‹ La Vie ChèreChapitre 19 sur 48 · AE NS · texte numérisé non relu

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la cause qui leur paraît dominer les autres, sans cependant expliquer par elle seule la crise de la « vie chère ». 11 semble que cette dernière manière de voir soit la sagesse même. Les phénomènes économiques et sociaux sont presque toujours le produit convergent d’un grand nombre de facteurs causes principales et causes secondaires, lesquelles s’ajoutent aux premières pour en fortifñer l’action. M. de Vogüé, dans sa préface du Roman Russe, a montré comment les sciences physiques, biologiques et historiques ont toutes évolué dans le même sens. Elles ne cherchent plus à expliquer les faits exclusivement par l’action des grandes causes, mais par l’action lente et continue des petites causes. En géologie, aux cataclysmes par lesquels Cuvier expliquait les bouleversements géologiques, Ch. Lyell a substitué la théorie de l’action continue des pluies, des vents, des érosions par l’eau. Ainsi en est-1l de l’histoire, et en général des sciences de la nature. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans l’ordre économique? Aussi bien, cette conception n'empêche-t-elle pas de faire une part plus ou moins grande aux diverses causes qui ont contribué à la production d’un fait important. Essayons donc une pareille analyse. Démêler les causes principales et les causes secondaires dont l’action synthétique a déterminé la cherté de la vie, tel est le but que nous nous proposons.

Ainsi que nous l’avons dit, cette étude est intéressante en elle-même, d’abord à titre d'explication, puis dans ses appli- ‘cations, car la nature des causes commande dans une certaine mesure la nature des remèdes à appliquer. Intérêt théorique, intérêt pratique, c'est plus qu'il n’en faut pour provoquer la recherche.

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