‹ La Vie ChèreChapitre 10 sur 48 · X 161 =198.203.061 12 pour le bœuf · texte numérisé non relu

X 161 =198.203.061 12 pour le bœuf

12.595.730 X221= 27.836.563 30 pour le veau; 31-801.269xX222— 70.598.817 18 pour le mouton.

Soit au total. 206.728.441 60.

La vente totale a donc produit en 1910 : 90.864.272 fr. 07 de plus qu'en 1902 pour les trois animaux de boucherie les plus demandés.

Les journaux et revues éçonomiques constatent, à qui mieux mieux, que la crise de la boucherie est aiguë. Dans beaucoup de ménages peu aisés, on a dù restreindre la portion journalière de viande : elle est trop coûteuse pour les maigres ressources des ouvriers.

Le renchérissement de la viande est donc un phénomène considérable, d'autant plus qu'il n’est point particulier à la France. On pourrait établir, et plusieurs économistes l'ont fait (MM. Blondel, dans le Correspondant ; Zolla, dans la Revue vies Deux Mondes ; Leroy-Beaulieu, dans l'Economisle Français), que les autres pays de l'Europe s’en plaignent comme nous.

Voici, pour éclairer ce qui précède, les prix de la viande tels qu'ils ont été relevés dans un certain nombre de villes européennes en septembre ror1 :

Villes Bœuf Veau Mouton Porc Observations le kilo le kilo le ki'o le kilo Par Er 7040 EN I 90 1 835 Prix moyen en qros. Londres er. 36, Cr'Gr nt Certes Idem Berkin © L'OEM SSP RTRE LIEN Ce Idem Bruxelles EEE Ar. CON TO ROND MEN Idem Copenhague , Nr 70 90 0168 «x 45 Rotterdam er) otre Mir Oo Ne Berne Ne 2 0% 250 » »r, 2 40 Prix moyen au détail. Milan . . 2/10 2.45», » T'so Pritoyen en gros. Madrid... . . . 330 3 30 2 40 » » Prix moyen au détail, Vie FRE ONDES NE ERRERS CR2 12e Idem Bhda-Pest nl no Mi go 1 60 Prix moyen en gros.

2° Le pain. — Les cours du blé s'élèvent progressivement à partir de 1895. Sur le marché de Paris, il était coté par quintal (en moyenne) :

21 7o de 1895 à 1899; 22 04 de 1900 à 1904; 3 90 de 1904 à 1909; 6 » à 27 » en 1911.

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Cette élévation du prix du blé correspond cependant à des récoltes plutôt abondantes, sauf cependant en 1ror1. L'accroissement de la consommation et les abus de la spéculation sont, sans doute, la cause de tout le mal, Nous nous en rendrons compte en étudiant le (pourquoi » de la vie chère.

Voici un tableau plus détaillé, qui montre l'ascension gradueile du prix du blé jusqu'à la fin de 1971 :

Années Prix du quintal Années Prix du quintal TOR NS LE- DRION0S LOU NP ET 2203 TOO EE RO O 7 LOC 26020 TOOMSNN ETEdS 1908. . . 22 90 DOCS DAT 220 10000 23060 TOO NN ZT 39 TOO à à 26 64 OO A ME NS 2 00 LOUER 2 TO

On notera la hausse brusque de 1010.

Dans les premiers mois de la présente année (1912) les cours du blé ont dépassé pendant quelques jours le chiffre de 29 francs. On peut donc dire que, depuis deux ans, le prix du blé a monté dans des proportions auxquelles nous n'étions pas accoutumés depuis longtemps.

Maintenant que nous connaissons les cours du blé, voyons comment s'est comporté le pain dans ses prix de détail.

Le pain a renchéri, sans que la hausse ait jamais dépassé 10 centimes par kilogramme. Il est bon de remarquer que

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le prix du pain n’est pas uniquement commandé par le cours du blé et de la farine. C'est ainsi que le prix du kilogramme de pain, constamment inférieur au prix du kilogramme de farine avant 1863, n'a cessé de lui être supérieur depuis cette époque, et la différence va s'accentuant à mesure que les boulangeries augmentent leurs frais généraux et que leur nombre s'accroît relativement à la clientèle desservie.

Voici un tableau comparatif des prix successifs du pain et de sa matière première, qui fait ressortir ce phénomène :

Années Prix du quintal de blé Prix du pain LOG LS MCE PE ENS ONE O 333 LOC2H SEE EE RATES 0) ONS5 5 LOOS NE NR CAR CRC N O7 0 359 TOO RSR RS TE Sr NME T ANR COS DO OS AA RER LE RAM Dr 0 362 1000 pd Ce MONT PES HE PS 9D OO 7 EEE RE OO O 371 LO0S Pan A met EN ARE PO 2rRS 0:375 FHO0 2 RUE SE RE ER SRE Ho LOTO A RS AR CAO o 386

Une légère augmentation du quintal de blé entraîne donc une hausse encore appréciable du kilogramme de pain, qu'une fabrication moins primitive et une réduction des frais généraux auraient peut-être permis de maintenir au même prix.

