13. Ed. Bonn. p. 64, 65 et 145), nous raconte ses prouesses en combat singulier, et attribue ces succès à l'habitude des exercices gyinnastîques. — Deneficium idfuit exercitationis palœsiricœ.

La jeunesse de Constantinople ne perdait donc pas absolument son temps en fréquentant le gymnase d'Andréas.

La société moderne n'accepte-t-elle pas, de nos jours, tous les exercices des divers sports, si en honneur parmi nous, comme une préparation efficace aux luttes patriotiques.

<2) Page 114. — S'il fut vrai de dire, avec un historien, que les sophistes perdirent la Grèce dans ses jours d'héroïsme belliqueux, il n'est pas moins juste de reconnaître que la Grèce avec sa civilisation, ses lettres, ses arts, sa philosophie conquit le monde.

Le monde, en effet, devint tributaire dés écoles d'Athènes, dont les grands génies s'appelaient Platon, Aristote, Phidias, Thucydide, Xénophon, Euripide, Sophocle, Eschine et Démosthènes.

L'Empire Romain triomphant avec Metellus et Sylla, s'inclina devant sa glorieuse vaincue. Loin d'être jalouse d'Athènes, Rome lui rendit hommage et lui envoya sa jeunesse pour se former à la grande école de ses orateurs, de ses poètes et de ses philosophes.

L'engouement pour les études grecques fut porté à son comble : Rome n'était plus Rome, mais bien une seconde Athènes. Juvénal s'en plaignait :

Non possura ferre, Qairit«R,

Grœcam urbera

Je ne puis, Romains, supporter Totre ville à la grecque.

Juvénal. Satire 8.

Horace y avait complété son éducation et se montrait fort reconnaissant envers la célèbre école :

Adjecere bonœ paulo plus artis Athenœ : Scilicet ut possera curvo dignoscere rectum Atque inter sylvas Academi qucRrere verum.». Dura sed amovere loco me tempora grato.

Epît. II. 2.

La savante Athènes ajouta un peu plus tïart à mon éducation et m apprit à distinguer une ligne droite d'une ligne courbe y et je pus chercher le vrai dans le bois d'Académus.

C'est, en effet, dans les jardins d'Acadénius que Platon tenait son école (d*où le nom d'académie et d'académicien).

Les écoles d'Athènes soutinrent pendant des siècles leur brillante renommée. Les empereurs romains leurs accordèrent, pendant longtemps, une protection précieuse. Nous y avons vu Julien ravivant ses croyances pnïennes et ses

opinions philosophiques. Mais Justinien, au nom ne l'autocratie byzantine, vint bris3r ce quon appelait avec complaisance la chaîne d*or de la succession platonique (Gibbon. XI. 333) et disperser les philosoph.es.

(3) Page 115, — Un des plus singuliers épisodes du règne

de Justinien est l'émigration en Perse des philosophes, dont

ce monarque venait de supprimer les écoles. Ces derniers

représentants de la libre pensée se trouvèrent si mal dans

leur nouvelle patrie, qu'ils ne tardèrent pas à la quitter et û

rentrer chez eux. — A. Marrast. Notes inédites.

Le récit du chroniqueur Agathias est curieux :

Paulo enim antè, Damescius Syrus et Simplicius Cilix, et

Eulamius Phryx et Priscianus Lydius, Hermiasque et

Diogènes Phœnices,et Isodorus Gazœus,hi inquam omnes,

flos ipse atque apex, ut poetice loquar, nostri œvi philoso-

phorum, cum ipsis opinio de Deo, quœ apud Romanos

vigebat, non satis probaretur, exislimabant Persicain dis-

ciplinam longé esse praestantiorem, hisce videlicet rébus,

quœ a multis celebrantur, persuasi : quod apud illos prin-

cipatus sit justissimus, et qualem Plato describit, philoso-

phia etregno in unum conspirante; probi vero imprimis et

modesti subditi ; et neque fures ibi nascuntur, neque pree-

dones, sed nec aliàs injustitiœ species perpétrantes ; adeô

utsiquis aliquid ex rébus suis pretiosis loco quantumvis

deserto reliquerit, nemo qui in id incident, sit sublaturus,

manet verô inta, etiamsi incustoditura sit, integrum ei qui

reliquit, donec redeat : his itaque rébus ut veris exciti, et

preoterea cum ipsis interdictum esset legibus securè hic

degere, quippè qui receptis moribus atque institutis sese non accommodarent, ad peregrinas nullâquo morum similitudine conjunctas gentes sese contulerunt, tanquam ibi deinceps victuri. Primum itaque cum eos, qui in dignitate aliquà vel magistratu constitua erant, valdè fastuosos animisque supra modum elatis esse comperissent, detestabantur eos atque improbabailt ; posteâ animadverterunt multos parietum perfossores et grassatores ac fures partira deprehondi^ partira latere, omneraque injustitiœ speciera vigere. Potentiores enim opprimunt inferiores, raultamque inter se crudelitatera atque inhuraanitatera exercent ; et quod omnibus est absurdius, cura unicuiquè perraissura sit tôt ac velint uxores ducere, et jam duxerint, ab adulteriis tamen non abstinent. His itaque omnibus de causis philosophi suramà anirai œgritudine aflfecti se ipsi migration is suœ damnabant.

Posquara verô collatis cum ipso etiam rege sermonibus spe suâ essent frustrati, hominemquc comperissent philosophiœ quidem studiura jactantem, qui tamen nihil adhuc subliraiorura audierat, sed ne opinione quidem cum ipsis conveniebat, aliis vero nonnullis institutis assueverat, qualia modo recensui ; illam quoque promiscui concubitus vœsaniam non ferentes, confestim inde se receperunt. At qui ille eos adaraabat, utque raanerent rogabat ; ipsi vero magis ex re sua esse censebant, si vel imraissis tantura in Roraanorura fines pedibus, statim, si ita usu veniret, mo-^ rerentur, quam si apud Persas manentes amplissirais honoribus prcemiisque afficerentur. Atque ita oinnes doraum

pediepunt, bapbari pegis hospitalilate valepe jiissa. Fpuctiim tamen ex ea pepegpinatipne petulepunt in pe minime vulgapi aut contemmendà; sed undeeis deinceps jucundissimè pep omnem vîtam et ex animi sententia vivepe licuit. Cum enim pep id tempus Romani et Pepsœ pacem ac fœdus intep sese pepigissent, hœc etiam in pactis conditio conti> nebatuPy quod vipî illi ad suas sedes pevepsi citpa ullum metum in postepum ibi degepe possent, neque quicquam quam quod ppobapent sentipe aut patpiam opinionem mutape cogepentup. — Agathias, liv. II. p. 131 et 133. Ed. do Bonn.

