‹ La Vie Chère et L'InflationnismeChapitre 28 sur 48 · OBSERVATIONS ANNEXÉES AU TABLEAU · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS ANNEXÉES AU TABLEAU

(1) Quantité normale qui doit être remplacée si elle est réduite. — (2) Indispensable au mineur. — (3) Les légumes récoltés par le mineur doivent être un bénéfice supplémentaire pour lui. — (4) Compris comme accessoire de cuisine . — (5) Quantité normale. — (6) Ces dépenses (sel, vinaigre, poivre, moutarde, olives, girofle, canelle), sont évaluées à 0, 30 par jour. — (7) Vin pris comme base ; bière, cidre nécessitant une plus grande quantité. — (8) Café en grains pris comme base, représentatif du thé, lait ou divers. — (9) Savon, cirage, éclairage, graisse, encaustique, soude, toilette et hygiène : 0 fr. 60 par jour. — (10) IL faut comprendre annuellement pour le ménage : 3 complets travail, 8 complets ménage (pantalons, vestes, gilets, jupes, corsages, tabliers, chaussettes, bas, coiffures etc. ), valeur : 300 fr. ; 4 complets sortie, valeur : 600 fr., total : 900 fr. ou 17 fr 30 par Semaine. — (11) 2 paires travail pour hommes, 96 fr. ; 2 ressemcelages, 24 fr. ; 1 paire intérieur, 12 fr. ; 2 paires sortie, 95 fr. ; 3 paires intérieur, femmes, 36 fr. ; 2 paires sortie, 36 fr., total : 309 fr. par an, soit avec les réparations, 7 fr. par semaine .— (12) La lingerie (draps, serviettes, torchons, mouchoirs, calecons, pantalons, chemises, cravates €tc.), ne demande pas moins de 17 fr. par an, soit 15 fr. par semaine. — (13) Il en est de même pour l'entretien ou le remplacement du mobilier et batterie de cuisine. — (14) Variable, mais qui peut s'évaluer au bas mot à 5 fr. par semaine. — (15) Il faut prévoir le chômage, l'accident, la maladie, la vieillesse, les indemnités et les retraites étant totalement insuffisantes. L'ouvrier a droit également aux délassements et aux plaisirs moraux et réparateurs. Une réserve lui est indispensable et 1 fr. par jour, n'a rien d'exagéré.

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Ainsi donc l'ouvrier parisien, marié et père de deux enfants, qui dépensait annuellement, pour sa nourriture et celle de sa famille, 1.016 fr. en 1910, devait en dépenser 5.125 en 1920. Le mineur dont le budget général atteignait 2.603 fr. 60, en 1914, voyait ses dépenses annuelles s'élever à 7.631 fr. oo en août 1918 et à 11.125 fr. 40 en décembre 1920.

Les exigences des « travailleurs du sous-sol » sont peut-être d'ailleurs un peu excessives ; si un ménage d'ouvriers, sans enfants, ne pouvait véritablement vivre à moins de 11.125 fr. par an, la plupart des ouvriers et même beaucoup de « bourgeois » chargés de familie n’arriveraient jamais « à joindre les deux bouts ».

Mais si les quantités de denrées et le nombre d'objets, mentionnés sur le tableau que nous avons reproduit, nous paraissent quelque peu exagérées, les prix sont en tout cas d’une incontestable exactitude ; la conclusion qui se dégage de l'inspection de ce document est d’ailleurs conforme à celle que nous devons tirer de l'examen des comptes établis sur les bases fournies par M. du Maroussem : dans la période comprise entre le mois d’août 1914 et le mois de décembre 1920, les prix de l’ensemble des marchandises usuelles ont subi une hausse d'environ 500 pour 100. FRE

L'exactitude de ce chiffre est d'ailleurs confirmée par toutes les statistiques. Si nous consultons par exemple les nombres indices publiés par le « Bulletin de la Statistique générale de France » et ayant

pour base les prix de juillet 1914, nous relevons la progression suivante :

Dates Index des Prix Fin Juillet r9r4...:.....:4...:2. 2 100 EE D rat 143 DID ECS TIC TR EE 188 PDT 7e ri Or ANR 2 EP 273 LOT dr ee 0e ENTRE LENS 344 LOTO: RS ren MAT ON tee 356 Fin: Décembre 19107. 02e 432

Comme nous l'avons constaté, en examinant les prix des principales denrées, la hausse a été particulièrement sensible durant l’année 1920, l'index des prix qui était de 432 à la fin de décembre 1919 acertainement atteint, et même beaucoup dépassé 500 à la fin de 1920.

Il faut remonter jusqu'au XVIe siècle pour trouver l'exemple d'un renchérissement aussi considérable, aussi général et d'une aussi longue durée; car si la crise provoquée par les folles émissions de la Révolution fut d'une invraisemblable violence, elle fut par contre, comme nous l'avons vu, relativement éphémère.

Au point de vue de l'amplitude, la hausse dont nous nous plaignons est donc comparable à celle qui provoquait les doléances des contemporains de Bodin; nous allons voir si elle l'est également au point de vue de l’origine et si nous pouvons à juste raison l’attribuer, nous aussi, au brusque accroissement de notre stock monétaire.

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