LÉGUMES
Pommes de terre. — Les pommes de terre, qui occupent une place toute spéciale dans notre alimentation, étaient cotées aux prix suivants depuis 1904 :
Quintal. :
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Au mois de mai 1916, au marché des Innocents, à
Paris, la rouge saucisse valait de 34 à 35 francs les 100 kilos; la ronde jaune de 25 à 26 francs ; la Beauvais de 20 à 21 francs.
Vers la fin d'août 1917, on cotait aux halles centrales, à Paris, de 28 à 32 francs les pommes de terre du midi et de Paris, et de 26 à 28 francs celles de Noirmoutier.
Le 16 juillet 1918, une circulaire du Ministre de l'agriculture et du ravitaillement faisait connaitre que l'office technique de ravitaillement avait fixé comme suit le prix maximum pour la vente des pommes de terre de primeur : 50 francs les 100 kilos, prix de gros ; o fr. 60 le kilo, prix de détail.
En décembre 1920, aux halles centrales de Paris, les pommes de terre valaient (1):
(1) Economiste du 24 Août 1918 et Hi Pen commerciaux de Paris-Centre.
Holander ere re -,.. » 65 à 99 fr. les 100 kilog-
S'AMCISSE RM dre 38 fr. —
ondes jaunes..... ts 20 2 %35-$r: ——
Pineke MP MoN EEE 26 à 27 fr. Carottes. — En 1914, la petite botte de carottes
” valait de o fr. 15 à o fr. 20, aux halles de Paris; elle vaut maintenant oO fr. 50.
Salades. — Le petit paquet qu'on payait o fr. 15 à o fr. 20 avant la guerre, vaut maintenant de o fr. 75 à o fr. 90.
Haricots verts. — Les haricots valent 4 fr. 50 le kilo au lieu de 1 fr. 20.
Volailles.— Les volailles qui valaient de 5 à 8 francs avant la guerre ont atteint 20 à 30 francs. Elles se payent encore couramment 25 francs à l'heure actuelle.
Les pâtes alimentaires. — Le macaroni et les nouilles qui valaient deo fr. 75 à 1 fr. le kilog., avant la guerre, se payaient couramment de3 fr. 50 à 4fr. en 1919-1920. Leur prix n’a d’ailleurs pas sensiblement baissé ces derniers mois.
Le vin. — Le vin ordinaire, qui valait en 1914 de o fr. 30 à o fr. 40 le litre, coûtait de 1 fr. 60 à 1 fr. 80 en 1919 et 1920. On le paye encore de 1 fr. 30 à 1 fr. 40 à l'heure actuelle.
Le vinaigre. — Le vinaigre est passé de o fr. 45 à 2 fr. le litre environ.
L'huile comestible. — L'huile « à manger », qui valait en 1914 de 2 fr. 50. à 2 fr. 75 le litre, coûtait, en 1920 de 12 fr. 80 à 13 fr. Elle vaut encore de 0 fr. 40 fr 70e litre.
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Le sucre. — Le sucre cassé, en boîtes, que l'on payait o fr. 70 le kilog., en 1914, a valu jusqu’à 5 fr. 5oen 1919-1920.
C’est une des hausses les plus considérables et les moins justifiées qu'on ait constatées depuis la guerre. Elle doit s'expliquer en grande partie par l'accaparement et la spéculation.
Le chocolat. — Le chocolat qui valait 2 fr. 7o le kilog., en 1914, vaut maintenant de 7 à 8 francs.
Le café. — Le café au détail, qui valait entre 5 et
6 fr. le kilog. avant la guerre, vaut à l'heure actuelle
de 11 à 12 francs.
Le renchérissement des denrées alimentaires a donc atteint d’effrayantes proportions. On peut l'évaluer en moyenne à 500 0/0. Le gouvernement a bien essayé de l’enrayer, en recourant aux vieilles armes dont le lamentable exemple de la Convention avait cependant surabondamment prouvé l'inefficacité et même les dangers.
On ne parviendra jamais à empêcher les marchands d'élever leurs prix dé vente, quand, par suite d'une mauvaise politique financière on aggrave, chaque jour, la dépréciation de l'instrument monétaire qu'on leur offre en paiement.
Comme le disait M. Arnauné, à l’Académie des Sciences morales et politiques, le 8 novembre 1919, « loin d’être enrayée par les restrictions apportées à la liberté du commerce, la hausse n’est et ne peut être qu'activée. En effet, le nombre des vendeurs est moindre ; ceux qui restent, se détournent des marchés publics où leur sont imposés des prix arbi-
trairement et souvént inexactement fixés, et ainsi le consommateur est privé des garanties que lui assureraient, plus que le contrôle administratif, la ‘concentration et la confrontation en un mêmelieu de la généralité des offres et des demandes, enfin, le volume total de l'offre se réduit, la production s'écartant des marchandises taxées et se portant sur “celles où les bénéfices ne sont pas soumis à un con-— trôle et à une limitation ».
Malgré la dureté « des temps », on est bien obligé de se nourrir, et l’on préfère encore se procurer à des prix exorbitants, dans un marché clandestin, les denrées nécessaires, que de souffrir de la faim.
Les cultivateurs ont évidemment abusé de la situation. Chacun sait avec quelle rapidité les fermiers qui gémissaient jadis pour acquitter leurs termes, sont devenus d'importants et riches propriétaires. Mais il ne faut pas oublier toutefois que, dans le passé, la terre avait été souvent singulièrement ingrate envers ceux qui lui consacraient leur existence entière, et d'autre part, on ne saurait méconnaître les efforts admirables fournis pendant Ja guerre par la population rurale. Si le dédommagement est quelque peu exagéré, il n’est pas, en tout cas, dépourvu de justice. | |
Les agriculteurs peuvent d’ailleurs faire valoir avec raison l'augmentation considérable de. leurs frais d'exploitation. Le tableau suivant donnera une idée de l'accroissement de leurs charges obligatoires.
Prix DES DENRÉES, MACHINES, OUTILS, SERVICES