W Page 118, — Les epmites et les ascètes du bas-empîpc. Voip Kpause^ Die. Byzantinep, p. 324 à 330. Tpad. de M. Zugmayep, ppof. au lycée de Pau.

< Ceux des ecclésiastiques qui, comme moines solitaipes dans un couvent ou comme epmites, s^étaient adonnés à une vie sévèpement ascétique et avaient renoncé à toutes choses mondaines, qui n'étaient constamment occupés que de silencieuses méditations sup les choses divines et semblaient pap cela même avoip atteint un degpé plus élevé de sagesse divine, ceux-là fupent pegapdés et désignés comme 3rvr>a«T«oi c'est-à-dipe comme hommes béats qui, touchés poup ainsi dipe pap le souffle du Saint-Esppit, étaient pendus dignes d'inspipations divines. Aussi cpoyait-on de tels hommes capables d'accorriplip des choses mipaculeuses et de ppédipe les événements futurs. Geopge Pachymepes en mentionne un, du nom de Joseph, qui appaptenait au couvent de Galcsjus et était genépalement nppelé lo Galésion, D'un csppit

analogue à celui des Tr^rjuarixôt, étaient ceux que Ton désignait par l'attribut w»x«SovT«r» c'est-à-dire de tels hommes béats qui, par un exercice persévérant, étaient parvenus à un état bienheureux de tranquillité intérieure et de contentement où ils ne purent être troublés par rien de terrestre ou de mondain. Ils crovaient aussi en arriver finalement jusqu'à la contemplation spirituelle de la lumière divine. On comprend facilement que, dans ce domaine de piété ascétique, les choses vraies et les choses trompeuses confinaient les unes aux autres. Pour bon nombre d'entre eux, les exercices religieux de ce genre, exercices sévères avec renonciation au monde, ne servaient que de manteau à un genre de vie tranquille et sans trouble, où ils furent suffisamment pourvus de subsistances par tous les pieux chrétiens. Cependant les hommes d'une véritable piété, d'un cœur pur et d'une conduite épurée, n'ont nullement manqué parmi eux, et c'est témoigner d'une pauvreté d'esprit bien étroite ainsi que de l'absence d'élan religieux que de ne flairer partout que l'hypocrisie. En cette question ne peuvent être juges compétents que ceux dont l'esprit et le cœur ont été, une fois dans leur vie, touchés ou plutôt pénétrés par les plus profondes et les plus pures sensations religieuses, comme par le soulfie d*une intime béatitude! La compréhension de ceux-là no peut se présenter dans le cœur d'enfants profanes du monde auxquels une telle bénédiction n'est jamais tombée en partage. Une autre catégorie particulière d'ermites ascétiques ne doit pas être passée jcj sous silence, à savoir les Styljtes, qui nvnient érigt^ leur

410 appendice;

asile sur une colonne {ffTv/07) et en avaient reçu cette dénomination. Tel était p. ex. Daniel, à Tépoque de l'empereur Zenon, au v» siècle^ avec lequel cet empereur aimait parfois à s'entretenir.

(^) Page 121, — Saint très-populaire de Constantinople : — Jos.Von Hamer,Constantinopolis. Pest. 1822, t. n.p.50. Les anciennes descriptions parlent de trois églises consacrées à St-Pantaléemon : la première érigée par le patrice Nicolas, domestique des troupes d'Orient; les deux autres édifiées par deux impératrices, nommées Théodora, l'ime épouse de l'empereur Justinien, l'autre épouse de l'empereur Théophile. La première de ces deux souveraines avait autrefois à l'endroit où elle fit construire l'église, entrepris le commerce de la laine et de ses charmes.

Sous le règne de l'empereur Maurice (Mauricius Tiberius régna de 582 à G02)^ la troisième église fut convertie en un arsenal, et, 240 ans plus tard, l'impératrice Théodora, épouse de l'empereur Théophile, l'aJEFecta à un couvent.

(«) Page /Pi.— Georgius Codinus : de œdificiis. C. P. p. 96.

<'0 Page 122. — L'œcus corinthien nous dit, d'après Vitrune, le savant auteur du dictionnaire des antiquités grecques et romaines, que nous sommes heureux d'appeler souvent à notre aide, ressemblait à un atrium du même nom, excepté qu'il avait un toit en voûte, supporté par des colonnes à une certaine distance des murs, mais sans ouverture ai^ milieu.

Nos lecteurs n'ignorent pas que V atrium était la grande pièce de la maison, ce qu'on appellerait aujourd'hui le halL Elle servait de point de réunion à sa famille et à ses amis.

On l'ornait des images des dieuX; des statues des ancêtres et même des bustes du maître de la maison, comme nous avons pu le constater nous-mémeàPompeï,dans la maison dite de Cornélius Rufus, au n° 15 de la rue de l'Abondance. L'atrium était de forme rectangulaire, recouvert d'un toit avec une ouverture, nommée com/)ZMpmm, donnant passage aux eaux de la pluie que recevait Vimpluvium ou bassin, répondant le plus souvent par sa dimension et sa forme à l'ouverture du toit.

W Page 122. — Aristote était désigné sous le nom de Stagyrite ou philosophe de Stagyre, sa ville natale.

