‹ La vie chrétienneChapitre 38 sur 75 · Saint Jean, xvii · texte numérisé non relu

Saint Jean, xvii

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trophées de sa victoire, sa gloire et son honneur. Mais si tout cela est la vraie relation des saints du ciel avec Jésus-Christ, dans quelle lumière se montre ce qu'il faut penser de cette objection : que l'amour et la vénération pour les saints portent préjudice à Tamour de Jésus- Christ?

Et la relation des saints avec moi-même? Leur suls-je donc étranger? Ont-ils laissé sur cette terre, avec leurs restes mortels, l'amouraveclequel ils ont autrefois, dans les combats, chéri leurs compagnons d'armes participant à la même rédemption, et leurs frères en Jésus-Christ ? pourraient-ils donc là-haut, où l'amour, loin de cesser, célèbre son plus beau triomphe dans sa perfection même, pourraient-ils, dis-je, nous oublier, nous, leurs amis d'autrefois, leurs frèresbien-aimés? Los intérêts de Jésus- Christ ne sont ils pas au moins les leurs ? Et, s'ils nous aiment plus purement et plus parfaitement qu'ils ne nous aimaient lorsqu'ils voyageaient avec nous dans cette vallée des larmes, leur amour, là-haut où ils sont à la source même de la vie, peut-il être vain et infructueux? Voyant tout dans la lumière de Dieu, ne connaissent-ils pas mieux que nous-mêmes ce qui nous est utile et avantageux, à nous dont les yeux sont si souvent voilés, et dont les plus ardents désirs ressemblent souvent à ceux des malades en délire? Car souvent nous prions, et nous ne savons pas ce que nous demandons.

Et les prières que les saints déposent pour nous devant le trône de Dieu étant plus éclairées, ne sont-elles pas aussi plus efficaces ? La puissance de leur intercession est d'autant plus grande que leur dignité est plus élevée, leur amitié avec Jésus-Christ plus intime et plus indissoluble. Cette puissante fonction d'intercesseurs et de médiateurs, par laquelle ils mettent en œuvre le pouvoir sur le ciel et la terre, que Jésus-Christ partage avec eux, est une partie de leur gloire céleste. Combien de fois n'ont-ils pas, pai" la puissance d'une fendre intercession, détourné de dessus nos tètes le glaive de la justice divine déjà prêt à nous frapper; combien de fois, semblables à ce vigneron de la parabole ', n'ont-ils pas empêché que ce figuier, depuis si longtemps stérile, que nous sommes, n'ait été arraché ? De combien de grâces ne suis-je pas redevable à leurs suffrages ; et ce n'est (]ue dans le ciel que je verrai, que je comprendrai complètement tout l'enchaînement de l'activité céleste et pleine d'amour qu'ils exercent en ma faveur, ainsi que les conséquences qui en découlent !

Dès lors, soit que je considère l'une ou l'autre relation — celle des saints avec Jésus-Christ, ou celle qu'ils ont avec moi-même, je leur suis redevable d'un amour profond, plein de vénération et de gratitude.

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