QUELQUES MOTS DU TRADUCTEUR
Le traducteur de ce livre l'ait bon marché de toute prétention littéraire. Son œuvre, entreprise dans un but d'édification personnelle, et destiné tout au plus au cercle restreint de sa famille et de ses amis, ne devait pas voir le jour. En la livrant au public, il ne fait que suivre l'avis de personnes pieuses et éclairées, meilleurs juges que lui des difficultés de son travail et de la sincérité de son interprétation.
Il obéit en outre à une considération de l'ordre le plus élevé, et là, du moins, il est sûr de se trouver en communion d'idées avec le lecteur. Tout ce qui est vrai, tout ce qui est beau, tout ce qui est bon et noble, doit appartenir en commun à tous les peuples. Le lien qui les unit, c'est la vérité qui vient de Dieu, c'est en particulier la vérité religieuse, cette connaissance vraie, chrétienne, catholique, qui fait de tous les hommes des frères, encore qu'ils combattent les uns contre les autres soit sur le champ de la politiijuc, soit sur les horizons ouverts par les sciences [)uremenl humaines.
Et chaque personne qui apporte à la vérité sa quotepart, a droit à la reconnaissance de tous.
Le très-noble et très-digne auteur, dont nous sommes parfois l'impuissant interprète, y a contribué largement, et par ses travaux littéraires antérieurs, et surtout par cet ouvrage; mais ce qui donne peut-être à son livre une consécration toute particulière, c'est qu'il a été écrit pendant les heures douloureuses de cette détention , qu'a value à l'auteur sa persévérante défense des droits de l'Eglise. Ce livre est donc véritablement un enfant de la douleur [Schmerzenskind)^ il est le fruit du martyre souffert courageusement pour la vérité ! L'admiration générale et sans partage que le monde catholique a payée à l'épiscopat allemand, pour sa conduite exemplaire et généreuse, est hautement due au fidèle pasteur de Paderborn, qui n'a jamais cessé de protéger son troupeau avec le glaive de l'esprit, et de le nourrir avec le pain de la vérité.
Puisse la France catholique, en reconnaissant les mérites de ce noble confesseur de la foi, accueillir comme elle mérite de l'être, cette œuvre nouvelle, et se rappeler que, malgré les défaillances et les épreuves des temps où nous vivons, cette parole du Sauveur est toujours vraie : « Bienheureux ceux qui souffrent persécution pour la justice' ! »