‹ La Vie Chère et L'InflationnismeChapitre 42 sur 48 · IST · texte numérisé non relu

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Grave question. Dangereuse mesure dont on devine sans peine les déplorables conséquences.

Sans parler de l'odieuse inquisition que supposerait l'exécution d’une semblable décision, on peut se demander comment on arriverait à réaliser une notable partie du capital du pays, sans provoquer de nouvelles perturbations et denouveaux désordres dont on n’a, certes, pas besoin en ce moment !

Dans la fortune de la France, les terres cultivables et les immeubles figuraient, avant la guerre, pour une centaine de milliards. Ils représentent évidemment beaucoup plus à l'heure actuelle. On ne pourrait pas vendre une partie considérable de ces biens sans en entraîner la dépréciation, et, si l'Etat se cuntente de les grever d’une hypothèque à son profit, il n’en retirera pas d’argent, si ce n’est en un nombre d’annuités qui ne pourront être payées que très lentement.

D'autre part, prétever une notable partie des capitaux mobiliers ne serait-ce pas gêner considérablement les commerçants, supprimer les industries de luxe et réduire au chômage un grand nombre d’ouvriers et d'employés ? |

L'heure est vraiment mal choisie pour susciter de nouvelles difficultés au commerce et à l'industrie.

Ne pourrait-on pas alors recourir à l'émission d'un billet international dont les exemplaires seraient répartis par la Société des Nations et serviraient aux pays débiteurs à régler leurs échanges ? Notre situation économique serait améliorée, nos charges seraient allégées et l'assainissement de notre circu-

lation monétaire pourrait être plus facilement entrepris (1). | |

Oui, mais comme le faisait remarquer M. Rist, dans La Revue d'Economie Politique, en 1919, les pays créanciers qui sont en l'espèce l'Angleterre et les Etats-Unis sont trop convaincus de l'exactitude de la Théorie quantitative de la monnaie pour accepter la création de nouveaux instruments de paiement qui ne pourraient qu’aggraver encore l'inflation fidu-. ciaire et provoquer une nouvelle ascension des prix.

Ce n'est pas au moment où leur prinçipale préoccupation est précisément d'atténuer chez eux cette inflation fiduciaire qu'ils se laisseront persuader de l’accroître au contraire pour nous être agréables. Le billet international pourrait être adopté dans l'avenir si les avantages en devaient être réciproques, mais ce nest pas le cas à l'heure actuelle. Et M. Rüist concluait avec raison « qu'aucune combinaison impliquant création d’ün seul centime de papier-monnaie — national ou international — n’était plus admissible maintenant pour rétablir nos finances ».

Restent alors les crédits internationaux dont il a été longuement question à la conférence de Bruxelles.

Plusieurs projets ont été présentés, notamment

par MM. Delacroix et Ter Meulen (2).

(1) La création d’un billet international a été préconisée par M. Nocaro dans Le Monde Nouveau, n° de juin 1910.

(2) Le compte rendu des travaux de la conférence de Bruxelles a été donné par La Revue Économique internationale, n° d'octobre 1920.

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L'idée centrale commune à toutes ces combinaisons est de constituer dans chaque pays un réservoir de richesses réelles données en gage qui puisse à

défaut d’étalon d’or servir de support à des trans-

ferts de capitaux étrangers. Un organisme international serait formé pour examiner les demandes de crédit et apprécier la valeur des garanties offertes. | |

Mais de sérieuses objections ont été immédiatement soulevées. Le Vice-Président Celier disait : « Chaque Etat ayant engagé sa signature au delà de ses besoins propres et donné sa garantie à des contrats dont la stricte exécution ne dépend pas de lui seul, perdrait un peu de son autonomie que, dans les circonstances actuelles, il est particulièrement jaloux de conserver. Soit à titre immédiat, soit tout. au moins à titre éventuel, de nouveaux impôts pourraient devenir nécessaires, et, si réel que soit le sentiment de la solidarité internationale, on peut douter que cette perspective soit volontairement acceptée par les pays dont le concours à l'opération serait le plus indispensable ». |

La solidarité internationale pourrait être assez forte cependant pour que les Etats, qui ont le moins souffert de la guerre et en ont pourtant retiré les plus

‘ réels profits, vinssent au secours de ceux qui, dans

l'intérêt commun, ont supporté toutes les ruines et toutes les dévastations. ETS

Dans les divers projets présentés à la Conférence de Bruxelles, les pays emprunteurs devaient faire connaître les garanties qu'ils voulaient affecter à la

sécurité du crédit demandé; il semble que la France, sans rien engager de son patrimoine et sans rien perdre de sa souveraineté, pourrait offrir en garantie une partie de sa créance sur l'Allemagne. Cette créance est basée sur des droits désormais imprescriptibles et les nations qui, au point de vue financier, seraient en mesure d'en faciliter la réalisation, pourront difficilement oublier les conditions dans lesquelles elle a été obtenue par « la Dame de Verdun ».

: Comme le disait M. Henri Welschinger à l’Académie des Sciences morales et politiques, le 8 novembre 1919 : « La masse des Français est une masse laborieuse, honnête, patriotique, courageuse ; elle a fait preuve durant la dernière guerre d'une énergie et d’une endurance admirables qui ont enthousiasmé et surpris le monde entier. Elle mérite le calme, l’ordre, la facilité de vivre, la prospérité ».

Or, ces biens précieux ne lui seront réellement rendus que le jour où l’on aura réparé les perturbations de la vie économique, et nous savons que la principale source de ces perturbations a été précisément l'inflation fiduciaire.

Quels que soient les moyens employés pour y parvenir, l'assainissement de notre circulation monétaire doit donc être entrepris sans retard ; c'est la condition essentielle de notre relèvement économique.

La conférence de Bruxelles, après avoir indiqué les lamentables conséquences de l'inflation fidu-

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