COMMENT Y PARVENIR
Lorsqu'on a parlé de la nécessité de restituer à la. Banque de France les milliards de billets avancés depuis 1914,la première idée venue à l'esprit des « braves gens qui ne sont ni politiciens, ni discoureurs », aété qu on devait commencer à prélever les sommes indispensables dans les coffres des profiteurs de la guerre, en obligeant ceux qui avaient bénéficié de ces émissions exagérées, ceux qui s'étaient enrichis sur les malheurs publics, à restituer une partie de leurs gains anormaux.
On s'attendait à des révisions de comptes; mais
les mois ont passé, etles « nouveaux-riches » (qui n’ont pas compromis leur situation par de nouvelles spéculations moins heureuses que celles du temps de guerre), jouissent toujours en paix de leurs immenses fortunes.
Jadis, Napoléon, après chacune de ses grandes guerres, donnait 24 heures aux fournisseurs de l’armée « pour rendre gorge ». Les délais dans lesquels on pouvait agir efficacement contre les profiteurs de la grande tourmente ne sont-ils pas maintenant sur le point d’expirer ?
Alors ! il faudra donc Ss’adresser à l'ensemble des contribuables.
On dira évidemment que chacun récupérera automatiquement le nouvel impôt payé à l'Etat puisque les billets qui lui resteront vaudront forcément plus qu'auparavant ; le papier-monnaie, naguère si déprécié, retrouvera, en effet, son pouvoir d'achat à mesure que diminuera la funeste inflation. Mais en attendant, il faut toujours débourser des sommes considérables, et n’est-on pas arrivé à l'extrême limite de l'effort fiscal ?
Si le gouvernement ne peut plus rien prélever sur nos revenus, devra-t-1l donc se tailler une part dans notre capital ? (1)
(1) Certains journaux l'nformation, l'Action Française, etc.) ont même annoncé en février 1921 que les bureaux du Ministère des Finances nous préparaient déjà la fâcheuse surprise d'un impôt sur le capital. La nouvelle a été, il.est vrai, immédiatement démentie.
rdc NE à