Philippe, de Macédoine, lui confia l'éducation de son fils Alexandre, et Plutarque nous rapporte « que, pour prix de cette éducation, il lui donna la récompense la plus flatteuse et la plus honorable ; il rétablit la ville de Stagyre, patrie de ce philosophe, qu'il avait lui-même ruinée, et la repeupla en y rappelant ses habitants en fuite ou réduits en esclavage. » — (Vie d'Alexandre. IX). — « Je remercie les dieux, écrivait Philippe à Aristote, moins de ce qu'ils m'ont donné un fils, que de ce qu'ils l'ont fait naître de votre vivant. »

Aristote ne négligea rien pour orner l'intelligence de son élève ; mais il subit à son tour le charme de la belle Campaspe, la plus belle des esclaves d'Alexandre, dont il cherchait à combattre l'amour ; oublieux de ses propres leçons, il s'attela pour lui plaire au char de la courtisane et se laissa surprendre dans cette position par Alexandre.

Plusieurs auteurs dramatiques ont reproduit sur la scène cette aventure piquante.

W Page 124, — Pèlerinage célèbre à Germiesou Germa, ville de Galatie^ près de la source du Sangarius, et situé à 400 kilomètres de Constantinople. Comme le fait remarquer M. Izambert (Vie de Justinien, 2"*° partie, p. 718), c'est le plus long voyage qu'ait fait l'empereur Justinien pendant toutson règne. Il s'y rendit en 563.

^^) Page 124, — Le congé (congius), mesure romaine pour les liquides, contenait six sextarii.

Le cyathe était la coupe à anse, à l'aide de laquelle on puisait dans le cratère pour remplir les verres (pocula) de chaque convive.

W Page 124. — Sur le pourtour de l'Hippodrome s'ouvraient plusieurs portes : *poria pompœ, par laquelle passait le cortège avant le commencement des courses : porta iriumphalis, par laquelle les vainqueurs sortaient du Cirque ; porta Iibitinen8i8yi^a.r laquelle on emportait les conducteurs tués ou blessés : il y en avait deux autres, par lesquelles on amenait les chars. (Dict. des antiquités).

Mais ce n'est pas évidemment à ces portes que l'auteur de la Vie Byzantine au vi® siècle fait allusion. A Constantinople, ainsi que cela ressort du plan de l'Hippodrome, que nous donne le commentateur de Constantin-Prophyrogénête, chaque parti ou faction avait, à l'entrée du Cirque, un certain nombre de loges, boxes ou écuries, vestibules ou remises, mangana en grec, carcères en latin, dans lesquelles les chars attendaient, attelés et montés, le signal de la course.

Chaque parti avait six portes donnant issue de ses remises sur l'arène, d'où s'élançaient les concurrents. Et de

même que, aujourcriiui, dans nos courses de chevaux on considère qu'il est préférable d^obtenir au départ la place la plus rapprochée de la corde, de même à Byzance, attachaiton une grande importance à la position qu'occupait au départ le char fa^vori de la faction, position qui variait selon qu'il s'élançait de telle ou telle porte.

Ce n'était là cependant qu'une chance de plus, dont les cochers habiles savaient se passer.

(12) Page 127. — Sur le sport et l'hippodrome à Constantinople, voir Constantin-Porphyrogénéte, tome I.

Rambaud : de Byzantino hippodromo et circensibus factionibus. Paris. Franck. 1870, et un fort intéressant article du môme auteur, dans laBeviie des Deiix-Mondes, n° du 15 août 1871.

(*3) Page 130, — Egine, île de la mer Egée, dont les habitants étaient renommés pour leur habileté à travailler le bronze.

(1*) Page 136, — Parmi les femmes qui suivaient l'armée d'Alexandre^ en Asie, se trouvait la célèbre Thaïs. Née à Corinthe, elle vivait à Athènes, où elle régnait par sa beauté, que le pinceau d'Apelle avait consacrée comme le type idéal du beau. Le peuple, attaché à ses pas, applaudissait à ses élégantes excentricités. Le grand conquérant fut à son tour conquis par elle ; enchaîné par ses charmes, il la conduisit avec lui, lui fit partager ses triomphes et présider à ses orgies.

Arrivé à Persepolis et avant de se lancer à la poursuite de Darius, Alexandre voulut donner un grand festin à sa

cour. Thaïs^ dans la chaleur du vin, prit la parole, et rappelant que Xercès avait brûlé Athènes, elle s'écria : « Ma » joie serait bien plus grande, si je pouvais brûler le palais » de Xercès et y mettre moi-même le feu en présence du » Roi, pour faire dire partout que les femmes, qui étaient » dans le camp d'Alexandre, avaient mieux vengé la Grèce » de tant de maux qu'elle avait essuyés de la part des Perses, » que tous les généraux qui ont combattu pour elle sur » terre et sur mer. » Ce discours fut accueilli avec des cris et des applaudissements redoublés. Tous les courtisans s'excitèrent les uns les autres ; le Roi lui-môme, entraîné par leur invitation et leur exemple, se lève de table avec précipitation, et la couronne de fleurs sur la tête, une torche à la main^ il marche à la tète de tous les convives, qui, en dansant et poussant de grands cris^ vont environner le palais. — Plutarque. Vie d'Alexandre. L. II.

On s'est demandé si le palais ainsi incendié par Alexandre n'était pas plutôt celui de Ctésiphon.

<is) Page 136. — Le père universel. Homère, à tout instant, ajoute le titre ampère des dieux à Jupiter :

Zsv nirtp.

Dieu Père

Iliade I. 503.

Zsùr Ss Yip/j.,., Et Jupiter à la tête des dieux.

Ibidem 495.

A//â w x^oaTÛvwv...

Zsv, 7ravT'cstvàa"(rwv . . .

0 tout-puissant Jupiter, qui gouvernes toutes choses!

Sophocle. Œdipe-Roi, 888.

(î6) Page 138, — Mithrès ou Mithra était le dieu des Perses, son culte se répandit même en Italie : Dieu du feu ou du soleil.