Si nous en croyons M. Leroy-Beaulieu, la consommation du pain représenterait, suivant l'aisance de la famille ouvrière, ( tantôt 25 à 30 %, tantôt 50% même de ses dépenses d'alimentation ». Comparativement aux dépenses totales, la proportion irait de 12 à 15 % jusqu'à 25 ou 30 %. Bien que cette proportion nous paraisse un peu exagérée, le pain constitue en tout cas, avec la viande, la base de l'alimentation populaire, ,

RE Or, on peut dire que le pain, en fait, se vend à Paris 0 fr. 85 les deux kilos (car la taxation oflicielle n'a qu'une valeur très relative dans ses conséquences à l'égard du consommateur). Ce prix constituerait, depuis cinquante ans, une augmentation par kilo de o fr. o; suivant les uns, de o fr. 10 suivant les autres. Cette augmentation devient très sensible si l'on tient compte de la consommation considérable faite surtout par les Français, qui sont traditionnellement de gros mangeurs de pain. On prétend que nous mangeons en moyenne 400 grammes par jour de ce précieux aliment que nous gagnons à la sueur de nos fronts.

3° Les autres denrées usuelles : lait el beurre; œufs: léoumes ; vin; sucre, etc...— Le lait etles produits quien dérivent ont subi une augmentation assez sensible. On a parlé d’une véritable « crise laitière », d'autant plus alarmante que le lait èst un aliment spécial qui, pour les enfants, les vieillards et les malades, ne saurait être remplacé. Depuis longtemps déjà on se plaignait de l'insuffisance de sa production (1). À l'heure actuelle, il y a pénurie de lait pour des raisons que l'on trouvera exposées plus loin. Tant et si bien que le prix du litre de lait, dans les grandes villes, a atteint ot Sr (2 AParts, aucours' deltor:, le prix du.kilo de beurre, a détail sestiélevér de 2 fr. 80 (prix moyen)'à fr. 80,

Le prix duicent d'œufs a passé de 9 francs à 14 francs, et, au détail, la douzaine d'œufs s'est vendue au cours de l'hiver 1910 jusqu'à 2 fr. 60. Les œufs partagent sans doute le record de la hausse avec les pommes de terre, dont le prix est monté de 7 francs le quintal (en 1908) jusqu'à 19 francs, très accidentellement il est vrai.

(1) Certaines évaluations tendent à établir que la consommation de lait, dans les grandes villes, aurait augmenté de près de 50 % depuis dix ans.

(2) Et même o fr. 40 et o fr. 45 dans les quartiers aristocratiques de la capitale.

Le prix de ces diverses denrées a augmenté encore davantage dans certains pays étrangers, ainsi qu'on peut sen rendre compte par la statistique suivante établie en septtembre 1911. |

Beurre Œufs Pommes de terre Villes le kilogramme le cent les 100 kilogr.

Paris LEA UT 2180 203100 9 mO0 Ne TA DMNTO Ie TONER Londres . 3 20,213 HS TD CRT 7 MONS CETRLO DÉPHNEFITAU 3 50 DPI ARTIONAT NES SR ETS UE Bruxelles esse 3 50 TU HA VIN SONATA CES SN Copenhague. 3 9o (salé) TO 6 50 Rotterdam. . 2100 A AL28 IOURPTA NON AP IE MTS E GMAO Berne . 3 20 à 3 60 A) JMD ASTON) Nha TR) 10 » TEA AUTO PA Madrid es 6» T'ÉCE DT AUTS Gi D UN 2 NAS Se Vienne. rate rReo 8 50 12 TD AA TE NE Buda-Pest. . . LEE) ARE ON ARE O ARE FLE TA

Toujours est-il que le renchérissement atteint ici, surtout -en 1910 et 1911, des proportions colossales. Et M. Charlee Brouilhet(r)remarque très justement : « De ce chef, la surcharge des budgets ouvriers s'aggrave plus encore que par la hausse du pain.»

En ce qui concerne le vin, tout le monde se rappelle la mauvaise récolte de roro et l'augmentation considérable de prix (et de fraude) qui en est résultée, au moins pour les vins ordinaires.

C'est dans nos départements grands producteurs du Midi que les variations ont été les plus fortes. L'hectolitre de vin, qui se vendait à peine 7 ou 8 francs en 1908 dans l'Aude ou l'Hérault, s’est vendu, il y a quelques mois, 3; ou 40 francs. Il se vend encore actuellement de 25 à 28 francs.

Le renchérissement du vin a frappé d'autant plus fortement les consommateurs qu'il a succédé à une période de

(1) Revue des faits économiques de l'année 19710.

très bas prix. L'élévation actuelle ne sera sans doute que passagère. Que nous ayons deux ou trois années favorables, le prix de l'hectolitre redescendra infailliblement à 12 où 15 francs, peut-être à un chiffre moindre encore.

