‹ La Vie Chère et L'InflationnismeChapitre 34 sur 48 · FER · texte numérisé non relu

FER

1918, M. Georges Lachapelle (1): « Si le public n'avait pas eu à sa disposition la masse de billets que l'Etat a jetés dans la circulation, par ses emprunts réitérés à la Banque, comment aurait-il pu acquérir. coûte que coûte des produits et des marchandises plus ou moins indispensables? En temps ordinaire, la loi de l'offre et de la demande ne provoque de mouvements de hausse que jusqu’à concurrence des disponibilités des consommateurs, la hausse s'arrête dès qu'une marchandise, ayant atteint des courstrop élevés, ne trouve plus d'acquéreurs assez riches pour la payer.

« Mais si, en temps de guerre, où les produits deviennent naturellement plus rares, la circulation augmente à cé point qu'elle triple le pouvoir d'achat, il est évident que le consommateur peut alors subir la loi du producteur ou du négociant et qu'il paiera au besoin trois ou quatre fois plus cher certaines marchandises, comme le charbon, dont il lui ést péaible de se priver. »

Principal auteur de la hausse générale des prix, le gouvernement en était aussi la principale victime. Obligé de pourvoir aux besoins de millions d’hom-— mes mobilisés, d'assurer la création, l'entretien et le renouvellement d'un matériel de guerre considérable, d'accroître sans cesse les traitements de ses employés et de ses fonctionnaires, il subissait des charges de plus en plus écrasantes, et son budget atteignait des chiffres jusqu'alors ignorés de la science financière.

(1) Lacmarecce. Le renouvellement du privilège de Ja Banque de France. Revue d'Economie politique. Année 1918

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Mais ja hausse ne l'arrêtait pas, puisque la Banque de France lui fournissait des ressources aussi “illimitées que ses dépenses elles-mêmes. Ainsi, les émissions succédant aux émissions, l’inflation grossissait sans cesse et les prix devenaient de plus en plus extravagants.

La surabondance de billets à cours forcé qui avait causé la hausse générale en provoquant un accroissement constant de la demande, alors que l'offre se faisait de plus en plus rare par suite de la guerre, ne devait pas tarder à agir en outre directement sur le le niveau des prix, en amenant la dépréciation de l'instrument monétaire.

Ce résultat était fatal! le coût de la vie aurait subi une augmentation considérable, alors même que les milliards jetés dans la circulation auraient été représentés par de beaux louis d'or, car, infailliblement, « l'abondance en aurait causé le mépris »; qu'elle ne devait pas être à plus forte raison la hausse provoquée par un pareil excès de monnaie de papier susceptible d'un avilissement beaucoup plus rapide et beaucoup plus complet, comme nous avons eu déjà, à maintes reprises, l'occasion de le constater dans le passé?

Et de fait! si l'on consulte les situations de la Banque de France et les indices du coût de la vie (comme par exemple, celui publié par le Bulletin de Statistique), on constate un rapport étroit entré l'accroissement de la circulation et l'ascension des prix.

On pourra s'en convaincre par un simple coup d’œil jeté sur les tableaux reproduits d'autre part.

CIRCULATION - DE LA BANQUE DE FRANCE NOMBRES INDICES (Milliards)

| | fer trimestre 1913... ... 1.020

St juillet 1914... 2. 6:683 4...

SOA OLA OM Ne à fee Pia D ITSINTTEN LC) RASE 12.104 4er —. 1915.. 1.405 23 décembre 1915..... 13-201 | ge AMIE re 12280 {ue 1916... 1.336 2924jhin 1091627; 52; 15 184 290 —. 1916... 1.379 Cas rie 0. 1.490 28 décembre 1916..... 16.500 | 4e AMC 1.466 + | fer RUE PI EME 1 D D RTRMOT ES ESS 19.771 9e ne LR ARE AA | Éegenr L 40e 1.845 27 ‘décembre 1917. .,.. 23.336 4e ER CIRE Lee 2.000 AIS MMS OISE ES RE 25.119 Aer. — 1918... 2.420 Din IS. 28-Db0: | 2 1018. 21991 | 26 septembre 1918.... 29.922 | 3e + 1918... 2.446 26 décembre 1918..... 30.249 | 4e 7 AUS: 192580

Autre tableau indiquant les nombres indices de l'augmentation du papier-monnaie ct du mouvement des prix :

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