Darius interrogeant l'eunuque Tyrée qui lui apprenait la mort et les funérailles de Statira et ne pouvant croire à son récit, le fait jurer par Mithrès : « Dis-moi, par le respect

que tu dois à la grande lumière de Mithrès » — Plutar-

que. Vie d'Alexandre, XLII.

(1') Page 139. — Selon Tusage ancien, les festins se terminaient toujours par des libations copieuses; les convives se couvraient de fleurs, et la gaîté débordait des coupes avec le Falerne et le vin de Chio :

* Xos, nisi damnosc bibimus, moriemur inulti. ^

Et calices poscunt majores

Horace. Satires, II. VIII. 84.

Potarc et spargcrc flores

Incipiam, patiarque vel inconsultus liaberi. Quid non cbrictas désignât?...

Horace. Epitrcs, 1. V. 15.

Les sages, cependant, savaient s'arracher aux charmes

de ces libations. Plutarque rapporte que Périclès, pendant tout le temps de son administration qui fut fort longue, ne soupa chez aucun de ses amis, excepté une seule fois qu'il alla aux noces d'Euryptolême, son proche parent : encore tCjj resia-i'il quejusqnaux libations, après quoi il se retira. (Vie de Périclès, IX).

W Page 140. — Le iropèoukion était une sorte de bonnet de docteur, en forme de capuchon^ dont les empereurs byzantins se servaient dans les cérémonies religieuses.

<i) Page 148. — Le règne de Jiisiinien fut marqué par une série de tremblements de terre, qui couvrirent de ruines une portion du territoire. L'esprit public fut vivement frappé de ces bouleversements, qui atteignirent la capitale et les plus grandes villes de Tempire, et dans leurs monuments et dans la vie d'une masse de citoyens.

Alexandrie fut ébranlée jusque dans ses fondements; Antioche vit périr plus de cent mille personnes; la belle et savante Beryte disparut, engloutissant, sous les ruines de ses monuments célèbres, la jeunesse studieuse qui, de tous les points de l'empire, était venue suivre les leçons de ses écoles renommées. En 557, Constantinople fut pendant plusieurs jours en proie aux plus poignantes terreurs. De violentes secousses se succédaient sans interruption, des quartiers entiers furent détruits, le nombre des victimes fut énorme. Les historiens de l'époque demeurent confondus

devant ces grands cataclysmes dont ils ne peuvent déterminer les causes.

L'un d'eux, Agathias, nous le confesse naïvement : « Ego vero de his vehementer ambigo, neque possum affirmaré quâ ratione contingant. Esset enim terrœ motus res optabilis magnâque laude digna, si nosset discernere malos a bonis, atque illos quidem maie perderet, his vero parceret atque indulgeret. » (Hist. V. 4, 285. Édit. de Bonn.)

La charité chrétienne ainsi que la philanthropie moderne ne sauraient se déclarer satisfaites de cette façon étrange de se consoler d'un malheur public, à la condition que les méchants seuls en aient éprouvé les effets. Elles ne comprendront pas davantage Tétonnement de ce môme historien qui, après avoir constaté parmi tant de victimes, appartenant à la classe plébéienne, la mort d'un seul notable, Anatolius, personnage revêtu de la dignité consulaire, administrateur rapace et injuste, ne peut s'expliquer comment d'autres administrateurs, encore plus injustes que lui, ont pu échapper au désastre..... « At hic repente quidem abreptus est, alii indemnes sunt relicti ! »

(2) Page 148, — L'esprit public fut encore surexcité pendant le règne de Justinien par plusieurs phénomènes astronomiques. Dans son histoire de la guerre des Perses^ Procope parle d'une comète dont la tête, tournée vers l'Orient, projetait sa chevelure lumineuse vers l'Occident. Cet astre occupa les savants et le peuple ; quant à l'historien, suflSsamment absorbé par çon rôle de chroniqueur, il laisse à chacun le soin de conjecturer ce que bon lui semblera sur

ce phénomène : « Ac variis inter se scissi sententiis viri docti, alius aliud eo sidère portendi prœdicebant. Ego vero satis habens scribere quœcumque postea acciderunt^ cuique conjecturam inde ad libitum faciendam relinqiio. » — De Bello Pers. II. 4.

Dans son histoire de la guerre contre les Vandales, le même historien rappelle que, pendant la 10« année du règne de Justinien, le soleil subit soudain une pâleur qu'il conserva pendant toute Tannée, aimée qui fut tristement féconde en guerres, famines et autres maux. « Exquoaccidit, nec bellum, nec famés, nuUam denique letiferi mali geiius, circumsedere mortalesdesiit.» — De Bello. Vandal.II.14.

Les comètes ont eu de tout temps le don de provoquer les émotions populaires ; elles semblaient précéder ou accompagner les malheurs publics, et tel événement passait pour avoir excité le courroux céleste, quand, à sa suite, un de ces phénomènes astronomiques se produisait.

Après la mort de César, une grande comète parut ; le globe solaire fut obscurci, il fut, dit Plutarque (Vie de César), fort pâle pendant toute Tannée ; chaque jour, au lieu de rayons bienfaisants, le soleil envoyait une chaleur si languissante, que Tair fut toujours épais et ténébreux : les fruits se flétrirent avant d'arriver à maturité, indices certains de la colère des dieux.

De nos jours, à l'apparition d'une comète, les esprits s'inquiètent encore, et il faut le souvenir réjouissant du fameux tin de la comète de 1811, pour atténuer, dans une certaine mesure, les terreurs populaires.

420 APPENDICK

<3) Page 148. — Les épopies jouaient un rôle important dans Tadministration byzantine.

Dans Tantiquité grecque, on appelait épopies ceux qui étaient arrivés au suprême degré de Tinitiation dans les mystères de Cérès : ils étaient censés avoir tout vu et tout connaître.

On donna, dès lors, ce titre dans la hiérarchie administrative de Constantinople aux fonctionnaires, sorte de collecteurs des tailles chargés de faire les recensements, de vérifier Tétat des fortunes et des maisons des citoyens. En étendant leurs attributions, on en vint à en faire de véritables agents de police secrète fort redoutés et désignés, en latin, sous les titres de visiioreSj inspecioreSy curiosi.