Les iégumes, à cause de la sécheresse, ont été rares (1). Pareillement, la récolte des betteraves a été déficitaire; et le prix du sucre, qui, pour diverses raisons — et notamment grâce à la diminution des impôts et des droits d'octroi — avait précédemment baissé, s'est mis de nouveau à augmenter très rapidement: phénomène d'autant plus regrettable, que la consommation du sucre est devenue très considérable (2).

D'une manière générale, on peut dire que la plupart des produits de consommation courante ont augmenté de 10 % au moins depuis dix ans, et cette augmentation s’est élevée momentanément, pour certains comestibles, jusqu'à 50 %. C'est spécialement le prix exorbitant desdits comestibles qui a provoqué la révolte des ménagères.

(1) Aux halles de Paris, les carottes qui, en 1910, valaient en moyenne 15 francs les 100 bottes, ont atteint en 1911 les prix de 40 et 50 francs. Les salades, les choux, les haricots, etc., ont à peu près triplé de prix en un an.

(2) Le quintal de sucre du type commercial — sucre blanc — était coté :

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Le Logement

La plus forte dépense qui contribue à grever le budget de l’ouvrier, c'est la nourriture, dont nous venons de constater l'inquiétante cherté. On a calculé que ce chapitre du budget absorbe 60 à 65 % des petits salaires et 35 à 45% des gros salaires; sur cé point, il n'y a guère moyen de restreindre la proportion : les besoins alimentaires sont plus impérieux que tous les autres.

Le prix du loyer est plus variable, plus élastique. D'après Levasseur, le logement absorbe 15 à 25 % des ressources, en comprenant dans ce chiffre le prix de l'éclairage et du chauffage, qui atteindrait en moyenne 5 %.

Ici, nous sommes, au point de vue de la courbe des prix, dans une situation tout autre que pour les produits agricoles. Le prix des loyers ne subit pas lès mêmes mouvements de hausse et de baisse, n'ayant pas les mêmes causes de fluctuation. La courbe des prix va toujours à peu près dans le même sens.

En fait, le coût du logement n’a fait qu'augmenter, et cela depuis 1830 (1). Dans quelles proportions ? L'Office du Travail indique la gradation suivante pour les petits loyers parisiens :

POAALLO RS NTM Es Ed RCE TIRE 2 0 RE 1854-1863. 210 1864-1873. 220) 1874-1883. 27 OR 1884-1893. 32040

(1) I faut, suivant nous, en rechercher les principales causes dans l'élévation du prix de la main-d'œuvre, les charges croissantes qui pèsent sur la propriété et l'exode des ruraux dans les villes,

ere Bien plus encore que pour les denrées alimentaires, ces chiffres ne sont forcément que des approximations. D'après les statistiques de la Ville de Paris, qui s'étendent jusqu’à nos jours, la valeur locative moyenne de tous les appartements parisiens a progressé comme il suit :

En18 78, "elle était. de #52. "Fr:

En 1889 RAR En 1900 TOR En 1910 605 »

soit, par rapport à la valeur locative de 1878, une augmentation de 25 %. Ces moyennes englobent toutes les catégories de loyers, depuis les modestes chambres louées 100 francs jusqu'aux appartements de 15.000 à 20.000 francs et au-dessus.

La statistique du ministère des Finances permet de connaître l'augmentation des loyers par catégories. D'une manière générale, cette augmentation a été constante depuis 1830 :

1° Loyers au-dessous de 100 francs (stationnaires) :

2° Lovers de 101 à 250 francs (hausse sensible depuis 1862) ;

s'hPoyérside 2114 oo" francs. (forte hausse durant Ja même période : 30 % d'augmentation) ;

4° Loyers de 501 à 1.000 francs (augmentation de 13 %).

Enfin, une enquête ordonnée par le préfet de la Seine, qui à porté sur 400 maisons parisiennes de moyenne importance, permet de tirer les conclusions suivantes :

La hausse, de 1900 à 1910, s'étend à tous les quartiers et à tous les logements. La moyenne de cette hausse serait de 10,5 %, ce qui est considérable pour une matière n'obéissant qu à la loi de l'offre et de la demande etn'ayant pas les risques des produits agricoles. Il est vrai que les impôts sur la propriété bâtie ont augmenté durant la même période.

La hausse est d'autant plus élevée que le chiffre du loyer

so

est plus bas (excepté, toutefois, pour les loyers inférieurs à 100 francs).

Dans la statistique préfectorale, la hausse signalée pour les loyers de 250 francs à 500 francs est moins considérable que celle indiquée par le ministre des Finances. Voici, d'ailleurs, les principaux chiffres, qui montrent bien la progression intense suivie depuis dix ans :

Hausse

Loyérs dé M T0O 200 25000 NS NNTO LS % de Mie RO CONTE ET OM LS. NEO AOC RUN DM ET 1211 etrtocdo là 21606 Mo MAN AN MES sr

Enfin, la progression, depuis 1910, augménte encore : la hausse de 1910-1911 est supérieure à celle de l’année précédente. Elle frappe inégalement les divers quartiers.

Uné autre enquête officielle a porté sur 7.058 logements parisiens, dépendant de 39r immeubles et répartis dans 35 quartiers. En voici les résultat ;

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