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pure illusion, par suite d'incidences économiques assez faciles à deviner? — l'employé se croira tenu d'ufiiser le chômage gracieux qu'on lui aura consenti. Il en voudra «pour son argent ».Il s'offrira tous les plaisirs et succombera à toutes les tentations. Ces huit ou quinze jours de repos — est-ce toujours un repos? — se transformeront pour lui en une longue suite de dimanches qu'il faudra fêter jusqu'au bout. Le budget du ménage souffrira fatalement de ces dépenses.
L'utilisation la plus commune des (vacances » consiste dans la villégiature ou dans le voyage à courtes étapes. Billets circulaires, billets collectifs, billets de bains de mer ou de montagne, tarifés à des prix séduisants et se prêtant à mille combinaisons avantageuses, sollicitent le touriste. La bicyclette, la motocyclette, l'automobile satisfont également la « dromomanie » de nos contemporains. Et l'on a beau dire que les voyages sont maintenant à bon marché : ils coûtaient infiniment moins cher lorsqu'on ne voyageait pas autant! Les billets circulaires et trains de plaisir, qui donnaient aux diverses compagnies de chemins de fer, en 1800, une recette de 5 millions et demi, leur procurent aujourd'hui près de 17 millions ! Et il est à noter que les recettes de troisième classe se sont élevées dans la même proportion que les autres (de 3 à ro millions environ durant la même période).
so Les domestiques. — Nous ne voulons parler ici que des ‘domestiques attachés au service des personnes; nous devons étudier avec les causes sociales de la crise — renchérissement de la main-d'œuvre,revendications ouvrières, dépopulation des campagnes, etc., — le cas des domestiques des exploitations agricoles, industrielles ou commerciales.
Le domestique, homme ou femme, des maisons bourgeoises, le valet de chambre, la cuisinière, la « bonne à tout faire », et enfin la «femme de ménage » — ces deux dernières considérées comme indispensables dans tant de
Le Été
modestes foyers — coûtent maintenant plus cher à ceux qui les emploient. La preuve en est facile à donner.
Entre Paris et la petite ville de province, dont les tarifs révèlent à cet endroit le plus notable écart, prenons encore, comme moyen terme, notre ville. Voici les prix que nous ont indiqué divers bureaux de placement :
1900 1912 CUISINE STUNT À AN 9 D. MOIS 481 ».à 60 »
Femme de chambre . 25 » à 35 » — 85. D à 50 »p Femme de ménage Dead l'heure DéOLAN ONE
D'une facon générale, on admet que, depuis vingt-cinq ans, les gages des domestiques ont presque doublé. Nous parlons ici, bien entendu, de filles ou de femmes entièrement « formées », non de ces débutantes, arrivant de la campagne, qui s'embauchent à n'importe quel prix.
Ces faits paraissent d'autant plus remarquables que les domestiques, nourries, logées, blanchies et souvent habillées, sont probablement les seules personnes salariées qui ne connaissent pas trop les affres de la vie chère (1). Cependant leur nombre décroissant — les serviteurs des deux sexes étaient au nombre de 1.275.000 en 1886 et seulement 950.000 en 1901, malgré l'accroissement de la population — et les gages de plus en plus élevés qu'elles exigent, nous démontrent que la demande est encore supérieure à l'offre. Le plus petit ménage de fonctionnaire ou d'employé rougirait de n'avoir pas de « bonne ». Et le bourgeois qui se contentait autrefois d'une bonne à tout faire, veut aujourd'hui femme de chambre et cuisinière, quitte à mal loger et à mal nourrir l’une et l'autre.
6° Soins personnels. — Médecin. — L'hygiène, dont notre époque est férue, impose aux citoyens des lois onéreuses.
(1) Hya lieu d’en rapprocher, dans une certaine mesure, les domestiques agricoles nourris par leurs patrons.
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On insiste, à juste raison, sur les soins corporels; et, si les municipalités des grandes villes mettent les moyens de se laver à la portée de toutes les bourses, il n'en est pas moins vrai que ces habitudes sanitaires, bien que médiocrement généralisées, impressionnent les petits budgets. Le coiffeur, le baigneur ont, d'autre part, élevé leurs tarifs. Et dans cette catégorie, par surcroît, sévit le fléau du pourboire.
Il faut enfin compter avec l'imprévu, c'est-à-dire avec la maladie. Les sociétés de secours mutuels, les hôpitaux et autres institutions de prévoyance, d'assistance ou de bienfaisance, procurent le médecin dans les conditions les moins dispendieuses. Mais les non prévoyants et les non assistés — ils sont encore quelques-uns en France — se voient frappés, à cet égard, d'une sérieuse amende.
Voici, en effet, les résolutions, fortement motivées, qu'ont pris récemment la plupart des syndicats professionnels de médecins, à Paris comme en province, la capitale ayant d’ailleurs donné l'exemple :
Considérant :
1° Que depuis vingt ans, la vie a beaucoup renchéri ; que tout a augmenté de prix : alimentation, chauffage, locomotion, loyers, impôts, etc. ;
2° Que les ouvriers ont vu s’élever leur salaire de plus de Jo centimes par heure de travail, les domestiques leurs gages da plus du quart, les employés leurs appointements, les fonctionnaires leur traitement, et les députés ayant même porté leur indemnité de 9.000 à 15.000 francs ;
3° Que des soins médicaux gratuits sont partout libéralement assurés ;
Il est de toute équité et de toute nécessité que les honoraires des médecins soient augmentés et que le taux des visites doit être élevé d'au moins un tiers sur les prix actuels.
Donnons alors queiques précisions sur les nouveaux tarifs établis à Lyon :
La visite de 5 francs à Lyon et de 4 francs à la campagne et dans les faubourgs doit constituer la visite infime.
Celle de 10 francs à Lyon et 7 francs à la campagne devra être comptée à la classe aisée et en cas de visite dans un quartier éloigné.
Entre les deux, on peut admettre une visite à 7 francs en ville et 5 francs à la campagne. La visite tardive, entre 7 et 10 heures du soir, sera doublée où comptée au tarif de la catégorie supérieure.
Les visites de nuit, entre ro heures du soir et 7 heures du matin, seront triplées.
Les visites du dimanche ou les visites d'urgence seront doublées.
Les déplacements du médecin rural seront comptés de 1 à 2 fr. de supplément par kilomètre de distance.
En examinant dans notre troisième partie le budget des carrières libérales, nous verrons, d'ailleurs, avec plus de détail, la situation où se trouvent les médecins en présence de la « vie chère ».
Application : Le Budget Familial
En présence de la cherté de la viande et des denrées alimentaires indispensables, à laquelle vient s'ajouter l'augmentation continue du prix des loyers et l'extension des diverses dépenses courantes, il est intéressant de se demander en quelques mots quelle peut être la répercussion de ce renchérissement sur le budget d’une famille.
M. du Maroussem, disciple de Le Play, a essayé de fixer le budget d'une famille-type de quatre personnes, en 1890. Il s'est procuré le livre de dépenses d'un ouvrier de Paris, père de deux enfants. Il s'est assuré que ce ménage ne faisait que des dépenses normales, en harmonie avec son état social. En notant la quantité de pain, de viande, de lait, de légumes, etc., consommée dañhs une année, et en tenant compte de la courbe des prix, M. du Maroussem a pu établir ce que la même consommation alimentaire et
un loyer correspondant auraient coûté aux époques su1-
vantes :
a) Budget d'un ménage d'ouvrier parisien de quatre personnes. — Variations de la dépense totale.
Années 1839-1843 1850-1854 1861-1865 1876-1880 1887-1801 1898-1902 1907-1908
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