Dans son argot, la haute pègre moderne ne désigne-t-elle

pas aussi, sous le nom de curieux, les agents de la police?

<^) Page 149, — Les Herméneutes — du mot Hermès ou Mercure — expliquaient les songes. « Hermès, considéré comme le messager et Tinterprète des dieux, comme celui qui transmet et qui explique les volontés de Zeus, devait posséder le talent de Texpression claire et facile et le don souverain de la persuasion... Il devint le grand et suprême révélateur. » — Decharme. Mythologie de la Grèce antique, p. 157.

i^) Page 151. — Voir Texplication de ce mot, page 181.

(®) Page 151. — D'ardentes rivalités existaient toujours entre Grecs et Romains.

La Grèce ne pouvait oublier quelle avait porté sa civilisation à Rome ; Rome restait toujours orgueilleuse de sa

conquête du monde : le cicis romanus voulait être universel. Et si Rome, à ce moment n'était plus aux Romains, du moins les empereurs de Byzance s'intitulaient encore empereurs Romains d'Orient, Quand il voulait flatter la foule, TAutocrator l'interpellait sous le titre dp RomainSy et le souvenir d'un passé glorieux, qu'évoquait ce titre, suffisait pour faire oublier à l'amour-propre national satisfait les. tristesses du présent.

("^ Page 152, — Grâce à l'inexplicable faveurdont les Bleus jouissaient auprès de l'empereur, Constantinople devint un champ de bataille où véritablement chacun dut lutterpro aria etfocis ; les vols, les meurtres, les attentats les plus odieux s'y commettaient au grand jour. Le règne des lois semblait suspendu, tant l'impunité restait assurée à la fac tion privilégiée.

W Page 153. — Acacius, père de l'impératrice, était montreur d'ours ou arctotrophe, textuellement nourrisseur (Tours.

W Page 153. — Le peuple désignait sous le nom de Ténare les souterrains du palais impérial, labyrinthe do cachots aboutissant au Bosphore.

(10) Page 154. — Théodora avait conservé dans son palais deux courtisanes, ses anciennes compagnes de théâtre, Chrysomallo et Indaro : elle s'occupait avec elle des affaires de l'Etat.

(11) Page 154. — La Magnaura ou Magna-Aula était un splendide et vaste palais, qui reliait le grand palais impérial à l'église S»^-Sophie.

C'était là^ qu'avait lieu la réception des ambassadeurs, là aussi qu'on célébrait les mariages des souverains et des princes.

On lira avec intérêt la piquante description que notre auteur donne de cette portion du palais dans ses esquisses byzantines :

« Versailles, au xvii^* siècle, aurait pu donner une idée approximative, bien qu'affaiblie^ de l'immensité du palais impérial de Constantinople. Mais il ne faut pas croire qu'on y retrouvât le grandiose de l'habitation du Roi-Soleil. L'aspect général n'offrait rien de majestueux. Les tours massives étaient peu [hautes. Un luxe outré et emphatique, des associations disparates, un splendide mauvais goût caractérisaient cet amas démesuré de constructions à un ou deux étages seulement. Dans l'interminable série de ces salles hypostyles, aux mosaïques d'un éclat criard, où les statues antiques faisaient l'effet de figures de Michel-Ange dans un salon Pompadour ; dans ces oratoires pavés et lambrissés d'or et d'argent, rayés de bandes multicolores et piqués de perles et de pierreries ; dans ces parterres où des animaux fantastiques rangés autour des phialés, vomissaient des flots d'eau parfumée dans les bassins de jaspe, un contemporain de Périclès n'aurait ressenti qu'un ennui profond. Mais introduit aux grands jour.^, dans le triclinium de Magnaura, dont le plafond entr'ouvert laissait descendre l'empereur, vrai Deu8 ex machina, sur son trône salomonique, entouré de lions et d'arbres d'or où des oiseaux automates chantaient devant les envovés barbares en exta$e, il eût

salué d'un sourire ces splendeurs comiques. Déjà, devant la platane d'or du grand roi, Alcibiado s'était borné à remarquer que sur de pareils arbres, une cigale ne trouverait pas à se nourrir. » — A. Marrast. Esquisses byzantines y p. 14 et 15. Lechevalier, édit. Paris 1874.

(12) Page 155. — Les aphtadorcètes étaient des hérétiques qui pensaient que l'incorruptibilité de Jésus-Christ avait du le préserver de la mort. Leur chef était Julien d'Halicar-

nasse, contemporain du solitaire Julien Sabbas et de l'empereur Julien.

(i3) Page 155. — Nam mire stolidus fuit, et lento quam simillimus asino, capistro facile trahendus, cui et aures subinde agitarentur. — Proc. Hist. Arcana, 8.

(14) Page 156. — Pour faire croire à un pouvoir surnaturel et exploiter la crédulité publique qu'avait dû surprendre son élévation inattendue, l'impératrice Théodora elle-même avait raconté qu'avant la réalisation de son étonnante fortune elle avait eu un songe, dans lequel il lui avait donné d'entrevoir sa glorieuse destinée, associée à celle du prince des démons régnant à Byzance. Les esprits encore imprégnés des mythes païens et surexcités par les disputes théologiques, acceptaient aveuglément ces récits et en restaient profondément impressionnés.

(i'>) Page 160. — Dicton du temps.

<^^) Page 160.— Héléna Augusia ou Si«-Hélène était adorée de la nation. L'Eglise la mit au nombre de ses Saints et Constantinople disputa longtemps à Rome l'honneur de posséder ses reliques.

Les Grecs, en efifet, prétendaient que Ste-Hélène avait été inhumée à Çonstantinople, cVoix les Vénitiens l'auraient enlevée en 1212 pour la transporter dans leur patrie.

Les Romains soutiennent que les restes de la sainte impératrice sont encore dans l'église de S'^-Marie, in Ara- , Cœli, dans une cuve de porphyre, sous Tautel de la chapelle dite la chapelle sainte ou chapelle St®-Hélène. Cette chapelle qui se trouve dans le bras gauche du transept, est formée par un baldaquin rectangulaire, supporté par huit colonnes d'albâtre.

La vérité est que Constantin fit porter le corps de sa mère à Rome, dans le tombeau des empereurs.

Qu'en est-il advenu depuis? Nous trouvons dans la. Bévue des documents historiques de M. Etienne Charavay (année 1879, p. 82), le curieux fac-similé d'un document qui semble résoudre la question et qui a été reproduit dans les Acta sanciorunif tome III, p. 601.

Ce document établit que les reliques de Timpératrico furent rapportées de Rome à l'abbaye d'Haut villers, près de Reims, vers 844. Nous empruntons à la Revue de M. Charavay^ la traduction suivante du document original retrouvé par lui :

« Au nom du Seigneur, ainsi soit-il. L'an du Seigneur, mille quatre cent dix, le septième de mai, troisième indiction, la première année du pontificat du Très-Saint Père en Christ et notre Seigneur Alexandre, par la divine Providence pape, cinquième du nom. Nous, Simon de Cramaud, du diocèse de Limoges, par la permission divine, archevêque

de Reims et naguère patriarche d'Alexandrie^ nous avons pieusement transporté le tronc du corps de S««-Hélène, reine, mère de Tempereur Constantin^ qui trouva la Croix de Notre Seigneur, apporté naguère vers l'an 844 de la basilique des saints Marcellin et Pierre, à Rome, au diocèse de Reims, par le moine Theugise, ainsi qu'en font foi les lettres de nos prédécesseurs, les anciennes histoires et les documents. Nous l'avons transféré dans l'église du monastère d'Hautvillers, de notre dit diocèse, d'une vieille châsse dans une nouvelle en argent, que Jean, vénérable abbé dudit monastère, avait préparée à cet effet. Pour la révérence spéciale de ce corps et pour le profit spirituel des fidèles, à chacun de ceux qui, dans les fêtes de l'invention et de l'exaltation de la S*»-Croix, ainsi que dans la fête de Ste-Hélène, aux mois d'août et de février, visiteront dévotement et en état de grâce ladite église, nous avons accordé, . chaque jour desdites fêtes, quarante jours d'indulgence perpétuelle. Ce fut fait sur le grand autel dudit monastère, Tannée, le jour, l'indiction et le pontificat susdits, en présence dudit abbé et couvent dudit monastère et des vénérables personnes Guillaume Fillastre, docteur de l'un et l'autre droit, doyen ; Pons de Ulmont et Simon de Ulmont chanoines de notre église de Reims^ professeurs d'écriture sacrée; Jean Raymond, chanoine de Soissons, notre officiai, et de religieuse personne Foulques de Roeria, licenciés en décrets; du prieur d'Argenteuil,du diocèse du Mans et d'une grande foule de peuple. Les susnommés ont souscrit plus bas de leurs propres mains avec notre notaire soussigné. »

<") Page 168. — Devant la tribune impériale se trouvait une terrasse sur un portique affectant la forme de la lettre grecque n (pi)^ dont on lui donna le nom. C'est là que se plaçait la garde particulière du souverain pendant les cérémonies du Cirque : elle protégeait ainsi, en cas d'assaut, la personne de l'Autocrator.

(18) Page 168. — Le labarum, on le sait, était l'étendard impérial adopté par Constantin après la vision qu'il eut, dans le ciel, d'une croix portant ces mots : In hoc signo vincea. On a cherché longtemps et en vain l'étymologie du mot labarum . Cependant, d'après le dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Risch, ce mot viendrait du gaulois Labj élever. Cette étymologie paraîtra fort rationnelle, si l'on se souvient que Constantin fut élevé dans les Gaules et que c'est avant de franchir les Alpes qu'il eut sa vision.

Le labarum se composait d'une pièce de soie rouge luxueusement frangée, qui pendait à la barre transversale d'une hampe ornée d'or et de pierreries. Au sommet, brillait la croix d'or avec les initiales du Christ (X et P) et, plus bas, l'image du prince :

Ghristas purpureom gemmanti textus in anro Signabat labarum, clypeoram insignia ChristuB Scripserat; ardebat sammis orux addita cristis

Prudent.

(19) Page 169, — Le dialogue de l'empereur avec le chef

des factions est rapporté par Théophane le chronographe, écrivain du ix« siècle. Le texte dont on avait donné des versions souvent peu intelligibles^ a été rétabli et commenté par des savants allemands. — A. Marrast. Notes inédites.

^^) Page 179. — Cathisma est tribunal vel triclinium idest splendidum œdificium, palatium, in quo sedebat imperator, quoties ludos circenses spectaret. — Reiskii Comment, ad Const. Porph. de cerem, p. 309. Edit.,Bon.

« Un souverain qui se gardait si bien dans son sérail ne pouvait guère se hasarder sans précautions au milieu de son peuple^ surtout dans ces bruyantes solennités de THippodrome où un tumulte dégénérait si facilement en émeute. Aussi l'empereur s'était-il arrangé pour assister aux jeux sans sortir de chez lui, de son triclinium d'or, aux parquets de mosaïques, aux murailles couvertes des images de saints et des portraits de ses ancêtres en émail sur fond d'or, a Tautocrator des Romains », par une série de jardins réservés, de cours intérieures dallées de marbre, de galeries, d'escaliers « en escargot », se rendait à son palais de la tribune, à son cathisma. Ce palais de la tribune^ comme on le voit, était une espèce de bastion du grand palais, une position avancée, mais non hasardée ; élevé de plusieurs étages au-dessus du niveau de l'arène, Tempereur se trouvait au milieu de son peuple, mais non à sa merci. Sa loge impériale^ portée sur de hautes colonnes comme sur des pilotis, bravait les flots et les tempêtes populaires ; de l'Hippodrome, on ne pouvait y monter, le prudent architecte avait supprimé de ce côté tout escalier. » — Alfred Ram-

baud. L'Hippodrome à Constantinople. Revue des Deux- Mondes, p. 774, 1871.

(21) Page 179. — La meia ou borne, consistait en un groupe de trois colonnes à forme ionique, sur une base élevée et placée au bout de la barrière, dont les chevaux faisaient le tour : chaque course comprenait sept tours de lice. — Dict. des antiquités de Rich.

Le mérite du conducteur de chars consistait, quand il avait pris l'avance, à empêcher qu'un concurrent plus heureux put se rapprocher de la borne et passer entre elle et lui, lui enlevant ainsi la meilleure chance pour garder l'avance conquise; de même, aujourd'hui, le jockey qui tierU la corde cherche a empêcher son rival de la prendre à sa place et de gagner ainsi du terrain à chaque tournant de la piste.

Cette rivalité, au moment de tourner la borne, présentait un réel danger; il fallait s'en rapprocher le plus possible, et souvent, peu maître de ses chevaux excités par la lutte, le cocher tournait trop court : la roue heurtait le pied de la colonne, s'y brisait, et dans ce choc terrible le plus habile trouvait la mort.

Hercule apprit d'Amphytrion à tourner la borne.

C'était là, le véritable attrait de la course, parce queçà en était le point véritablement dangereux. Aussi les acclamations les plus enthousiastes accueillaient-elles l'heureux cocher qui avait doublé ce cap terrible, triomphe fort envié, chanté par les poëtes et disputé par lés empereurs euxmêmes :

Metaquc fervldis

Evitata rôtis, palmaquc nobilis Terrarum dominos evehlt ad Dcos!

Hor. I. 1. 5.

(22) Page 182. — Sous Justinien, tous les dignitaires qui portaient le titre (ïillusire, c'est-à-dire les ministres et ceux qui remplissaient les plus hautes charges de cour, avaient un logement au palais. C'étaient, entre autres, le grand chambellan (prœpositus sacri cubiculi), et son subordonné immédiat (primicerius sacri cubiculi), le maréchal du palais (comes castentris sacri palatii), le ministre d'Etat (magister officiorum), le chancelier de l'empire (quœstor sacri palatii), le grand trésorier, etc. — A. Marrast. Notes inédites.

(0 Page 189. — Jurisconsulte d'un talent universel, Tribonien s'était justement acquis la confiance de Tempereur. Cette confiance trouvait un aliment toujours nouveau dans le culte véritable que Tribonien professait pour la personne de son maître, et qui Tamena, trop souvent, à se livrer à l'égard de Justinien à d'inexplicables flatteries.

Son nom nous serait parvenu entouré des hommages unanimes de la postérité^ si l'avarice sordide du chancelier (questor sacri palatii) n'avait trop souvent dégradé le caractère et les éminents services du jurisconsulte chargé de la codification des lois romaines.

Procope, en effet, nous le montre comme vendant la justice, et faisant ou défaisant les lois au gré de ses intérêts.

« Augusti assessor, sive, ut lingua Romana dicitur,

quœstor, Tribonianus, natione Pamphylus autem cura

ingenii et ipseacie valebat, tum apicem eruditionis attigeraf,

sic ut nullum œtatis sueo mortalium haberet hac laude superiorem. Verum hianti homo et inexplebili avaritia, unice locro serviebat, erantque apud illum jura venalia. Jamdiulegum nundinationi deditus, quotidie pretio refigebat alias, alias figebat, prout e re erat atque usu poscentium. » — De Bello persico I. 24.

Gibbon compare Tribonien à Bacon. Son génie, en effet, semblable à celui du célèbre chancelier anglais, embrassa toutes les affaires et toutes les connaissances de son siècle ; comme lui, il s'attira de sévères critiques, non moins justifiées que les éloges pompeux qui lui furent décernés.

Les deux Codes, les Institutes, le Digeste, les Novelles, tout dans l'œuvre de Justinien fut animé de l'esprit de Tribonien et éclairé par son expérience.

Un moment éloigné du pouvoir, il ne resta pas moins le conseiller et l'ami de l'empereur, dont les faveurs le suivirent jusqu'au tombeau.

('^) Page 192. — Justinien, quarante jours après ce sacrilège, fit commencer l'érection du nouveau temple.

Voici comment Gibbon nous rapporte, d'après Procope, Agathias et Silentiarius, qui furent les spectateurs de la réédification et les chroniqueurs du règne, les travaux gigantesques dûs à la munificence impériale :

« On enleva les ruines, on disposa un plan plus étendu ; et comme il fallait acheter quelques terrains, le monarque, entraîné par son impatience et par les frayeurs de sa conscience, le paya un prix exorbitant. Anthemius en présenta les dessins, et, pour les exécuter, on employa dix mille

ouvriers, qui tous les soirs recevaient leurs salaires en belle monnaie d'argent. L'empereur lui-même, revêtu d'une tunique de lin, surveillait chaque jour leurs travaux et excitait leur activité par sa familiarité, par son zèle et par ses récompenses. La nouvelle cathédrale de S^ Sophie fut consacrée par le patriarche, cinq ans, onze mois et dix jours après qu'on en eut posé la première pierre; et au milieu de cette fête solennelle, Justinien s'écria avec une pieuse vanité : « Gloire à Dieu qui m'a jugé digne d'achever un si grand ouvrage ! 0 Salomon ! je t'ai vaincu. » Mais vingt ans ne s'étaient pas écoulés qu'un tremblement de terre, qui renversa la partie orientale de la coupole, humilia bientôt l'orgueil du Salomon romain. Sa persévérance répara ce désastre, et la trente-sixième année de son règne^ il fit pour la seconde fois la dédicace d'un temple qui, après douze siècles, offre encore un monument imposant de sa gloire. » — Histoire de TEmpire Romain, xl. 293.

Le lecteur a lu dans la préface la description si originale et si heureusement détaillée de l'intérieur de S^ Sophie que notre auteur a donné dans les Esquisses Byzaniines,

A ce temple magnifique on avait dû attacher un personnel qui répondit par le nombre à ses colossales dimensions ; en sus de cent portiers, on comptait à S Sophie soixante prêtres, cent diacres, quarante diaconesses, quatre-vingtdix sous-diacres, cent lecteurs et vingt-cinq chantres.

(») Page 194. — Phalaris, tyran d'Agrigente, en Sicile, personnage moitié fabuleux^ dont les poètes, plus que les historiens, nous ont rapportés les cruautés légendaires. Un

de ses courtisans, Perilalls, lui aurait t'ait hommage d'un taureau d'airain, dans les flancs duquel on pouvait enfermer un homme condamné à mourir à petit feu.

La fable dit que le tyran fit essayer cet horrible instrument de supplice par celui-là môme qui le lui avait offert, et que^ dans la suite, il se plut à y enfermer ses victimes, dont « les gémissements arrivaient à son oreille plus suaves cjiip la plus ravissante harmonie. «

^*) Paye 1U7 . — Le théûtro de Tinsurrection est décrit par A. Marrast dans les Esquisses Byzantines, p. 5 à 17. < Plus loin^ sur l'Augustéon ou place impériale, carré long entouré de portiques, une colonne portait la statue équestre de Théodos(», eu argent doré. Du milliaire d*or partaient comme à Home les principales routes de Tempire. On y exposait les têtes des suppliciés.

L'Augustéon était entouré de tous côtés de monuments et de palais : au Sud, le palais du Sénat, la Basilique de TEcole de droit, divers dicaslènîs ou tribunaux ; au Nord, S'<^ Sophie.

En suivant la troisième voie conduisant du forum de Constantin au palais impérial, on rencontrait, au Sud de Toctogonc, l'église S^ Théodose, et, unpeu plus loin, l'Hippodrome ou grand cirque, foyer unique de la vie publique byzantine, à la fois club, église, arène et charnier. Là défilent les triomphes. On y brûle ou mutile les condamnés politiques. Les chants religieux, les cris d'enthousiasme prodigués au cocher vainqueur, les acclamations officielles entrecoupées d'imprécations, arrivent aux oreilles de l'empereu.' iissis en

face de son peuple. Sur ces degrés de marbre blanc où peuvent prendre place cent cinquante mille spectateurs^ la foule, libre un moment de ses mille entraves^ engage avec le maître de terribles dialogues. Parfois Témeute éclate. Jam faces et saxa volant! Les barbares delà garde se ruent sur les assaillants. Le sang coule à flots. Qu'importe? le despote du jour ne tomberait qu'au profit d'un nouveau despotisme.

Des obélisques égyptiens, des colosses de bronze dominaient la forêt de statues qui encombraient la Spiua, la tribune impériale et les promenades ornées de portiques qui entouraient Tllippodrome. Les dieux et les héros de la Grèce, les sphinx ailés, la louve de Romulus, des statues grotesques et talismaniques, les images des empereurs et des cochers s'y mêlaient dans une confusion étrange. Qu'on se figure Franconi et le vainqueur d'Austerlitz côte a côte sur la place de la Concorde ! Ces rapprochements ne cho- (juaient personne.

L'Hippodrome était voisin du grand palais impérial qui occupait, comme le nouveau Sérail, toute la région orientale de la ville sur le Bosphore.

C'était une vraie cité dans la cité, dont il fallait, dit-on, une heure pour faire le tour, immense aggrégat de palais, d'églises, de casernes, de prisons et de bâtiments administratifs. De vastes jardin?^, des greniers, une citerne, un phare, des souterrains aboutissant au Bosphore ; un port spécial où n'abordaient que les galères et les yachts de plaisance, affectés au service personnel de renipereur, complétaient ce

NOTlvS «L'R LA VIK BYZANTIN K AU VI' SIÈCLE 435

petit monde où vivaient, avec le souverain, sept à huit mille individus, soldats, courtisans, fonctionnaires, prêtres, femmes, eunuques, esclaves. »

<^> Page 198. — L*omophorion était le vêtement de gala des patriarches et des évêques : c'était en même temps rinsignedeleur dignité; remettre Fomophorion à quelqu'un, c'était l'appeler aux tonctions épiscopales.

^^> Page 205. — On n'est pas d'accord sur le sens du mot »<7aMc/«r/, qui, pour plusieurs auteurs, parait être une épithète injurieuse empruntée à un des idiomes barbares de l'époque.

Cependant, le commentateur de l'histoirf» secrète nous paraît avoir résolu la question, en nous apprenant que, dans la langue certe des Grecs, ce mot signifie dne : lingua grtecorum vernacula 7«jÔkjoo7 est asinus. — In Hist. Arcanan notto Aîemanni.

On peut admettre, dès lors, que le peuple, peu délicat sur le choix de ses expressions, ait pu, dans un moment d'efTervescence, adresser cette grossièreté à son souverain, surtout si l'on se rappelle que la chronique reprochait à Justinien d'avoir des oreilles d'âne. Par une corruption du langage de gaudaros on a fait sgaudari,

<'*) Page 215, — L'allocution de Théodora est rajiportée à peu près dans les mêmes termes par Procope et par Michel Glvcas.

<*^> Page 222. — La Spina était une barrière en mur bas divisant le Cirque en deux, et aux deux extrémités de laquelle se trouvaient les bornes que nous avons décrites, dans la note 21 du chapitre précédent.

430 APPENDK K

La Spina de Byzance constituait à elle seule un véritable musée. Sur sa crête, en effet, on voyait un obélisque égyplien, des statues, un autel, des colonnes, dont l'une est restée célèbre, la colonne serpentine et divers ornements selon le goût du moment ou le caprice des maîtres du jour. On en trouve une description très intéressante dans l'étude deM.Rambaud,quenous avons déjà citée. — L'Hippodrome à Constantinople. Revue des Deux-Mondes , 187L

^^) Page 222. — VEuripe était un canal ou large fossé rempli d'eau qui faisait le tour de l'Hippodrome et séparait les spectateurs do Tarènc.

NOTES

SUR

L'ALEXANDRIE DES PTOLÉMÉiES

NOTES SUR i/aLKXANDRIE DES PTOLKMÉES 431)

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